Y a pas photo

Published on October 13 2014

Y a pas photo

Mea culpa. Pas une seule ligne sur Olfactive Studio dans mes 100 Questions sur le parfum. Pour tout vous dire, je lui en avais consacré une entière, de question, à cette petite marque née de la rencontre entre le parfum et la photographie. Sur le mode "A quoi ressemble le premier jus 2.0". Un peu anecdotique, me fit-on remarquer un jour. En même temps, les anecdotes, c'est le principe de ce livre, non ? J'ai ôté la question, un peu à contrecœur, et puis j'ai oublié d'y faire référence ailleurs, à propos des correspondances entre les arts et le parfum par exemple…

Déjà à l'époque de son lancement, en septembre 2011, le rendez-vous avait été manqué. Le premier numéro de M sortait une semaine après les Next, Cosmo, Marie Claire et autres du mois d'octobre. Olfactive Studio était partout ! Pas question d'en rajouter en écrivant une ligne dessus, m'avait-on sèchement objecté... Mea maxima culpa donc.

L'ŒIL ET LE NEZ

Le projet de cette jeune maison avait de quoi séduire : Olfactive Studio, première marque de parfum collaborative née sur Internet, naissait d'un dialogue entre l'œil et le nez. Pendant un an et demi, sa créatrice, Céline Verleure (une ex de L'Oréal, rompue au jeu marketing), a partagé avec ses 5000 fans sur Facebook les différentes étapes de l'élaboration de ses premières fragrances. Depuis le nom, le thème et la charte graphique jusqu'au lancement des jus, en passant par les séances d'évaluation avec les parfumeurs ou les rendez-vous avec les verriers, tout a été scrupuleusement raconté au jour le jour sur le mur de la page Le blog du parfum qui n'existe pas (encore!).

Parfum 2.0, vraiment ? Mais oui ! Les internautes étaient invités à poster des idées. Certains ont suggéré un parfum qui sublimerait notre propre odeur ; d'autres de lancer des talcs, des concrètes, des huiles, des crèmes… Quelques-uns se faisaient une idée bien précise des accords qu'ils auraient voulu sentir: "Je pensais à un parfum composé autour du tilleul, accompagné d'aubépines (pour ajouter un côté rosé, mais plus rond que la rose elle-même), avec de la menthe froissée en tête, en touche très légère. Et un fond un peu miellé, avec un absolu de cire d'abeille par exemple, mêlé à la mousse de chêne."

IMBROGLIO JURIDIQUE

Depuis le premier trio parfumé d'Olfactive Studio (Autoportrait, Chambre Noire et Still Life), trois autres opus ont vu le jour : Lumière Blanche, Flash Back et — osera-t-on le nommer tellement sa réputation est déjà sulfureuse ? — Ombre Indigo. En France, pour l'instant, ce nouveau venu ne peut exister qu'en bougie ; sa version eau de parfum n'est disponible qu'à l'international suite à un imbroglio juridique avec la marque propriétaire du nom Ombre Rose, un très beau fleuri poudré lancé en…1981 ! Dommage : deux jolis sillages ne devraient pas avoir à se faire de l'ombre ;)

En tout cas, y a pas photo : l'élégance du concept et le succès bien mérité d'Olfactive Studio ont séduit le Comité Joséphine, dont j'ai l'honneur de faire partie aux côtés d'autres journalistes comme Lionel Paillès ou Laurence Férat. Les critères d'admission à ce nouveau club très privé de la parfumerie ? faire la preuve de sa qualité : être rare (pas vendue à tous les coins de rue), de belle facture (univers visuel, flacons, packaging) et made in France bien sûr (à 80 % au moins, et pas conditionnée n'importe comment s'il vous plaît !). Attention, les "experts" de Joséphine veillent — histoire de donner de la voix à la belle parfumerie, et de faire rentrer à la niche ce qui n'aurait jamais dû en sortir.

Published on #Tocade

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