100% parfum

Published on October 8 2014

100% parfum

Un matin de février 2013, alors que je cuve mon jetlag asiatique annuel, je reçois un coup de fil comme il n'en existe que dans les bouquins de Paul Auster. "Ici les Editions La Boétie. Un “100 questions sur le parfum”, ça vous tenterait ? A rendre en août, pour une sortie du livre à Noël. Dans les 200 000 signes... Vous connaissez le sujet, faites-nous en partager l'aspect croustillant !"

100 ? Oh la la, ça fait beaucoup, nan ? On peut pas dire 50 seulement ? Ah, c'est une collection qui s'intitule "100 questions sur" (Napoléon, la phytothérapie, les francs-maçons...). Evidemment... Pour août, vous êtes sûr ?!

Le manuscrit sera finalement rendu le 15 octobre. Sortie initialement prévue pour la Saint-Valentin 2014, puis repoussée à l'automne afin d'être être en vue à Noël. Nous y voilà, donc: 100 questions sur le parfum sort demain en librairie !

J'ai porté ce bouquin huit mois de ma vie comme on porte un bébé, tantôt inquiète tantôt exaltée. Toujours dans le doute, à bout de bras et le nez de guidon. Avec de longues semaines entières de paralysie de la plume. J'ai voulu me surprendre, apprendre de nouvelles choses, rencontrer du monde, faire le point sur les grands enjeux de la parfumerie.

Je suis partie des questions de mes amis: ça existe, un parfum de blonde ? y en a encore, des parfums naturels ? C'est quoi, les muscs blancs ? Et puis j'ai voulu élargir la question. Le parfum, ça commence dès qu'on sent, non ? Et l'odorat, ça marche comment ? Pourquoi les sillages ont-ils ce don de nous remémorer en un instant des souvenirs qu'on croyait oubliés à jamais ?

J'ai voulu montrer que le parfum n'est pas une affaire réservée aux coquettes. Qu'au contraire, c'est un thème qui pourrait contenter n'importe quel honnête homme — au carrefour de disciplines comme l'histoire, la biologie, l'anthropologie, l'art, la littérature, les nouvelles technologies, le marketing, l'industrie…

Je n'ai évidemment pas pondu le livre que j'aurais aimé faire, celui que je le porte en moi comme un texte définitivement perdu. Terrible de constater à quel point lorsqu'on écrit, c'est l'écriture qui nous gouverne et non l'inverse, qu'on n'est jamais vraiment maître de ses propos ;)

Voilà, il est temps que ce livre vive sa vie, et que j'apprenne à l'aimer avec toutes ses imperfections, ses points d'exclamation et… ses coquilles ;) Saviez-vous que la "cinquième saveur", celle du glutamate de sodium très en vogue dans les cuisines asiatiques, s'appelle l'umami, et non l'"unami" ? un terme japonais qui désigne ce qui n'est ni salé ni sucré, ni acide ni amer, et que je n'ai appris que très récemment à bien orthographier.

Par ailleurs mea culpa, je n'ai pas complètement répondu aux 5 questions que me posait Bel Ami : "1. Pourquoi vendre des parfums dans les aéroports alors que le jus tourne en avion ? 2. Le jus tourne-t-il vraiment en avion ?? 3. Pourquoi nous faire croire que sans parfum la peau serait muette ? 3 bis. Et avec parfum, elle est tachée, la peau ? 4. Ça sent comment en vrai, Scorpio ? 5. Elle pense à quoi, la fille d'Opium ?"

100 questions sur le parfum, Editions La Boétie, 203 p., 12,50 €.

Published on #L'Air du Temps

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