Vendanges tardives

Published on November 26 2014

Vendanges tardives

Plus-que-pompette l'après-midi, jamais, moi qui déteste boire au déjeuner ! Samedi 22, pourtant, l'exception confirmait la règle : à la sortie du Salon des Outsiders, j'étais bel et bien en état d'ivresse, dans la rue, à l'heure du goûter.

Aux abords du Palais Royal, rue de Valois, les petits châteaux du Bordelais avaient apporté leurs meilleurs flacons pour la deuxième édition de ce salon alternatif. Avec Dao, nous avons flâné une bonne heure parmi les vignerons, quasiment aussi néophytes l'une que l'autre. "Chaque année, on travaille avec ce que le ciel nous envoie. Pluie, vent, soleil... ", nous raconte Brigitte Destouet, quatrième génération à réinventer le vin sur la propriété familiale, Château Guibot (Puisseguin-Saint Emilion). Elle vient de faire labelliser bio sa dernière cuvée. Ses vins, elle en parle comme de ses enfants, qu'elle aime "tous pareil". Elle insiste sur l'importance du facteur humain, même si, bien sûr, "le terroir parle d'abord". "Il faut savoir rester humble, on apprend tous les ans", ajoute-t-elle.

Plus loin, on m'explique que, contrairement au bourgogne, le bordeaux joue sur la complémentarité des cépages ; que le merlot est la star dans la région de Saint-Emilion, tandis que le cabernet-sauvignon s'épanouit mieux sur la rive gauche, dans le Médoc ou sur les terres chaudes des graves.

J'apprends aussi que les "seconds vins" ne sont pas des seconds choix: issus de vignes plus jeunes, ils possèdent un sillage moins dense mais plus immédiatement accessible. "Tous les bordeaux ne se gardent pas. Cela dépend du sol. S'il est calcaire, le vin aura une durée de vie plus longue", explique Philippe Genevey. Son Château La Marzelle grand cru classé de Saint-Emilion 2012 possède des notes de cerise et de sous-bois. Parfait, dit-il, avec un vieux fromage — mimolette, gouda, comté — ou de la tapenade.

Sol, terroir, cépage, millésime, il faut avoir de l'œil, du nez ou tout simplement de la chance pour découvrir les bonnes bouteilles. Le pessac-léognan Château Seguin 2012 que j'ai choisi pour poursuivre mon ivresse le samedi soir fit en tout cas l'unanimité des convives...

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