L'été indien

Published on June 5 2014

© Geo

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Neela Vermeire est une copine, ce qui ne doit pas l'empêcher de m'inspirer un post, bien au contraire ! Car en plus d'être la fille la plus cool de la terre (chez Isse, mercredi, elle a mis deux heures à finir son menu Tempura tandis que nous parlions ce mélange de français et d'anglais qui n'appartient qu'à nous), elle édite depuis deux ans une très belle ligne de parfums inspirée de l'histoire de l'Inde, son pays natal. Trayee, mon préféré, est un plongeon aux racines védiques de la culture indienne sur fond de safran, jasmin, santal et cardamome. Mohur joue la rose, très cuir, très five o'clock. Ses notes inspirent le musicien Prem Joshua quand il joue de la flûte ou de la cithare, nous apprend Neela. Troisième volet de l'épopée olfactive, Bombay Bling est un concentré des paillettes de Bollywood.

Dernier venu, Ashoka rend hommage à cet empereur hindou très cruel qui s'est métamorphosé après s'être converti au bouddhisme. Récompensé en avril par l'Institute of Art and Olfaction, à Los Angeles, Ashoka possède une note figuier, solaire et lactée, pile poil dans l'air du temps. A peine lancé, le parfum ensoleillé décolle un peu partout dans le monde comme aucun des trois autres avant lui. Et autant chez les hommes que chez les femmes.

Rien de minimaliste dans les créations de Neela Vermeire, mais des fragrances baroques, des senteurs riches et facettées qui doivent permettre à chacun de trouver sa place dans le monde. Les parfums jouent pour elle un rôle de talisman. "Mohur, Trayee, ils me protègent quand je les porte." A propos du quartet de sillages qu'elle a orchestré avec le parfumeur Bertrand Duchaufour, elle explique avoir fait du mieux qu'elle pouvait. " Mon idée, c'était de créer des parfums qui signifient vraiment quelque chose pour moi". Preuve de l'intérêt que l'univers de Neela suscite, certaines marques n'hésitent pas à demander à Duchaufour de s'en inspirer pour leurs propres créations !

"Enfant, j'étais fascinée par les odeurs", se souvient Neela. A Calcutta, où elle est née, la jeune fille commence à apprécier les effluves, sans se soucier de distinguer les "bons" des "mauvais". A Philadelphie, USA, où elle part étudier l'urbanisme, elle porte Coco de Chanel, comme un signe extérieur d'élégance. C'est à Londres où elle s'installe en 1993 pour faire son droit, puis à Paris qu'elle se met à collectionner les essences. A acheter, beaucoup : Jicky, Bois et Violette, Iris 39… Et à imaginer des Perfume Paths, des parcours olfactifs sur mesure pour découvrir "son" parfum à travers le dédale de boutiques parisiennes qu'elle connaît comme sa poche.

Aujourd'hui, dans cette aventure tout ce qu'il y a de plus confidentiel (Neela Vermeire Créations a été lancé sur fonds propres), mieux vaut prendre son temps, juge-t-elle. Ne pas sortir un parfum à tout prix pour occuper l'espace, même si "dans la niche, il y a beaucoup de concurrence. Et nous sommes tout petits". Ne pas être partout non plus. En France, la marque n'est vendue qu'à Paris, chez Jovoy. Sur le site Internet, les gens commandent souvent le coffret découverte. Après, ils recherchent un point de vente pour s'approvisionner en Trayee ou en Bombay Bling. Vendue aux Etats-Unis, en Russie, et dans une vingtaine de villes en Italie, Neela Vermeire vise Ryad, Dubaï, et "pourquoi pas Singapour". Et en Inde, ça marche ? "Je n'y suis pas distribuée. C'est difficile là-bas, le marché de la niche en parfumerie. Ils préfèrent Prada, Gucci, Chanel… Des marques avec un logo !"

Neela Vermeire Créations, 60 ml, 190 €.

Published on #Chasse Aux Papillons

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