Published on July 31 2015

La règle du jeu

Une princesse, une pie, un jeune bouvier, et rien ne va plus ! Mercredi 15 juillet, j'ai eu la chance de participer à ma première cérémonie de kodo version école Shino. Le kodo, kesaco ? Littéralement, la voie de l'encens, un art olfactif raffiné qui se pratique depuis plusieurs siècles au Japon. Mêlant plaisir des essences, vieilles légendes et même poésie et calligraphie, cette pratique invite à une réflexion esthétique et philosophique. "Nous souhaitons que le kodo soit un moyen d'ouvrir les gens à la culture japonaise", souligne Pierre-Yves Colombel, manager de Nippon Kodo.

Rue des Francs-Bourgeois, à Paris, au siège de ce distributeur d'encens japonais, propriétaire d'Esteban, je participe donc ce soir-là, avec une quinzaine de convives, à la cérémonie de Tanabata-sama, donnée le 7e jour du 7e mois (j'adore !). Autour de la longue table ovale, dans une grande salle sans attrait, essentiellement des femmes, essentiellement des Japonaises. Qui parlent français. Mais aussi un Chinois, une Allemande, et une Coréenne qui se fait traduire... en anglais le discours de Miyuki, la maîtresse de cette cérémonie express. Quelques hommes aussi dans le cercle, tous férus de culture nippone.

"Deviner tout doucement"

On est ici pour jouer. Pour écouter le parfum. Car dans la voie de l’encens, "sentir " se dit "écouter". Jamais la note olfactive n'aura aussi bien mérité son qualificatif. Il s'agit donc d'écouter des bois chauffés, et de "deviner tout doucement", précise Miyuki, en kimono aux motifs de bambou, les personnages qu'ils incarnent dans la joute olfactive. "Ce soir, c'est une forme très simple de kodo, nous explique-t-elle. D'habitude, la préparation peut durer une heure. Il existe tout un protocole, une façon d'entrer dans la pièce et de marcher par exemple. Il existe même un calligraphe chargé de noter les scores"

En temps normal aussi, ce sont sept senteurs que chaque convive doit tenter de distinguer, tout en s'en inspirant pour écrire un poème ! Mais pour notre cérémonie express (une bonne heure et demie quand même...), ce sont seulement trois bois qui repasseront sous notre nez, cinq fois en tout. Pas sûre de parvenir à distinguer la princesse de l'oiseau et du jeune bouvier. Car dans le kodo, les parfums n'arrivent pas à nos narines par hasard. Le maître de cérémonie choisit les bois en fonction de leur capacité à incarner des personnages de légende.

La fête de Tanabata-sama, par exemple, s'inspire d'une vieille légende chinoise, une histoire de princesse tisserande et de garçon bouvier amoureux qui ne peuvent se rejoindre qu'une fois l'an, lorsqu'un vol d'oiseaux bienveillant forme un pont étoilé au-dessus la Voie lactée. Ce soir-là, tout devient possible, tisser des liens, nouer des fils... Une vraie Saint-Valentin sauce nippone. Mais aussi une histoire de résilience, de santé, de longue vie, rien que ça...

Tisser des liens, nouer des fils

Ce soir-là, la préparation du kodo n'a duré qu'une petite dizaine de minutes. Cinq convives expérimentés s'affairent en silence devant une tasse emplie de sable avec de petits outils qui semblent tout droit sortir d'un cabinet de dentiste. Pique, minipelles, ils installent sous le sable les charbons incandescents, puis constituent une pyramide à cinq faces, coup de pointe sur le pic de l'édifice, bruit du métal contre la porcelaine. Ca chuchote, les gestes sont plus ou moins gracieux. Bientôt, Miyuki posera au-dessus des charbons ensablés les cinq bois parfumés que nous devrons évaluer.

Shukkô, le jeu commence. Vicks contre cire d'abeille pour la princesse et le bouvier. Ecouter, mémoriser, deviner. Pas simple. L'oiseau et le bœuf, mince, ils se ressemblent, qui est qui ? en plus de devoir tenter de mettre des mots, des sensations, panique de la gestuelle. Main droite, main gauche, les distinguer, c'est déjà en soi un problème. Alors penser 1) qu'on doit saisir la tasse de la main droite tout en remerciant le convive qui nous la passe d'un signe de tête et d'une parole incompréhensible, 2) que la main gauche doit être sous la tasse au moment où l'on hume, lentement, trois fois, 3) que la main droite doit former une sorte de cornet, en expirant du côté droit. Tout en "écoutant" l'odeur, bien sûr. Sans parler du poème...

Hmmh, je m'y perds. Je parviens à identifier la princesse, mais je mélange l'oiseau et le bœuf. Regrets que les explications du rituel n'aient été données par Miyuki qu'à la fin de la séance. Observation, transpiration ;) Merci à mes voisins de table pour leurs conseils avisés. Et une folle envie de poursuivre le jeu. Ca tombe bien : à partir de septembre, des ateliers autour du kodo devraient se multiplier.

Un lendemain de Fête nat. comme j'aime, donc ! Et que je prolonge ces jours-ci en "écoutant" Hinoki, la nouvelle Eau triple de Buly, inspirée d'un bois sacré du Japon à peine chauffé. Cet "accord fin" sans alcool, à émulsionner comme un lait sur la peau, laisse un sillage sombre et fumé. C'est l'été, les jeux ne sont pas encore faits…

Published on July 13 2015

Pose estivale

Parfois, j'oublie que ce blog existe et que j'aime bien venir vous y raconter de temps en temps des histoires. Cet été, le parfum colle au corps comme une seconde peau, en splash citron-poivre-gingembre bleu le matin (Tudo Bem !, de Martine Denisot/Pour Toujours) ou en monoï à l'heure de la sieste (Songes d'Annick Goutal). En cire nomade pour l'avion, les galets parfumés en bois précieux de Serra & Fonseca ravissent tous les sens. Réalisés par Pierluigi Ghianda, ces talismans de voyage en ébène, érable ou bois de rose remettent à l'honneur la discrète gestuelle du parfum à faire fondre sur la peau. "On a travaillé plusieurs mois avec un ami architecte pour obtenir la forme parfaite du galet", raconte Giovanna Zucconi, à la tête de Serra & Fonseca.

© Serra & Fonseca

© Serra & Fonseca

Cette ex-journaliste culture ("J'étais une petite Bernard Pivot en Italie, s'amuse-t-elle – Wouah ! Une star ?Non, une starlette...") est aussi une passionnée de parfum. Avant d'imaginer ces galets de luxe (vendus une petite fortune chez L'Eclaireur !), Giovanna a déjà édité des coffrets en forme de gros carnet Moleskine : dedans, une concrète accompagnée d'une nouvelle (un livre, si si, en français et en italien). C'est joli, malin et parfait pour l'avion, où l'on n'a plus droit de se pshitter mais tout le temps de lire...

Aujourd'hui libérée des écrans et des ondes, Giovanna Zucconi écrit des livres et s'occupe de ses champs de lavande, dans la campagne milanaise. "Mon mari, Michele Serra, et moi avons commencé Serra & Fonseca avec la terre." Tandis que la lavande grandit, ils lancent une collection d'eaux de parfum, concrètes, bougies, fragrances pour céramiques…. intitulée Eau de Moi, un nom tiré d'une nouvelle de Michele. Mention spéciale au packaging: Giovanna est allée piocher les motifs dans les archives du musée du couturier espagnol Mariano Fortuny, à Venise.

Littérature et voyage sont des thèmes qui l'inspirent. Elle dit qu'elle est de Rome, où elle a vécu dès l'âge de 11 ans, mais elle habite à Milan depuis près de vingt-cinq. Alors ? L'enfance, avec un père juge, c'est entre l'Afrique, Venise et l'Angleterre, puis dans le nord de l'Italie. Des souvenirs de neige, d'océan, de sable et de soleil, la liberté, les animaux... Flexibilité mais aussi nostalgie. "Plusieurs nostalgies. On est des exilés de partout."

© Serra & Fonseca

© Serra & Fonseca

Galets parfumés, Serra & Fonseca, 390 € (à ce prix-là, je vais vite vérifier s'ils sont rechargeables ;) A Paris, chez L'Eclaireur. A Milan, chez Grialaltro et Zeitgeist (Via San Maurilio 18, 20123 Milano). Ou sur le site de Wallpaper.

Published on June 24 2015

Un air de familleUn air de famille

Le parfum brille de mille histoires de famille, de nom, de visage, de filiation. En 1958, la jeune Rose Desgranges, 35 ans, se voit offrir par son mari, Albert, une fragrance sur mesure, fleurie et capiteuse. Au 70 Faubourg Saint-Honoré, lui tient à l'étage un petit salon de coiffure, Le Figaro Club, où des stars comme Greta Garbo et Marlène Dietrich viennent soigner leur crinière. Rose, elle, vend nœuds et perruques dans une minuscule échoppe sur la cour.

C'est ici, bientôt, que sous la pression des clientes qui le veulent toutes, elle commercialise ce parfum qui avait été pensé rien que pour elle. Avec succès : dans les années 1970, elle en vend de dix à quinze flacons par jour ! C'est ici aussi que Patricia, la fille de Rose et Albert, réédite aujourd'hui ce bouquet unique, dans la petite boutique de Maman transformée en boudoir. "Une rose pas rococo", dixit le "nez" Benoist Lapouza (chez Drom aujourd'hui) qui a orchestré la reformulation. Un parfum de facture classique, un peu chypré, où l'ambrette et le patchouli remplacent le musc animal de l'original.

Egérie discrète

L'histoire de famille s'écrit jusque dans l'égérie de ce parfum d'amour: Laura-Rose, petite-fille de Rose Desgranges, prête son joli minois fifties aux affiches (à gauche) du flacon qui ornent les murs de la pièce. Une "campagne de comm" tout ce qu'il y a de confidentiel, comme celle de The Different Company qui a choisi une rousse incandescente pour incarner son nouveau parfum, I Miss Violet, dans ses boutiques et sur ses points de vente. C'est la charmante Cécile (à droite), dont la grand-mère s'appelle... Violette (et dont les parents travaillent chez... The Different Company), qui prête ses traits à la "fleur nubuck" voulue par le parfumeur Bertrand Duchaufour. Une histoire de famille, le parfum, on vous dit. Dans le flacon, la note lipstick de la petite fleur prend des chemins de traverse, au milieu des vergers, avant l'exil vers un cuir lumineux. I Miss Violet...

Rose Desgranges, 169€ les 100 ml (existe aussi en 30 ml et 50 ml). En vente exclusivement au 70, rue du Faubourg-Saint-Honoré, Paris 8e.

I Miss Violet, The Different Company, 175€ les 50 ml.

Published on June 2 2015

© www.mylittlemusic.com

© www.mylittlemusic.com

Tout l'été, les arts et les sillages vont continuer de se croiser, se frôler, se titiller... Dès maintenant, vous pouvez vous livrer à l'expérience de Sentire, que propose Laurent Assoulen. Le pianiste a choisi ce verbe italien qui signifie aussi bien "sentir" qu'"écouter" pour nommer son nouvel album. Aux cinq morceaux qu'il interprète répondent cinq compositions parfumées d'Anne Flipo, Napoleão Bastos et Carlos Benaïm (IFF). A découvrir en concert, le 11 juin, au cinéma 5 Caumartin ou chez soi, muni du CD et de patchs parfumés.

Si vous avez manqué le Smell Festival, à Bologne, où l'on s'interrogeait le week-end dernier sur les liens olfaction/corps/espace, vous pouvez découvrir à Paris pléthore de manifestations célébrant l'esthétique olfactive : une exposition d'images "qui sentent" dans les allées du Palais Royal ("Le parfum dans tous les sens", jusqu'au 14 juin), une conférence sur les propriétés magiques prêtées à l'odorat dans des rituels lointains ("Mille milliards d'odeurs, de parfums, de senteurs", tout l'été au Quai Branly) ou une visite théâtrale pleine de surprises dans le parc de la Villette ("Les folies olfactives", de Violaine de Carné, 12 et 14 juin, dès 7 ans). Réservez, flânez, sentez...

Et pour (re)voir l'excellente et Fabuleuse histoire de l'eau de Cologne, diffusée dimanche 31 mai, c'est ici.

Published on May 21 2015

©  Terri Weifenbach

© Terri Weifenbach

Loin des contrées exotiques dont ils raffolaient, les créateurs de Diptyque avaient un faible pour la Normandie. Yves Coueslant et Desmond Know Leet y possédaient une maison. Christiane Gautrot a passé son enfance dans le Cotentin. Là-bas, les vergers regorgent de pommiers en fleurs. A l’automne, les fruits alanguis sur les claies manquent de confire. Derrière les côtes balayées par le vent, les arômes réconfortants du café embaument l'air depuis l’estaminet du coin. Ce sont ces souvenirs olfactifs de Normandie qui ont inspiré Florabellio, le dernier parfum de Diptyque. Un instantané fugace du bocage, où se livrent tout à la fois la pomme, les embruns et des effluves savoureux de réglisse. En fil rouge pour illustrer ce paysage olfactif, l’œuvre de Terri Weifenbach. Sous l'objectif de la photographe américaine, par un jeu habile entre le net et le flou, les arbres, fleurs, insectes prennent un relief nouveau. Ses fragments de nature suggèrent que l’harmonie tient à un détail. Ici, à la rencontre subtile entre la pomme et le café, les notes salines vs les arômes de fruits confits.

 

Published on May 1 2015

Femme au miroir,

Femme au miroir,

L'olfactif est-il à la peine ? Les pompes funèbres pourraient bientôt proposer à leurs clients de conserver la trace d'un être cher… dans un petit flacon. Un jeune étudiant en école de commerce commercialisera en septembre des parfums sur mesure fabriqués à partir de l'odeur recueillie sur les vêtements d'un défunt. Une mise en bouteille dont l'idée lui a été inspirée par sa mère, inconsolable depuis la mort de son propre père. Elle avait convaincu les chercheurs de l'unité de chimie organique et macromoléculaire (URCOM) du Havre de lui concocter un parfum de son cher paternel pour combler son absence. Rêve ou cauchemar... ?

Published on April 14 2015

© DR

© DR

Luc et Isabelle ne jurent que par le divin encens. L'église de l'enfance les poursuit aujourd'hui à travers leurs parfums. Cardinal, de James Heeley, voile d'encens filtré au soleil d'un vitrail, Sancti, l'eau bénite des Liquides Imaginaires, ou Œdipe, "parfum complexe" d'Irié. Luc, 52 ans, a testé les trois fragrances.

En portant ces parfums, tu te balades avec une église sur la peau. Sancti et Cardinal, ce sont de vraies cathédrales. Œdipe, lui, c'est une chapelle de campagne, plus modeste, plus agreste. Son encens ouvre d'autres univers que le rituel religieux... J'ai été enfant de chœur, de 7 à 12 ans. Le moment que je préférais c'est celui où le prêtre agitait l'encensoir. D'abord parce que c'est un très bel objet, long, au bout d'une chaînette dorée, et puis cette odeur... Elle se mélangeait au bois des bancs et au cuir des missels.

Published on April 12 2015

© Jean Clottes, DR

© Jean Clottes, DR

Une Grotte Chauvet plus vraie que nature a été inaugurée en Ardèche le 10 avril par François Hollande, à quelques kilomètres seulement du site paléolithique. Ici se sont inventés, il y a 36 000 ans, la peinture, l'autoportrait et "même la bande dessinée", a déclaré le président. "C'est l'histoire de l'art qui s'unit avec la préhistoire", a-t-il ajouté à propos de cette Caverne du Pont d'Arc, réplique fidèle de la grotte classée au Patrimoine mondial de l'Unesco en 2014, vingt ans après sa découverte.

Chevaux, lions, bisons, tout est là, en effet, dans cette antre massif en béton et résine. Tout, et bien plus encore : la Caverne ne se contente pas de reproduire, aussi habilement soit-il (mêmes pigments, mêmes techniques), le millier de dessins, peintures et gravures de l'une des plus anciennes grottes ornées au monde. Place a été faite aux cinq sens pour restituer le plus fidèlement possible l'atmosphère du lieu qui n'a jamais été ouvert au public.

Son "silence de sanctuaire" a été recréé par un acousticien "grâce à des matières murales qui réverbèrent le son". Les parois de la réplique ont été soigneusement façonnées par des sculpteurs, chargés de rendre les couleurs, les textures et le relief originaux. Et même le parfum de la Grotte, ou plutôt ses parfums ont été capturés pour être dupliqués. Pierre, terre, humidité, la parfumeuse Karine Chevallier (Olfactive Design) s'en est allée humer les souterrains, carnet de notes en main (L'Obs du 10 avril). Elle a choisi le patchouli, auquel elle a ajouté des "notes aqueuses, boisées", pour donner aux visiteurs "la sensation d'un parcours effectué dans les profondeurs".

La réplique olfactive a ses contraintes, parfois insoupçonnées. Vu que plus de 300 000 touristes sont attendus chaque année, il a fallu prévoir un système permettant de neutraliser les remugles de tout ce beau monde. Un dispositif savant a donc été mis en place, qui projette des molécules emprisonnant les mauvaises odeurs... sans quoi, adieu patchouli, beaux bois et terre mouillée !

Published on March 31 2015

© "Brigitte - Portrait olfactif", de Boris Raux. Tirage numérique, 40 x 75 cm

© "Brigitte - Portrait olfactif", de Boris Raux. Tirage numérique, 40 x 75 cm

"L'odorat, c'est le sens du flou et du non-dit. C'est pourquoi il est intéressant d'ajouter cette composante à la sphère artistique, car elle permet d'aller chercher le spectateur dans son intimité profonde." Propos d'un plasticien ? D'un metteur en scène ? Pas du tout. Le chercheur en neurobiologie sensorielle Didier Trotier est l'une des dizaines de personnalités interviewées dans la 12e édition d'Arts Hebdo Média, entièrement consacrée à l'olfaction dans l'art contemporain.

Un édito dédié à Cyrano, un entretien avec la philosophe Chantal Jacquet, un portrait de l'artiste-parfumeur Michel Roudnitska, des œuvres commentées d'artistes utilisant le parfum comme matière première, une enquête sur la façon dont il se fraye un chemin sur les scènes de théâtre… Intitulé Respirez l'art, ce numéro d'Arts Hebdo Média est à télécharger de toute urgence par tous les amoureux de la question olfactive. Sur tablette only, où le site vient de lancer sa nouvelle appli.

Dans ce riche fourmillement, on découvre de nouveaux artistes (comme Boris Raux, photo). Et on retrouve des têtes connues : la photographe Eléonore de Bonneval, l'artiste-"nez" Christophe Laudamiel, la comédienne et metteur en scène Violaine de Carné... Et même un chercheur de l'INRA : Roland Salesse fait partie de l'équipe scientifique du projet Kodo, qui s'interroge avec d'autres sur les modalités de réception du parfum par les spectateurs au théâtre. Le neurobiologiste de l'odorat vient aussi de signer Faut-il sentir bon pour séduire ? (éd. Quae, 23,50 €), un petit précis passionnant qui, malgré son titre un peu culcul-la-praline, promet d'être un redoutable concurrent pour mes 100 questions sur le parfum ;)

Published on March 17 2015

Folle du bulbe

Pour mon anniversaire, Maman m'a offert des fleurs partout dans la maison. Jacinthes, narcisses, crocus, iris, tulipes, le bulbe fait la loi chez moi, en pot ou en bouquet. J'aime toutes ces fleurs d'hiver, jusqu'à la violette et le muguet du mois de mai. Et surtout la jonquille (un genre de narcisse), autant pour sa silhouette que pour son parfum. C'est elle que Penhaligon's a choisie cette année pour célébrer le printemps made in England. Ostara fait vibrer la fleur prise dans les feuillages, avant de révéler un bouquet solaire et rond. Je lui trouve un faux air de Songes, de Goutal, mais on me dit que j'ai le nez pris... La faute à l'ylang yang ? à la vanille ? aux notes résineuses de l'accord ambré ?

Ostara, de Penhaligon's, 80 € les 50 ml, 110 € les 100 ml.