Pas de printemps pour Dzongkha

Published on March 26 2014

Pas de printemps pour Dzongkha

Cinq choses essentielles au voyage: des boules Quiès, de bonnes lunettes, un après-soleil, un sarong multifonction (paréo, couverture, écharpe, jupe…) et un peu de parfum bien sûr ! Pour mon périple au Vietnam et au Laos cette année, j'avais choisi Dzongkha, signé L'Artisan parfumeur. Mauvaise pioche, hélas ! Pourtant, j'adore les épices et le vétiver de ce sillage inspiré des monts de l'Himalaya ; mais son encens n'a pas retenu l'attention de mon nez. (Sans doute seulement du mien d'ailleurs, puisque deux charmantes Japonaises avec lesquelles je voyageais un jour me demandèrent quel était le nom de mon parfum "mystérieux" ! C'est que j'avais dû en mettre encore et encore pour en sentir la trace fugitive sur les poignets…)

Cette anosmie partielle serait-elle due à la concurrence que cette fragrance bouddhique se livre avec l'encens qui brûle dans les rues ? aux senteurs narcotiques et fleuries flottant au-dessus des jardins ? à tous ces arômes qui s'échappent des plats ? Possible… Car ici, le parfum est partout, et d'abord dans l'assiette.

A Hanoi, faute de temps (et d'argent !), je n'ai pas testé La Verticale, le restaurant gastronomique de Didier Corlou, ex du Sofitel Métropole. Mais j'ai découvert les formules bistrot de ce chef d'origine bretonne installé au Vietnam depuis vingt ans. A deux pas de mon hôtel, j'ai déjeuné chez Madame Huen, l'un de ses restaurants installé dans une ancienne maison coloniale aux murs jaunes et au patio fleuri. Pour une poignée de dollars on se régale d'un menu qui change chaque semaine. Ce jour-là, mention spéciale au dessert, banane gratinée aux fruits de la passion et glace (maison) au riz vert ! Quelques rues plus loin, à la Porte d'Annam, face à la cathédrale d'Hanoi, on découvre les "casseroles" de ce chef voyageur qui expérimente la fusion des épices et des herbes dans de juteuses compositions.

Trois jours plus tard, changement de décor: adieu les deux-roues bruyants et le crachin d'Hanoi, bonjour les tuk tuk et les vélos sous le soleil zen du Laos ! A Luang Prabang, on s'installe sur la jolie terrasse du Tamarind, au bord de la rivière Nam Khan, pour déguster une cuisine inventive et savoureuse. Autour d'un riz vapeur, buffle d'eau et sweet spicy Chili, sauce tomate douce, aubergine délicatement fumée, mix ail-piment-coriandre, petites galettes craquantes au sésame, traditionnel Mok Paa (poisson cuit dans une feuille de bananier), le tout accompagné d'une Lao Beer ou d'un jus d'hibiscus.

Trois excellentes adresses que je ne saurais trop vous recommander si vous veniez à explorer ces contrées. Quant au parfum, faites simple : l'une des quatre nouvelles "eaux contemporaines" de Thirdman devrait parfaitement convenir. L'Eau Nomade, par exemple, réussit un impeccable numéro d'équilibriste entre épices et agrumes, et sait laisser perdurer la fraîcheur. Cardamome, citron et orange sanguine, de quoi bien commencer le voyage...

Eau Monumentale, eau Moderne, eau Profonde, eau Nomade, de Thirdman. 90 € les 100 ml, 165 € les 250 ml, 280 € les 500 ml. En vente chez Liquides à partir du 29 mars.

Published on #En Avion

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