Published on April 15 2014

© Cléopâtre

© Cléopâtre

Une de mes bonnes résolutions 2014 ? demander à de belles plumes de répondre à 3 questions sur le parfum. Depuis sa création, Paroles d'Odeurs a toujours su que les écrivains avaient leur mot à dire en matière olfactive. Yves Michaud (dernier ouvrage paru : Le Nouveau Luxe, Stock) m'a parlé de la cueillette des olives à Ibiza, Emmanuelle Bayamack-Tam (Si tout n'a pas péri avec mon innocence, POL) de sa fidélité à Parfum Sacré. Aujourd'hui, ce sont deux femmes de lettres qui ont accepté de se prêter au jeu des 3 questions. Un format un peu frustrant, finalement. On aimerait bien en savoir davantage…

La première, Dominique Paquet est philosophe et dramaturge ; elle vient de publier La Beauté (Gallimard), un beau livre sur le sujet qui recense 5 000 ans de pratiques savantes pour soigner et embellir le corps.

- Une odeur d'enfance ? L'odeur de l'amidon.
- Un parfum pour un voyage ? Du chardon bleu des sables.
- Un sillage de chevet ? Grey Flannel, de Geoffrey Beene.

La seconde, Maylis de Kerangal, est romancière. Son dernier livre, Réparer les vivants (Gallimard), a raflé toutes les récompenses littéraires de la saison (Grand Prix RTL-Lire, Roman des étudiants France Culture-Télérama…). Depuis Dans les Rapides et Corniche Kennedy jusqu'à Naissance d'un pont, j'aime plonger comme en apnée dans son écriture dense et légère à la fois. Voici ses réponses:

- Une odeur d'enfance ? La colle blanche en pot Cléopâtre et son odeur d'amande.
- Un parfum pour un voyage ? L'odeur du goudron chaud sous le soleil après l'orage.
- Un sillage de chevet ? Le parfum du lilas.

Published on April 6 2014

© Le Bénéfique

© Le Bénéfique

Hier se tenait, rue des Taillandiers, à Paris, la 2e édition de l'Olfactorama, grand prix annuel organisé par mes confrères blogueurs parfum. Dans une ambiance surchauffée, le surprenant Mito, de Vero Profumo, a une nouvelle fois été distingué, par le Prix de l'Enthousiasme cette année. Quel bon choix ! Revisité en 2013 sous la forme d'un "voile d'extrait", Mito ressemble à un petit pois frais, vert et croquant, écossé au pays des fleurs blanches. A s'offrir chez Marie Antoinette ou Jovoy pour fêter l'arrivée du printemps.

Ce week-end, c'est aussi au Salon 1.618 qu'il fallait être pour causer luxe, saveurs et développement durable. J'ai été charmée par la maison Thiercelin, une entreprise familiale qui depuis plus de deux siècles commercialise des "trésors botaniques alimentaires" — notamment le safran, que la marque sublime en caramels et calissons, mais aussi des mélanges d'épices (un curry 1001 nuits, qui dit mieux ?) et une multitude de poivres, dont un nommé Timut, venu du Népal, dit aussi poivre pamplemousse. "Fabuleux avec le homard et la langoustine", dit la fiche technique. Comme une envie de passer en cuisine, moi ;)

Charmée aussi par Le Bénéfique, une nouvelle petite marque bio de "tisanes en tige", qui ne nécessite ni cuillère ni théière (photo). Lavande, sauge, thym, tilleul infusent leurs bienfaits directement dans l'eau chaude. A déguster dans une tasse transparente (la fleur de lavande infusée a une couleur bleu intense !) pour apprécier, autant avec l'œil qu'avec le nez et le palais, les qualités de ces plantes sauvages, cueillies à la main par les peuples nomades d'Anatolie. De quoi vite guérir le rhume qui malmène tous mes sens depuis jeudi !

Published on March 30 2014

© Nivea

© Nivea

Je ne suis pas une dingue de produits de beauté, mais je suis fidèle à certains uniquement à cause de leur parfum. L'Eau Essentielle à l'immortelle de L'Occitane me parle d'été de bon matin, les baumes du Dermophil Indien me rassurent l'hiver, le stick à lèvres de Caudalie me rappelle les saveurs des bonbons Car en sac. J'aime aussi le savon Donge à l'amande amère, la coriandre de Kiehl's, l'univers botanique d'Aesop. Et surtout la crème Nivea que Maman utilise chaque soir depuis toujours, dans son pot bleu et plat, pour démaquiller ses yeux insolemment fardés…

Le parfum est (devenu?) un enjeu essentiel pour la cosmétique, qui peut précipiter un flop ou emmener un produit au top. L'Huile Prodigieuse de Nuxe aurait-elle connu le même succès sans sa fragrance inimitable, devenue depuis un parfum à part entière? "Quand on essaie une crème, on l'étale sur la peau et on sent, dit Aurélie Guyoux, directrice scientifique chez Etat pur. Si on aime son odeur, on a plus envie de se l'offrir". La petite marque de cosmétiques vient d'ailleurs de mettre au point trois nouvelles fragrances pour ses lignes de soins. Un véritable challenge, autant au niveau des ingrédients que de la formulation. Car la marque revendique n'utiliser que des composants en parfaite adéquation avec l'écosystème de la peau.

L'Art du soin de Diptyque prend, lui, des chemins de traverse botaniques. S'appuyant sur les bienfaits supposés d'une "cosmétique infusée", la gamme s'étoffe des produits destinés au visage tous délicatement parfumés. Extraits de lys et de raisin, hydrolat de rose de Damas, poudre de riz et d'argile blanche investissent des voiles légers, des pâtes moelleuses ou des baumes blancs aux allures de cire qui se transforment en huile délicate. Une invitation au plaisir qui pourrait rendre addict.

Et vous, y a-t-il des produits de soin que vous rachetez uniquement pour leurs senteurs ?

Published on March 26 2014

Pas de printemps pour Dzongkha

Cinq choses essentielles au voyage: des boules Quiès, de bonnes lunettes, un après-soleil, un sarong multifonction (paréo, couverture, écharpe, jupe…) et un peu de parfum bien sûr ! Pour mon périple au Vietnam et au Laos cette année, j'avais choisi Dzongkha, signé L'Artisan parfumeur. Mauvaise pioche, hélas ! Pourtant, j'adore les épices et le vétiver de ce sillage inspiré des monts de l'Himalaya ; mais son encens n'a pas retenu l'attention de mon nez. (Sans doute seulement du mien d'ailleurs, puisque deux charmantes Japonaises avec lesquelles je voyageais un jour me demandèrent quel était le nom de mon parfum "mystérieux" ! C'est que j'avais dû en mettre encore et encore pour en sentir la trace fugitive sur les poignets…)

Cette anosmie partielle serait-elle due à la concurrence que cette fragrance bouddhique se livre avec l'encens qui brûle dans les rues ? aux senteurs narcotiques et fleuries flottant au-dessus des jardins ? à tous ces arômes qui s'échappent des plats ? Possible… Car ici, le parfum est partout, et d'abord dans l'assiette.

A Hanoi, faute de temps (et d'argent !), je n'ai pas testé La Verticale, le restaurant gastronomique de Didier Corlou, ex du Sofitel Métropole. Mais j'ai découvert les formules bistrot de ce chef d'origine bretonne installé au Vietnam depuis vingt ans. A deux pas de mon hôtel, j'ai déjeuné chez Madame Huen, l'un de ses restaurants installé dans une ancienne maison coloniale aux murs jaunes et au patio fleuri. Pour une poignée de dollars on se régale d'un menu qui change chaque semaine. Ce jour-là, mention spéciale au dessert, banane gratinée aux fruits de la passion et glace (maison) au riz vert ! Quelques rues plus loin, à la Porte d'Annam, face à la cathédrale d'Hanoi, on découvre les "casseroles" de ce chef voyageur qui expérimente la fusion des épices et des herbes dans de juteuses compositions.

Trois jours plus tard, changement de décor: adieu les deux-roues bruyants et le crachin d'Hanoi, bonjour les tuk tuk et les vélos sous le soleil zen du Laos ! A Luang Prabang, on s'installe sur la jolie terrasse du Tamarind, au bord de la rivière Nam Khan, pour déguster une cuisine inventive et savoureuse. Autour d'un riz vapeur, buffle d'eau et sweet spicy Chili, sauce tomate douce, aubergine délicatement fumée, mix ail-piment-coriandre, petites galettes craquantes au sésame, traditionnel Mok Paa (poisson cuit dans une feuille de bananier), le tout accompagné d'une Lao Beer ou d'un jus d'hibiscus.

Trois excellentes adresses que je ne saurais trop vous recommander si vous veniez à explorer ces contrées. Quant au parfum, faites simple : l'une des quatre nouvelles "eaux contemporaines" de Thirdman devrait parfaitement convenir. L'Eau Nomade, par exemple, réussit un impeccable numéro d'équilibriste entre épices et agrumes, et sait laisser perdurer la fraîcheur. Cardamome, citron et orange sanguine, de quoi bien commencer le voyage...

Eau Monumentale, eau Moderne, eau Profonde, eau Nomade, de Thirdman. 90 € les 100 ml, 165 € les 250 ml, 280 € les 500 ml. En vente chez Liquides à partir du 29 mars.

Published on March 16 2014

Le goût de la fève

Le design de ces tablettes fait envie, non ? Marou, une petite marque de chocolat née au Vietnam de deux parents français (l'un diplômé de Sciences Po et de l'Essec, l'autre venant de la pub), propose cinq crus de luxe qui jouent sur les terroirs. Haute vallée du Dong Nai, collines boisées à l'orée des hauts plateaux de Vietnam, île de Ben Tre, dans le delta du Mékong, province côtière de Ba Ria, ces cacaos plus ou moins corsés possèdent des accents fruités, épicés ou même miellés. Pas encore goûté, mais cela ne saurait tarder...

Published on February 20 2014

© DR

© DR

Christine, 58 ans.


En travaillant le texte de ma pièce de théâtre sur Joséphine de Beauharnais, j' ai appris que les partisans de Bonaparte avaient choisi la violette comme signe de ralliement. Dans ma famille, on a toujours beaucoup aimé la fleur. Ma grand-mère, qui m'a élevée, portait une eau de cologne à la violette. Quand elle replaçait le flacon dans l'armoire, c'était comme un bijou qu'elle déposait dans son écrin, et cela embaumait tout le meuble. Elle me disait souvent que sa propre mère déjà se parfumait à la violette. Y aurait-il eu des bonapartistes dans la famille... ?

Published on February 14 2014

© Natures Vives

© Natures Vives

Le saviez-vous ? A La Dame de Pic, la mise en bouche se fait… avec le nez ! Rue du Louvre, à deux pas de Duluc Détective, le restaurant parisien d'Anne-Sophie Pic permet de choisir son menu sans même avoir à regarder la carte. Trois petits diffuseurs viennent ventiler des effluves qui, en un clin d'œil, révèlent à votre odorat la quintessence des mets. Ce jour-là, la fragrance créée par Philippe Bousseton (Takasago) pour La Dame de Pic — un bouquet d'arômes autour d'un accord marin et épicé — dévoilait habilement les trois plats et le dessert figurant au menu intitulé Terroir Epicé.

Diffusion sèche, sans rémanence bien sûr (pas question de laisser le moindre sillage à l'heure du déjeuner), le procédé repose sur un ingénieux système de capsules renfermant de petites billes gorgées de parfums. Une méthode mise au point par Scentys, une "équipe de geeks" venue de l'expertise olfactive et des technologies pointues (ingénieurs en électronique ou en mécanique, chimistes…) qui s'efforce de prouver depuis dix ans qu'il existe un avenir au parfum hors du flacon.

Car, en parfumerie comme en gastronomie, tout commence avec la technique. "En cuisine, c'est elle qui permet la création et la précision", nous explique Anne-Sophie Pic. Seule femme 3-étoiles au Michelin (pour son établissement de Valence), la jeune chef possède aussi cette sensibilité que soulignait JP Gené dans M : "Anne-Sophie cuisine avec les gestes et l'attention d'une femme qui se maquille ou se parfume. Pour se faire belle. Pour nous faire bon." Et c'est réussi ! Mention très bien à l'entrée et au dessert : l'Huître spéciale Gillardeau et sa fondue revisitée au beaufort et au comté révèle une alliance sulfureuse et singulière entre textures et arômes. Le Citron de Menton aux baies de genièvres, le dessert donc, indescriptiblement bon, se déguste avec le nez autant qu'avec le palais.

Chez Pic, Scentys n'en est pas à son coup d'essai. Depuis dix ans, le leader en France dans la diffusion de parfum a collaboré autant avec Citroën pour sa DS qu'avec l'horloger Vacheron-Constantin ou le joaillier Van Cleef & Arpels. Scentys a également mis en scène les parfums au Musée de la Truffe, près de Cahors, et dans celui de l'Energie, à Barcelone. C'est à lui aussi qu'on doit un Air de Diptyque, ce diffuseur sophistiqué de parfum de figue ou de baie rouge, aussi simple à utiliser que bel objet de déco. Une nouvelle approche des fragrances qui marche bien. On ne saura rien du chiffre d'affaires de la boîte, seulement qu'il double chaque année !


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Published on February 6 2014

© Exil intérieur

© Exil intérieur

On se souvient peut-être comment Luca Turin, dans son Guide réputé, qualifie certains parfums: comme des "anges", ces personnages invisibles bienveillants qui "parlent souvent à notre place". Les sillages, un langage ? Ce n'est pas Paroles d'Odeurs qui dira le contraire ! "Une marque, c'est une histoire bien racontée", confie comme en écho à Sabine Chabbert et Laurence Férat l'un des fondateurs du Labo, Fabrice Penot. Ce jeune label fait officiellement partie des "Parfums rares" auxquels les deux journalistes consacrent un ouvrage.

On y découvre un panorama très complet de ces conteurs d'aujourd'hui, soit une cinquantaine de maisons, de collections et de lieux dédiés à la "haute" parfumerie: celle qui, s'affranchissant de la pub, dit se concentrer sur les formules (hélas, ce n'est pas toujours vrai, mais telle n'est pas la question ici…). Pêle-mêle donc, des historiques qui lancent leurs collections d'exception comme Cartier ou Hermès, valorisant un riche patrimoine (Chanel, Guerlain, Patou). Comme en réponse à une parfumerie alternative née dans les années 1970, avec des Diptyque ou L'Artisan parfumeur, et consolidée par une Nouvelle Vague dès 2000 (les Frédéric Malle et Etat Libre d'Orange, premiers éditeurs de parfums). Jusqu'aux tout-nouveaux venus qui tentent de s'imposer sur le marché de la "niche", de plus en plus saturé (il y a trop de marques pour n'en citer que trois…). Bref, un beau livre à consulter sans tarder, ces plumes d'anges sachant nous mener par le bout du nez pour faire le tour de la question !

Au rayon lecture, puisqu'on y est, notons également la parution des 101 mots du parfum à l'usage de tous, d'Elisabeth de Feydeau, que je n'ai pas encore eu l'occasion de parcourir, et d'Esprit de Synthèse, de Lionel Pailles, sur lequel je reviendrai prochainement. Je m'apprête par ailleurs à me plonger dans Une éducation libertine, de Jean-Baptiste Del Amo (Gallimard, 2008), qui m'a été présenté comme le roman d'un Grenouille français ! De quoi aiguiser ma curiosité...

Parfums rares, de Sabine Chabbert et Laurence Férat. Editions Terre Bleue, 39 €. Préface de Patricia de Nicolaï, présidente de l'Osmothèque et parfumeur.

Dédicace le 8 février de 11 heures à 16 heures à l'Osmothèque, 36, rue du Parc-de-Clagny, à Versailles, à l'occasion de la journée portes ouvertes de l'Isipca, la prestigieuse école où sont formés les parfumeurs.

Published on January 30 2014

© DR

© DR

Je n'aime pas Mûre et Musc. Ni ses fruits grinçants, ni son overdose de molécules douillettes qui m'étouffent sans m'envelopper. Cela me vaut régulièrement quelque dispute avec ses fans. Et ils sont nombreux ! Car ce jus de L'Artisan Parfumeur marche, et, même mieux, cartonne. "Un parfum fédérateur, disait son créateur, Jean-François Laporte. Il plaît autant à la jeune fille de 15 ans qu'à la femme de 60." Entre les deux, il y a Natacha, qui a fait de ce best-seller l'un de ses sillages de chevet.

Jamais sans ma mûre ! Oui... Et je l'adore, mon Mûre et Musc — en version Extrême, je précise. Certains le détestent au point d'accabler d'un «s» supplémentaire son tendre lit musqué. Pas de quartier, il nous passionne ou nous fait fuir (phénomène rare) et ça, ça me plaît bien. Je demande tout de même un vote : les amoureux de Mûre et Musc, contre les réfractaires.
Comment expliquer cette inébranlable passion qui me lie à lui ? No sé. Et je ne cherche pas. Un parcours psychanalytique ? Pas envie. Nous nous sommes acoquinés il y a dix ans déjà, et il provoque toujours en moi ce même effet réconfortant et joyeux. Peut-être est-ce l'amour... Sans doute. Fraîcheur et douceur enveloppante. Sûrement. Entre nous, c'est fusionnel et animal. N'en déplaise à… Bien sûr que je lui suis infidèle, mais jamais loin de son joli flacon.

Published on January 28 2014

© Meadham Kirchhoff

© Meadham Kirchhoff

Il caillait à Paris jeudi dernier lorsque j'ai découvert Tralala dans les salons feutrés de l'Hôtel Castille. Je ne connaissais rien du duo de mode franco-britannique Meadham Kirchhoff qui avait inspiré cette nouvelle fragrance. En revanche, je connaissais un peu la maison Penhaligon's qui orchestrait le projet : mon père met Sartorial, inspiré de l'univers des tailleurs de Savile Row, à Londres, et ma petite sœur porte très bien le bel ambré Cornubia que je lui ai offert il y a quelques années. Mais celui que je connaissais mieux encore, c'est Bertrand Duchaufour, le "nez" de Tralala, l'un de mes maîtres à sentir (aïe, il va détester… ;), qui travaille pour tout ce qui compte dans la belle parfumerie aujourd'hui.

Edward Meadham et Benjamin Kirchhoff savaient très bien de qu'ils voulaient. Collectionneurs de vieux Coty, Guerlain, Chanel, ces créateurs qui se sont rencontrés sur les bancs de la Central Saint Martin souhaitaient un parfum nostalgique et un peu suranné pour embaumer leurs défilés. Un mix de parfumerie très française des années 20, aux notes ambrées et poudrées, et d'accords anglais traditionnels pour escorter sur les podiums leurs broderies main, dentelles fines et cuirs déjantés.

Je dois vous l'avouer, j'adore Tralala. Ce cuir poudré a demandé un an de travail à Bertrand Duchaufour. Son nom parfait marche aussi bien en français qu'en anglais, et son overdose de baumes et d'encens fait de lui un parfum de peau par excellence : "9% en pur de résinoïde, c'est monumental !, s'exclame Bertrand Duchaufour. J'ai dû baisser l'opoponax, je n'étais pas conforme à l'IFRA." Il n'a pas lésiné non plus sur les aldéhydes, qui liftent la composition, depuis les feuilles de violette et le safran, en tête, jusqu'au fond boisé et vanillé. En tête aussi, du davana, bien sûr, la matière première fétiche de Duchaufour, qui apporte une touche liquoreuse au jus. "Pas un parfum sans en mettre", nous confiait-il déjà en 2008 (Plaisirs de Parfums, avec Coco Tassel). "Aujourd'hui pour s'imposer dans la niche, il faut être original, tenace, diffusif et... qualitatif bien sûr !", ajoute le parfumeur. Tralala réunit tout cela, et bien plus encore. Il donne envie d'être porté, tout simplement. Encore et encore…

Tralala, de Penhaligon's. 175 € les 100 ml. En vente à partir du 5 mai.