Union sacrée

Published on January 23 2014

© NinaNina

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Dans un numéro de la revue Iconofly, en 2008, Jean-Claude Ellena se souvenait d'une amie qui ne voyageait jamais en avion sans une petite fiole de parfum dans son sac. Une "amulette olfactive qu'elle portait à son nez au décollage comme à l'atterrissage", expliquait le parfumeur d'Hermès.

Fétichisé dans l'espace-temps chaotique du voyage, le parfum envisagé comme lien, charnel et/ou spirituel, avec un univers familier devient encore plus essentiel en période de crise. C'est du moins ce que suggère la chasseuse de tendances Li Edelkoort, qui affirme même que notre besoin de nouer des liens en tout genre ("jusqu'au bondage ou à la camisole") remonterait à la naissance, à ce traumatisme du cordon que l'on coupe. On aime Feitiço, le parfum qu'elle a commandé, le temps d'une expo, à l'insolite Barnabé Fillion (mi-"nez" mi-porte-manteau, formé à la phyto et à l'aromathérapie). La senteur fétiche raconte un corps-à corps entre une myrrhe obscure et un cuir épicé de safran et de réglisse…

Pour se sentir connectés à la terre comme au ciel, les héritiers des beatniks de Kerouac et Ginsberg pourraient bien s'éprendre, eux, de Shaman, de Jardins d'écrivains. Inspirée des chamans des déserts de Californie qui utilisaient l'aromate pour ses vertus purificatrices, cette fumigation de sauge blanche vise à éloigner les énergies maussades en brûlant de petites feuilles recroquevillées à la peau de velours. L'effet est, euh… vivifiant ! Interdit dans l'avion, mais pourquoi pas dans le salon…

Published on #En Avion

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