Published on December 17 2014

Grete Stern, "Los Sueños"

Grete Stern, "Los Sueños"

Aujourd'hui, Judith, maman de Martin, 2 mois, a 40 ans

(Happy Happy Birthday, Sweetie, et à ce soir !)

Le matin de son accouchement, cette inconditionnelle de Premier Figuier, de L'Artisan Parfumeur, s'est laissé tenter par quelques pshitts de son vieil Havana Vanille (Vanille Absolument aujourd'hui). Quelle idée...

Sur le chemin de la maternité, j'ai paniqué: je ne voulais pas que mon fils me sente autrement qu'en Premier Figuier ! J'avais l'impression qu'il reconnaîtrait pas. J'ai donc changé de tee-shirt en arrivant et je me suis reparfumée, j'étais même prête à prendre encore une douche.
Pendant ma grossesse, j'ai eu très peu de nausées, et je n'ai pas eu à renoncer à mon parfum préféré. Il ne m'écœure jamais, même si, cet été, en Grèce, j'ai aussi porté La Chasse aux papillons. Mais lui, je le vis davantage comme un parfum, alors que Premier Figuier c'est juste le Sud quand il fait chaud. Son odeur, je la connaissais par cœur avant même de le sentir pour la première fois...

Published on December 10 2014

© Marcel Franck

© Marcel Franck

Savez-vous grâce à qui votre parfum fait pshitt sur la peau chaque matin ? à Marcel Franck entre autres. La maison perpétue depuis 1884 la tradition du vaporisateur. En appliquant aux fragrances la brillante invention de Brillat-Savarin — le pulvérisateur qu'utilisait le gastronome pour assaisonner ses mets — Léopold Franck et son fils Marcel révolutionnent le geste du parfum. A Paris, ils deviennent vite les fournisseurs du Bon Marché, du Printemps et des Galeries Lafayette. En 1912, la marque met au point le premier vaporisateur de voyage. En 1926, elle créé un vapo de sac, The Kid, en hommage à Charlie Chaplin. Parmi ses modèles en cristal ou en verre de Murano, Marcel Franck réédite celui qu'il avait imaginé en 1959 avec Baccarat. Mais ce ne sera pas pour tout le monde, hélas : le modèle n'a été tiré qu'à 50 exemplaires pour une cliente qui tient une parfumerie quelque part au Moyen-Orient ! Impossible, donc, de s'offrir pour Noël ce flacon cylindrique aux cannelures verticales. Mais d'autres vapos sont à portée de clic, à défaut d'être à portée de toutes les bourses, si l'on se décide à pulvériser ses précieuses essences avec tout le luxe qu'elles méritent…

Published on December 7 2014

Le charme du naturel

Aucun parfum n'est naturel, et c'est tant mieux. Pourtant, dans les formules, rien ne remplace un vétiver exceptionnel, une lavande hors du commun ou une somptueuse rose turque. Les grands groupes le savent bien et prennent soin de leurs filières. Le 13 novembre, Firmenich nous présentait quelques-uns de ses experts ès naturel, fournisseurs et négociants de matières premières venus de tous les continents.

Vanille d'Ouganda, cardamome du Guatemala, menthe indienne, eucalyptus chinois… Le temps d'une soirée, les essences du monde entier nous menaient par le bout du nez. Belles sous toutes les coutures. "Le commerce équitable fait partie de notre charte depuis vingt ans", rappelle Yvan Bagnis, directeur général de la fine fragrance pour l'Europe de l'Ouest, ajoutant que Firmenich travaille avec un réseau de 2 millions de fermiers sur la planète. Supprimer les intermédiaires douteux, assurer transparence et traçabilité des produits, favoriser coopératives et microfinancements, construire des écoles ou des routes, voilà l'enjeu gagnant-gagnant des partenariats mis en place avec les petits producteurs.

FAN DE COHN-BENDIT

En Haïti, le groupe travaille avec Pierre Léger, qui a créé la plus grande usine de vétiver du monde. Grâce à lui, 27 000 foyers sur l'île vivent aujourd'hui de la précieuse racine. Parmi les projets sociaux mis en place, la construction d'une route qui permet aux Haïtiens de rejoindre Port-au-Prince sans passer par la mer.

A la fin des années 1960, Pierre Léger, issu d'une famille aisée, avait été envoyé étudier en Suisse puis aux Pays-Bas. "Mai 68 reste la plus belle année de ma vie !", lance-t-il. Cette année-là, ce fan de Cohn-Bendit voit sa vie bouleversée par... De Gaulle, qu'il entend un jour à la radio. L'idée qu'il faut la participation de l'ouvrier à l'entreprise marque durablement le jeune homme.

À l'époque où Pierre Léger, de retour en Haïti, reprend la distillerie de son grand-père sous la pression des paysans du coin, la racine a disparu de l'île. "S'ils n'avaient pas fait du vétiver, il leur restait l'oignon ou le manioc !" Depuis, il a réussi à intéresser de grands groupes, comme Robertet ou Firmenich. La première fois qu'il leur a apporté son vétiver, "les Suisses n'en ont pas cru leurs narines. Ils n'avaient jamais senti une essence aussi propre ! J'ai dû leur montrer mon passeport !", s'amuse encore Pierre Léger trente ans après.

JASMIN AÉRIEN

Les fabricants de parfums ne peuvent se passer d'un naturel de qualité, que ce soit pour l'extraire d'une façon nouvelle (au CO2 par exemple) ou pour valoriser les molécules de synthèse que leurs chimistes mettent au point. Un jasmin indien très animal par exemple, sera rendu plus aérien grâce à une molécule artificielle de la famille de l'hédione, qui lui apporte toute sa transparence. Façon d'"imaginer de nouvelles couleurs à la palette du parfumeur", souligne le parfumeur Fabrice Pellegrin. Façon aussi de ne pas être copié et de préserver ses petits secrets...

Published on November 26 2014

Vendanges tardives

Plus-que-pompette l'après-midi, jamais, moi qui déteste boire au déjeuner ! Samedi 22, pourtant, l'exception confirmait la règle : à la sortie du Salon des Outsiders, j'étais bel et bien en état d'ivresse, dans la rue, à l'heure du goûter.

Aux abords du Palais Royal, rue de Valois, les petits châteaux du Bordelais avaient apporté leurs meilleurs flacons pour la deuxième édition de ce salon alternatif. Avec Dao, nous avons flâné une bonne heure parmi les vignerons, quasiment aussi néophytes l'une que l'autre. "Chaque année, on travaille avec ce que le ciel nous envoie. Pluie, vent, soleil... ", nous raconte Brigitte Destouet, quatrième génération à réinventer le vin sur la propriété familiale, Château Guibot (Puisseguin-Saint Emilion). Elle vient de faire labelliser bio sa dernière cuvée. Ses vins, elle en parle comme de ses enfants, qu'elle aime "tous pareil". Elle insiste sur l'importance du facteur humain, même si, bien sûr, "le terroir parle d'abord". "Il faut savoir rester humble, on apprend tous les ans", ajoute-t-elle.

Plus loin, on m'explique que, contrairement au bourgogne, le bordeaux joue sur la complémentarité des cépages ; que le merlot est la star dans la région de Saint-Emilion, tandis que le cabernet-sauvignon s'épanouit mieux sur la rive gauche, dans le Médoc ou sur les terres chaudes des graves.

J'apprends aussi que les "seconds vins" ne sont pas des seconds choix: issus de vignes plus jeunes, ils possèdent un sillage moins dense mais plus immédiatement accessible. "Tous les bordeaux ne se gardent pas. Cela dépend du sol. S'il est calcaire, le vin aura une durée de vie plus longue", explique Philippe Genevey. Son Château La Marzelle grand cru classé de Saint-Emilion 2012 possède des notes de cerise et de sous-bois. Parfait, dit-il, avec un vieux fromage — mimolette, gouda, comté — ou de la tapenade.

Sol, terroir, cépage, millésime, il faut avoir de l'œil, du nez ou tout simplement de la chance pour découvrir les bonnes bouteilles. Le pessac-léognan Château Seguin 2012 que j'ai choisi pour poursuivre mon ivresse le samedi soir fit en tout cas l'unanimité des convives...

Published on November 17 2014

Roulement de tambour

En juillet 2012, aux sommets de l'Europe, Pierre, 62 ans et des poussières, nous confiait son goût pour le parfum tout azimuts.

Une de mes voisines m'appelle “la gravure de mode”. Elle me dit qu'on sent mon parfum quand je descends les escaliers ! Le premier que j'ai porté, c'est Eau Sauvage, de Dior, en 1967, j'avais 18 ans, c'est Maman qui avait dû me l'offrir. Depuis vingt ans, je porte Kouros, d'Yves Saint Laurent. Ah, je ne sais plus comment je l'ai découvert !... Dernièrement, j'ai eu un coup de foudre pour Voyage, d'Hermès, et Sartorial, de Penhaligon's. J'en ai sept ou huit en même temps, j'essaie de faire un roulement. A chaque jour son parfum. Avant, je n'en vaporisais que dans le cou, donc je ne le sentais pas. Maintenant, j'en mets aussi sur le poignet gauche. Jamais sur les vêtements. J'essaie de ne pas me parfumer exagérément…

Published on November 11 2014

© DR

© DR

Vous avez glané l'air du temps tout l'été ? glissez donc votre plume dans le parfum cet automne ! Guerlain et Le Cherche Midi s'associent à L'Express Styles pour lancer un concours de nouvelles sur le thème de la mémoire olfactive.

Les 20 petits malins qui parviendront à séduire le jury d'experts (écrivains, éditeurs, libraires, journalistes…) se verront publier par la maison d'édition au printemps 2015. Les bénéfices de l'opération seront reversés aux Restos du cœur pour lutter contre l'illettrisme.

Comment devenir l'heureux lauréat du Prix des Abeilles ? n'avoir jamais été publié auparavant et soumettre sa prose sur ce sujet aussi intime qu'universel en 12 000 signes maximum. Alors, à vos claviers, jeunes plumes !

Prix des Abeilles de Guerlain, nouvelles à adresser avant le 15 décembre à l'adresse suivante : abeillesdeguerlain@cherche-midi.com.

Published on November 5 2014

© Adolphe Weiz

© Adolphe Weiz

"C'est le moment d'inventer un nouvel Opium !" lançait Li Edelkoort lors de sa présentation annuelle des tendances fin septembre. Aux maisons de parfum d'en tirer les leçons. (Et nous de rêver pour l'hiver prochain d'un oriental à la hauteur du parfum d'impératrice signé Saint Laurent en 1977.)

En attendant, le thermomètre chute, et les femmes prennent des airs d'odalisques, le corps enrubanné dans toutes sortes d'étoffes. Pour lutter contre la déprime de saison, les plus courageuses (et les plus fortunées) travailleront leur port de tête au Klay grâce au pilate fusion, une discipline redoutable pour soigner sa posture. Les plus indolentes choisiront la balade en forêt ou le yoga au coin du feu (et pourquoi pas face à la mer? clin d'œil aux complices de San Feliu qui me liront ;)

Quant aux paresseuses, elles se contenteront d'un sillage pour cultiver leur goût de l'automne. Cuir Cuba Intense de Patricia de Nicolaï débute par des airs de réglisse avant de laisser pointer une note de fruits rouges presque espiègle. Intérieur jour, les volutes vanillées de The Architects Club, d'Arquiste, donnent envie de passer au salon. Extérieur nuit, Nevermore est une fleur sombre qui fait bientôt patte de velours sous l'effet des bois, des résines, des vernis. Créée par Anne-Sophie Behaghel pour Frapin, cette "rose pour homme" rend hommage à Edgar Allan Poe et à son plus grand fan : chaque année (depuis sa mort ?! en... 1849 !), le 19 janvier, un inconnu déposerait trois roses et une flasque de cognac sur sa tombe à Baltimore, Maryland.

Pour ma part, l'automne est toujours rythmé par le Sac de ma mère, d'Annick Goutal. En bougie, le soir, sa petite musique olfactive m'évoque une nuisette en coton délicatement brodée portée sous un blouson en cuir. Chaque matin, sur les poignets, ses notes d'iris et de violette me rappellent combien ce sillage romantico-rock'n'roll m'est devenu indispensable pour entrer dans l'hiver.

Published on October 21 2014

© Manara

© Manara

"Je l'aime bien, mais il ne tient pas..." C'est fou combien ce reproche est dans l'air du temps ! Mais n'accuse-t-on pas à tort les parfums de manquer de tenue alors qu'ils se contentent de jouer leur propre partition ?

Certains jus qui séduisent au premier coup de nez s'avèrent décevants au fil du temps. La faute, souvent, aux muscs blancs ou aux bois ambrés dont peuvent abuser les parfumeurs sous la pression des marques exigeant des sillages toujours plus tenaces. La faute également au consommateur, qui en veut (lui aussi toujours plus) pour son argent. Ces parfums-là, on les oublie au fond de leur flacon...

Quant aux autres, un conseil : apprenez à les aimer tels qu'ils sont — sinon changez-en ! Car le caractère d'un parfum, ce n'est pas (que) les notes qu'il dégage durant les douze premières secondes. Mais bel et bien une architecture savamment élaborée que lui dicte sa formule. Imaginez un grand arbre plein de fleurs, de feuilles et de fruits, une plante dont les ramifications ne tiendraient pas le même langage des racines jusqu'aux cimes. C'est cela, un parfum, un être vivant qui se raconte une histoire au plus profond de votre être: sur la peau.

Published on October 13 2014

Y a pas photo

Mea culpa. Pas une seule ligne sur Olfactive Studio dans mes 100 Questions sur le parfum. Pour tout vous dire, je lui en avais consacré une entière, de question, à cette petite marque née de la rencontre entre le parfum et la photographie. Sur le mode "A quoi ressemble le premier jus 2.0". Un peu anecdotique, me fit-on remarquer un jour. En même temps, les anecdotes, c'est le principe de ce livre, non ? J'ai ôté la question, un peu à contrecœur, et puis j'ai oublié d'y faire référence ailleurs, à propos des correspondances entre les arts et le parfum par exemple…

Déjà à l'époque de son lancement, en septembre 2011, le rendez-vous avait été manqué. Le premier numéro de M sortait une semaine après les Next, Cosmo, Marie Claire et autres du mois d'octobre. Olfactive Studio était partout ! Pas question d'en rajouter en écrivant une ligne dessus, m'avait-on sèchement objecté... Mea maxima culpa donc.

L'ŒIL ET LE NEZ

Le projet de cette jeune maison avait de quoi séduire : Olfactive Studio, première marque de parfum collaborative née sur Internet, naissait d'un dialogue entre l'œil et le nez. Pendant un an et demi, sa créatrice, Céline Verleure (une ex de L'Oréal, rompue au jeu marketing), a partagé avec ses 5000 fans sur Facebook les différentes étapes de l'élaboration de ses premières fragrances. Depuis le nom, le thème et la charte graphique jusqu'au lancement des jus, en passant par les séances d'évaluation avec les parfumeurs ou les rendez-vous avec les verriers, tout a été scrupuleusement raconté au jour le jour sur le mur de la page Le blog du parfum qui n'existe pas (encore!).

Parfum 2.0, vraiment ? Mais oui ! Les internautes étaient invités à poster des idées. Certains ont suggéré un parfum qui sublimerait notre propre odeur ; d'autres de lancer des talcs, des concrètes, des huiles, des crèmes… Quelques-uns se faisaient une idée bien précise des accords qu'ils auraient voulu sentir: "Je pensais à un parfum composé autour du tilleul, accompagné d'aubépines (pour ajouter un côté rosé, mais plus rond que la rose elle-même), avec de la menthe froissée en tête, en touche très légère. Et un fond un peu miellé, avec un absolu de cire d'abeille par exemple, mêlé à la mousse de chêne."

IMBROGLIO JURIDIQUE

Depuis le premier trio parfumé d'Olfactive Studio (Autoportrait, Chambre Noire et Still Life), trois autres opus ont vu le jour : Lumière Blanche, Flash Back et — osera-t-on le nommer tellement sa réputation est déjà sulfureuse ? — Ombre Indigo. En France, pour l'instant, ce nouveau venu ne peut exister qu'en bougie ; sa version eau de parfum n'est disponible qu'à l'international suite à un imbroglio juridique avec la marque propriétaire du nom Ombre Rose, un très beau fleuri poudré lancé en…1981 ! Dommage : deux jolis sillages ne devraient pas avoir à se faire de l'ombre ;)

En tout cas, y a pas photo : l'élégance du concept et le succès bien mérité d'Olfactive Studio ont séduit le Comité Joséphine, dont j'ai l'honneur de faire partie aux côtés d'autres journalistes comme Lionel Paillès ou Laurence Férat. Les critères d'admission à ce nouveau club très privé de la parfumerie ? faire la preuve de sa qualité : être rare (pas vendue à tous les coins de rue), de belle facture (univers visuel, flacons, packaging) et made in France bien sûr (à 80 % au moins, et pas conditionnée n'importe comment s'il vous plaît !). Attention, les "experts" de Joséphine veillent — histoire de donner de la voix à la belle parfumerie, et de faire rentrer à la niche ce qui n'aurait jamais dû en sortir.

Published on October 8 2014

100% parfum

Un matin de février 2013, alors que je cuve mon jetlag asiatique annuel, je reçois un coup de fil comme il n'en existe que dans les bouquins de Paul Auster. "Ici les Editions La Boétie. Un “100 questions sur le parfum”, ça vous tenterait ? A rendre en août, pour une sortie du livre à Noël. Dans les 200 000 signes... Vous connaissez le sujet, faites-nous en partager l'aspect croustillant !"

100 ? Oh la la, ça fait beaucoup, nan ? On peut pas dire 50 seulement ? Ah, c'est une collection qui s'intitule "100 questions sur" (Napoléon, la phytothérapie, les francs-maçons...). Evidemment... Pour août, vous êtes sûr ?!

Le manuscrit sera finalement rendu le 15 octobre. Sortie initialement prévue pour la Saint-Valentin 2014, puis repoussée à l'automne afin d'être être en vue à Noël. Nous y voilà, donc: 100 questions sur le parfum sort demain en librairie !

J'ai porté ce bouquin huit mois de ma vie comme on porte un bébé, tantôt inquiète tantôt exaltée. Toujours dans le doute, à bout de bras et le nez de guidon. Avec de longues semaines entières de paralysie de la plume. J'ai voulu me surprendre, apprendre de nouvelles choses, rencontrer du monde, faire le point sur les grands enjeux de la parfumerie.

Je suis partie des questions de mes amis: ça existe, un parfum de blonde ? y en a encore, des parfums naturels ? C'est quoi, les muscs blancs ? Et puis j'ai voulu élargir la question. Le parfum, ça commence dès qu'on sent, non ? Et l'odorat, ça marche comment ? Pourquoi les sillages ont-ils ce don de nous remémorer en un instant des souvenirs qu'on croyait oubliés à jamais ?

J'ai voulu montrer que le parfum n'est pas une affaire réservée aux coquettes. Qu'au contraire, c'est un thème qui pourrait contenter n'importe quel honnête homme — au carrefour de disciplines comme l'histoire, la biologie, l'anthropologie, l'art, la littérature, les nouvelles technologies, le marketing, l'industrie…

Je n'ai évidemment pas pondu le livre que j'aurais aimé faire, celui que je le porte en moi comme un texte définitivement perdu. Terrible de constater à quel point lorsqu'on écrit, c'est l'écriture qui nous gouverne et non l'inverse, qu'on n'est jamais vraiment maître de ses propos ;)

Voilà, il est temps que ce livre vive sa vie, et que j'apprenne à l'aimer avec toutes ses imperfections, ses points d'exclamation et… ses coquilles ;) Saviez-vous que la "cinquième saveur", celle du glutamate de sodium très en vogue dans les cuisines asiatiques, s'appelle l'umami, et non l'"unami" ? un terme japonais qui désigne ce qui n'est ni salé ni sucré, ni acide ni amer, et que je n'ai appris que très récemment à bien orthographier.

Par ailleurs mea culpa, je n'ai pas complètement répondu aux 5 questions que me posait Bel Ami : "1. Pourquoi vendre des parfums dans les aéroports alors que le jus tourne en avion ? 2. Le jus tourne-t-il vraiment en avion ?? 3. Pourquoi nous faire croire que sans parfum la peau serait muette ? 3 bis. Et avec parfum, elle est tachée, la peau ? 4. Ça sent comment en vrai, Scorpio ? 5. Elle pense à quoi, la fille d'Opium ?"

100 questions sur le parfum, Editions La Boétie, 203 p., 12,50 €.