Published on September 29 2012

Yves Michaud, philosophe, cofondateur de l'Université de tous les savoirs, vit à Ibiza une grande partie de l'année. Il vient de publier Ibiza mon amour. Enquête sur l'industrialisation du plaisir (Nil Editions, 351 p., 20 euros).

© Louise Watson

© Louise Watson

A Ibiza, le monde est une expérience très synesthésique. Les odeurs n'y sont pas juste des odeurs; elles vous environnent. Le parfum de l'île dépend des saisons. En été, la végétation se fait sensuelle sous la chaleur - énormément de thym, d'anis, de romarin... Ça sent aussi la résine de pin, le caroubier un peu chocolaté, et les tiges de coquelicot légèrement poivrées quand je passe la débroussailleuse dans le jardin.
J'aime aussi l'odeur de la terre très sèche juste après la pluie. Peut-être parce que je suis un terrien. Et celle des olives. Je les ramasse comme des cerises, à la main. Elles fermentent un peu, ça parfume mon garage. S'y répand une odeur de tapenade mélangée à celles de l'essence et de l'humidité.
Lorsqu'on les presse, à l'automne, après la récolte, c'est le moment de sensualité non sexuelle le plus important de ma vie. Ce n'est pas juste l'odeur, c'est aussi le toucher. Je macule mes bras de cette pâte grasse et sablée. La dernière pâte absorbe toute l'huile et laisse la peau douce. Ça vaut une bien crème Dior ! Ce que j'aime aussi, c'est qu'on n'y a aucune maîtrise du temps, qu'on ne peut pas accélérer le tempo...

Published on September 23 2012

© DR

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Pas un Français samedi 22 à l'Institut français de la mode. Dans le débat, j'entends. Celui qui rassemblait ce matin-là une centaine de personnes, étudiants, parfumeurs, créateurs, journalistes, consultants, autour du thème "Le parfum, tout un art". Le sémioticien Luca Marchetti s'étonnait que la table ronde consacrée à cet art si français soit animée par un Italien (lui-même), à l'initiative d'un Belge (Wouter Wiels, chef d'orchestre des Rives de la Beauté dans lesquelles s'inscrivait l'événement), avec, comme invités, un Américain (Chandler Burr, commissaire de l'exposition "The Art of Scent", bientôt à New York) et une Québécoise (Denyse Beaulieu, écrivain, journaliste et "muse" de parfum).

L'ex-critique olfactif du New York Times s'apprête à exposer douze "parfums nus" au Musée des arts et du design. Des compositions olfactives "emblématiques", mises en scène comme des sculptures dans un immense espace dont la scénographie sera réalisée par les architectes Diller Scofidio & Renfro. Ni contenant, ni couleur ou texture. "Rien de visuel ! Jamais de la vie je ne montrerais le flacon, le packaging, la fille, le garçon, la pub,..." déclare Chandler Burr.

Rien que des odeurs, donc. Pardon, des "œuvres d'art" : Chandler Burr n'utilise plus le mot "parfum" et qualifie d'"artistes olfactifs" ceux qui ne se disent souvent que "créateurs" ou "compositeurs" (voire "apprentie sorcière", comme Isabelle Doyen). Fera-t-il nuit ? Est-ce les "chefs de file" qui seront exposés ? ces parfums qui ont créé une descendance, avec leurs accords novateurs et leur belle facture – N°5, Femme ou Angel ? Sous quelle forme sentira-t-on ces "anges" de la parfumerie, "personnages invisibles qui nous entourent, veillent sur nous et parlent souvent à notre place" (Luca Turin) ?

Doit-on inventer des catégories spécifiques pour classifier ces productions parfumées? se demandait déjà le parfumeur Edmond Roudnitska dans les années 1980. Peut-on faire entrer, par analogie et par un tour de force comme le fait Chandler Burr, ces emblèmes olfactifs dans des mouvements artistiques – romantisme, expressionnisme abstrait, photoréalisme, brutalisme... – qu'on emprunte aux autres arts ? Un créateur de parfum peut-il prétendre être un auteur quand il n'est pas toujours propriétaire des formules qu'il crée ?

On attend avec impatience le catalogue de l'exposition qui nous permettra de répondre à quelques-unes de ces questions. Et de mieux saisir à quoi peut ressembler le parfum débarrassé de ses oripeaux marketing. Si l'on salue les intuitions de Chandler Burr, on n'est pas sûr pour autant qu'il faille couper le parfum de toutes ses racines pour l'apprécier comme œuvre d'art. Les souvenirs qui sont à l'origine de sa création, les anecdotes qui ont accompagné sa génèse, les notes olfactives qui n'ont pas été produites par hasard : n'est-ce pas le moins, pour quelqu'un qui parle d'un parfumeur comme d'un "artiste olfactif", de s'intéresser à ses intentions esthétiques ? Le commissaire de "The Art of Scent" balaie les objections avec la brutalité de ceux qui s'agacent de ne pas réussir à convaincre. "L'objet d'art n'est pas le narratif qui prétend l'avoir engendré, tranche-t-il. Nos histoires nous appartiennent, tandis que les parfums restent une fois finis. De plus, on ne comprendra jamais l'art olfactif tant qu'on parlera des matières premières, qui sont un outil marketing."

L'écrivain Denyse Beaulieu (auteur du blog Grain de Musc), elle, sait qu'on n'entre jamais dans un parfum sans un bagage, un parcours, des références, une sensibilité. Et que les souvenirs les plus intenses nourrissent les plus beaux effluves. Celui d'une rencontre qu'elle fit un jour à Séville pendant la Semaine Sainte a inspiré à Bertrand Duchaufour l'un des parfums les plus réussis de la rentrée. Le bel Hidalgo portait de la lavande et elle Habanita. "Les orangers s'ouvraient, c'était comme un champignon atomique qui envahissait la ville. Les rues sentaient l'encens, le crottin et la cire d'abeille, les churros et les cigarettes blondes." Tandis que le nez stylisait les effluves de la rencontre, la plume rédigeait le livre qui en expliquait la génèse – déja publié en Grande-Bretagne, bientôt en France et aux Etats-Unis. Et si le récit qui se construit autour des matières premières est un moyen d'entrer dans Séville à l'Aube, c'est parce que l'interaction des ingrédients de la formule produit des effets qui traduisent fidèlement le souvenir olfactif que l'écrivain avait en tête. Un jeu autour des notes de lavandes, l'une plus résineuse et ambrée, entre la minéralité de l'encens et l'overdose de fleur d'oranger, escortée d'une cire d'abeille qui en renforce les effets narcotiques.

Sur le fond, la muse et le commissaire sont plutôt d'accord: le parfum mérite qu'on recherche ses lois propres comme moyen d'expression artistique. Pas sûr qu'on les ait encore trouvées... Et après ces deux heures de débat durant lesquelles, comme l'a souligné Luca Marchetti, on a beaucoup "tourné autour du pot", une question surgit, dans la bouche de la plus Parisienne des Québécoises : et si tout l'art du parfum consistait finalement à être porté ? "Il faut qu'il y ait de l'air, la peau, souligne-t-elle. Sans ça, le parfum n'est pas complet." En être l'interprète en s'affranchissant de l'histoire écrite pour en inventer une autre. "Quand je porte un parfum, je suscite des interactions, souvent silencieuses, avec mon entourage", note Denyse Beaulieu. De l'art finalement très français de vivre le parfum, loin des exigences de la raison pure.

"The Art of Scent", au MAD (Museum of Arts and Design, New York). Du 13 novembre au 27 janvier. www.madmuseum.org

Séville à l'aube, de L'Artisan Parfumeur. 105 euros les 100 ml.

The Perfume Lover. A Personal Story of Scent, de Denyse Beaulieu, Collins, 320 p.

Published on September 16 2012

© Bob August

© Bob August

Il aura fallu être persévérant pour dénicher, vendredi 14, la brève du "Monde des livres" intitulée "Les e-books sentent bon", Le Monde n'ayant pas été imprimé ce jour-là. On y apprend que les possesseurs de liseuses "nostalgiques de l'odeur du papier" pourront bientôt parfumer leurs livres virtuels. En les embaumant de New Book Smell (effluves d'encre, de colle, de papier), de Classic Musty Scent (classique aux pages jaunies) ou de Scent of Sensibility (chevaux et fleurs fânées), les lecteurs modernes devraient retrouver le plaisir olfactif propre à la lecture d'antan.

La société britannique qui commercialise ces effluves en aérosols se serait-elle inspirée de l'étude parue en 2009 dans Analytical Chemistry ? Y était raconté comment une chimiste slovène et ses collègues de l'University College de Londres avaient réussi à évaluer l'état de vieux ouvrages d'après leur odeur, sans avoir à les manipuler. Des marqueurs spécifiques de la dégradation du papier avaient été identifiés à partir des gaz qu'il diffusait. En se décomposant, le papier émet des composés organiques volatils qui deviennent la signature olfactive des livres – une note d'herbe grasse, légèrement acide, mélange de vanilline et de moisi.

En tout cas, cette initiative anglaise de rematérialiser le virtuel en y ajoutant un parfum ne manque pas de nez: en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis depuis cet été, les ventes d'e-books dépassent celles des livres physiques.

Published on September 14 2012

Anthony, 39 ans

© Julian&Co

© Julian&Co

Un jour, au square, j'avais 8 ? 9 ? 10 ans ?, un pote de l'époque est tombé du toboggan, il s'est blessé assez gravement à la tête. Nicolas ? Je me souviens qu'il avait été dit que je l'avais poussé. Je me revois à la maison, ma mère dans la pièce à côté, et moi dans notre salle de bains qui sentait le stick à lèvres, une odeur un peu mentholée. Une odeur fermée. Le contraire de celle qui te donne envie d'ouvrir la fenêtre et de passer ta tête au soleil. De cette histoire où, dans le fond, je ne sais toujours pas s'il est tombé tout seul ou pas. Faudrait que j'en reparle à ma mère...

Published on September 12 2012

© DR

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L'excellent papier de Maïté Turonnet le week-end dernier dans Next ("Les parfums made in moi", Libération daté 8-9 septembre) a dû faire trembler le petit monde des essences. La plus impertinente des journalistes beauté s'en prend ce mois-ci à la multiplication des "créateurs" en tout genre qui se mettent au parfum. Décorateurs, joaillers, designers, faiseurs de sacs ou de chaussures dirigent parfois avec talent les projets de fragrances. Mais beaucoup s'autorisent à produire des jus "parfaitement hors de prix et de qualité olfactive sans génie".

A la veille de l'ouverture de Pitti Fragranze, le salon international de la haute parfumerie qui débute le 14 septembre à Florence, le portrait qu'elle dresse de la "niche" sonne féroce mais juste. Avec son talent péremptoire, Maïté Turonnet rappelle d'abord que ce sont les dérives de la parfumerie sélective (traditionnelle) dans les années 1990 (multiplication des lancements et jus médiocres) qui ont permis à ces maîtres d'œuvre alternatifs de prospérer. Les Diptyque, Annick Goutal, Serge Lutens, L’Artisan parfumeur, Comme des garçons sont tous nés d’une volonté de proposer des accords nouveaux et/ou des matières premières rares ou inconnues - ces directeurs artistiques hors pair jurant d'investir dans la qualité des fragrances l'argent qui ne serait pas dépensé pas en campagnes de communication.

Quinze ans après, la démarche a fait des émules et semble ne plus avoir de confidentiel que le nom. D'autant que les marques traditionnelles, en soignant leur patrimoine et leurs collections extraordinaires, ont su rebondir (Les Exclusifs de Chanel, L’Art et la matière de Guerlain...). Aujourd'hui, les mêmes dérives paraissent guetter la niche. Pour quelques réussites, combien de jus prétentieux et d’essences catastrophes ? La bulle olfactive alternative serait-elle sur le point d'éclater ? Même si, comme Maïté Turonnet, je déplore cette saturation dont souffre la parfumerie actuelle (et pas seulement confidentielle...), les liens subtils que tissent le parfum avec la création n'en finissent pas de me surprendre. Comme, en cette rentrée, les Liquides imaginaires de Philippe Di Méo, les Parures secrètes d'Ann Gerard ou les restaurations olfactives de Carlos Huber d'instants rescapés du passé.

Philippe Di Méo, designer de son état, conçoit depuis vingt ans des flacons aussi bien pour Dior et Guerlain que pour Coca Cola ou Dom Perignon. Alors qu’il travaille, en 2006, avec des parfumeurs sur un projet de patch en forme de goutte à coller sur la peau diffusant les "eaux du corps" (larmes, salive, sueur), Philippe di Méo constate qu'il partage avec les "nez" un même langage: "Bois, plastique, liquide, quelle différence?"se demande-t-il. Tout comme il s'est longtemps interrogé sur le registre de son travail où le parfum prendrait à nouveau la parole. Ce fut avec trois Liquides imaginaires, présentés l'an dernier aux Rives de la beauté : on pouvait découvrir, dans des amphores où circulaient les arômes, Sancti, une eau sacrée du matin qui nettoie les pensées; Fortis, une eau noire qui brûle les mauvais souvenirs; et Tumultu, un voile humide comme la vapeur d'un bain égyptien. Composées par Givaudan, éditées depuis chez L'Eclaireur, et bientôt au Bon Marché comme marque à part entière, ces eaux fortes ont donné au designer l'envie de récidiver. C'est chose faite avec ses nouvelles Eaux bouillantes, éphémères fumets à découvrir bientôt au Purgatoire, rue Paradis, à Paris.

Ann Gérard est une joaillère sur mesure qui imagine ses parfums comme la forme la plus utime du bijou. Une "parure secrète", projet qui donne son nom à la collection qu'elle lance avec trois premières fragrances. Coup de chance : Bertrand Duchaufour était un de ses clients. Et c'est en ami que le parfumeur lui a d'abord composé un iris lumineux comme un cuir blanc, "pas du tout mélancolique". Mais ce Cuir de nacre ne suffisait pas à la créatrice, qui a voulu trois essences d'un coup. "Le parfum, c'est comme les fleurs, affirme-t-elle, ça marche en nombre impair." Ciel d'opale est un tilleul suave un peu miellé, qui s'ouvre sur un bel accord coing, citron de Calabre et poivre de Sechuan. Et Perle de mousse, très vert et très aldéhydé, ressemble à un muguet de forêt. Le fil conducteur de ce trio olfactif ? "Mon propre goût, dit-elle. Il fallait que je me reconnaisse un peu là-dedans." Goût sans doute partagé par Bertrand Duchaufour, qui aime jouer les contrastes entre matières premières et travailler les parfums comme un orfèvre, recherchant "l'iridescence qui donne les feux d'une pierre précieuse à une fragrance".

Carlos Huber a, lui, voulu restituer olfactivement les instants parfumés du passé. Ce spécialiste de la conservation historique lance six fragrances sous le nom d’Arquiste, qui emmènent le nez en Calabre médiévale ou dans une fête aztèque, ou lui suggèrent les effluves de la rencontre entre Louis XIV et l'infante d'Espagne... Cet architecte mexicain installé à New York a méticuleusement documenté ses "restaurations olfactives". Quand il donnait un brief aux parfumeurs de son équipe (Yann Vasnier et Rodrigo Flores-Roux), celui-ci pouvait faire jusqu'à 50 pages et provenir tout droit des archives de la bibliothèque Mazarine ! Voyage dans un temps qu'on imagine toujours immobile, on entre par les fragrances dans des lieux qu'on croyait interdits : le Couvent royal de Jésus Maria, à Mexico, où les religieuses préparaient un cacao baroque infusé de piments; ou dans le cabinet de toilette d'un gentleman, à Saint-Pétersbourg, se préparant au duel.

Gageons qu'avec ces douze paris olfactifs, les bébés parfumés de la rentrée ne seront pas tous jetés avec l'eau du bain... Et qu'à défaut de partager la conclusion radicale de Maïté Turonnet (créez-vous même votre parfum, votre nez vous en sera reconnaissant), on continue d'espérer le meilleur des rencontres entre parfumeurs et créateurs de tout poil.

Les Liquides imaginaires de Philippe Di Méo sont en vente chez L'Eclaireur, à Paris, 350 € les 250 ml. Coffret et mini-amphore à parfum disponibles à partir d'octobre 2012 au Bon Marché, à Paris. A découvrir, dans le cadre des prochaines Rives de la beauté, ses Eaux bouillantes, du 19 au 22 septembre au Purgatoire, 54, rue de Paradis, à Paris-10e. lesliquidesimaginaires.com

Parure secrète, d'Ann Gerard, est en vente chez Jovoy. Cuir d'opale, Ciel de nacre, Perle de mousse, 125 € les 60 ml. www.anngerard.com

Arquiste, de Carlos Huber, est vendu chez L'Eclaireur et Jovoy. 149 € les 50 ml. www.arquiste.com

Published on September 5 2012

© Guerlain

© Guerlain

L'Heure est Bleue, bien sûr. Comme un geste chez Brautigan ou la chevelure d'un enfant chez Truman Capote. Bleue comme on imagine l'essence de Guerlain dans les cheveux chantée par Gainsbourg.

Cent ans après sa naissance, à une époque où les femmes ressemblaient à des fleurs, L'Heure bleue reste d'une étonnante modernité. Bien sûr, la grande dame a changé de-ci, de-là, elle s'est refait une beauté pour rester conforme aux normes en vigueur. Mais elle demeure ce parfum de Belle Epoque qui surprend toujours. Un parfum de brunante tirant son nom et son sillage de ce temps suspendu entre le jour et la nuit qu'aimait Jacques Guerlain - celui où "le ciel a déjà perdu son soleil et pas encore gagné ses étoiles".

Cette heure incertaine, paisible et intense à la fois, a inspiré au parfumeur un bouquet à la manière des impressionnistes dont il était collectionneur : fleurs en pagaille, jasmin, rose bulgare, iris, violette, oeillet…, touche d'anis, soupçon de mousse, benjoin, vanille, fève tonka, héliotrope et poudre de riz.

Plus espiègle qu'Après l'ondée (1906), dont elle a un air de famille, moins sensuelle que Shalimar (1925), qui lui emprunte ses épices et ses baumes, L'Heure bleue conviendra à toutes celles "qui aiment de pas savoir le temps qu'il fait dehors pendant une journée entière", dixit le critique olfactif Luca Turin. En extrait ou en eau de parfum, elle se porte aussi chaque jour comme une armure désinvolte pour affronter Babylone.

L'Heure Bleue, de Guerlain. Pour fêter ses 100 ans, la maison l'édite pour Noël dans deux luxueuses versions (limitées, numérotées et... inabordables ;), habillée de velours bleu par Lesage ou en flacon Baccarat orné d'une bouquet en pâte de verre cristalline de la Maison Gripoix (photo). 3 000 et 11 000 euros. En habits traditionnels (et en eau de parfum), elle reste bien plus raisonnable (moins de 100 euros les 75 ml).

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