Published on December 31 2012

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Lola, 21 ans

J'ai un ex qui sent toujours bon. Un matin, il était en train de partir, je dormais encore, son parfum m'a réveillée. Je porte ce qu'on m'offre. Amor Amor, Guerlain..., j'aime ce qui est poudré. En ce moment, Shalimar Initial, mais il y en a un qui sent super bon, Nuit de j'sais pas quoi, d'une marque pas trop connue.
Je vais pas avoir le réflexe de me parfumer. Parfois, j'oublie même de mettre du déo... Tandis que ma sœur, elle a toujours un flacon de parfum dans son sac. Quand elle vient à la maison, ça sent !
Ma mère a longtemps porté le Classique de Jean Paul Gaultier. Chez elle, tout est parfumé. Elle n'aime pas les odeurs de bouffe. Et elle adore l'encens, les huiles essentielles, le patchouli... Dans les chiottes, ça sent la lavande ! Mon père, il met des trucs bizarres. J'aimais bien quand il portait L'Eau d'Issey...
La lessive, j'y suis hypersensible, j'aime l'odeur douce de celle qui est en petite dose verte. Mais j'aime bien aussi les odeurs de transpiration. Pas de n'importe qui... De mon mec. Pas quand il a joué au foot, plutôt quand il a bossé. Je trouve ça personnel, intime, masculin. Rassurant ? peut-être... Excitant plutôt !

Published on December 24 2012

© Nuit de Noël (1922), de Caron. Musée international de la parfumerie, Grasse

© Nuit de Noël (1922), de Caron. Musée international de la parfumerie, Grasse

Si j'avais des félins à demeure (genre les siamois de La Belle et le Clochard, ce qui n'est pas près d'arriver... ), ou deux lévriers afghans dans le jardin, nul doute qu'ils se nommeraient Chérubine et Galuchat. Galuchat. J'aime autant le mot que la chose. Une technique de peausserie déjà réputée dans l'Orient du XVIIe siècle, qui tiendrait son nom de celui du gainier de Louis XV (Jean-Claude Galluchat, oui avec deux "l").

Dans la tradition japonaise, on gainait de galuchat les poignées de sabre des samouraïs (la peau de raie est antidérapante et dure comme de l'émail). Plus tard, ces peaux aux grains ronds ont servi de parure aux meubles Arts déco et aux petits objets des années 1920, comme les flacons, les étuis ou les poudriers de Caron. Par hasard, on a découvert récemment de sublimes portefeuilles et porte-monnaie en galuchat chez Calame et Parchemin (avis à ceux qui n'ont pas encore cassé leur tirelire pour me souhaiter Noël ;-). Et il reste, à Paris, un ébéniste d'art réputé qui le travaille encore sous le viaduc des Arts.

Quant à Chérubine, le mot rime bien avec Noël et sa profusion d'angelots. C'est aussi le nom d'un soin à offrir aux Parisiennes pressées qui n'ont jamais plus de trente minutes pour se refaire une beauté. A découvrir chez Les Anges ont la peau douce, un institut qui insuffle l'esprit de Noël bien au-delà des fêtes.

Published on #Tocade

Published on December 13 2012

Violaine de Carné dans « L'Encens et le goudron », sa première pièce olfactive présentée au Festival d'Avignon en 2010. © Le TIR et la lyre

Violaine de Carné dans « L'Encens et le goudron », sa première pièce olfactive présentée au Festival d'Avignon en 2010. © Le TIR et la lyre

Six personnages en quête d'odeurs, portant chacun le poids d'une absence, réunis dans un mystérieux institut : tel est le pitch des Parfums de l'âme, une pièce à découvrir vendredi 14 décembre, puis en janvier et février, sur des scènes de banlieue parisienne. La particularité de ce spectacle ? les odeurs y mènent la danse, au même titre que la musique et la vidéo ou que les mots et les gestes des personnages qui s'y croisent. « L'odorat, c'est une façon de parler du monde », affirme Violaine de Carné, la metteure en scène de cette pièce olfactive.

Dans L'Encens et le goudron déjà, elle choisissait de diffuser des vapeurs de camphre et d'encens, des senteurs d'orange, de néroli et de sous-bois comme autant de séquences pour rythmer la narration. Et pour saisir le spectateur, renvoyé, ici et maintenant, à la mémoire puissante de ses sensations olfactives. Ce dispositif permettait également à la comédienne d'étoffer les multiples personnages qu'elle incarnait tout à tour – une femme au chevet de son compagnon plongé dans le coma, mais aussi les patients du service hospitalier où gît le bel endormi, tous atteints de troubles du langage et de la mémoire. Les parfums distillés, en réveillant les souvenirs de ces malades sans mots, faisaient jaillir leurs émotions et leur parole.

Le spectacle avait été écrit à la suite de longues recherches menées auprès de patients atteints de troubles neurologiques. Violaine de Carné fait en effet partie d'une équipe de recherche du CNRS où collaborent des scientifiques (comme le neurobiologiste spécialiste de l'olfaction Roland Salesse) et des philosophes (notamment Chantal Jacquet, auteur d'une Philosophie de l'odorat, PUF) autour de la création olfactive dans les pratiques artistiques. En attendant d'entendre reparler des projets de ce département très spécial, prenez votre courage à deux mains, convoquez votre chauffeur ou appelez un taxi, et osez traverser le périph' pour partir à la découverte des Parfums de l'âme.

Les Parfums de l'âme,

une pièce olfactive écrite et mise en scène par Violaine de Carné (Le TIR et la Lyre). Le 14 décembre à 20h30, Salle Georges-Pompidou à Epinay-sous-Sénart (Essonne). Le 26 janvier 2013 à 20h30, Espace culturel Les 26 Couleurs à Saint-Fargeau-Ponthierry (Seine-et-Marne). Le 8 février à 20h30, La Sucrerie, à Coulommiers (Seine-et-Marne). Le 14 février à 20h30, Salle André-Malraux, à Sarcelles (Seine-Saint-Denis). Le 1er mars, Espace Culturel Boris Vian, Les Ulis (Essonne) (ce soir-là, le spectacle sera précédé d’une conférence du neurobiologiste Roland Salesse sur le théâtre olfactif).

www.tiretlalyre.com

Published on December 12 2012

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Une fragrance éphémère senteur pizza au Canada, la roquette mise en flacon à Gaza (la M75, pas la salade !), et bientôt le premier jus de One Direction, un boy-band en vogue chez les ados des années 10. Euh... c'est comment qu'on freine ? « A quand l'after-shave de Monsieur Seguin ? » renchérit Gilles en ricanant, lui qui oscille entre grands classiques et effluves confidentiels.

Gilles, 50 ans.

Je mets Bois d'Argent, un des parfums de la Collection privée de Dior. Découvert complètement par hasard chez L'Eclaireur, il y a cinq ou six ans. J'étais entré dans la boutique pour essayer une veste japonaise. J'en suis ressorti sans la veste mais… avec le parfum! Un coup de foudre.
Longtemps, ma mère m'a interdit de porter Pour un Homme, de Caron. C'était celui de mon oncle mort. Chez les femmes, certains Guerlain me font tourner la tête. Mitsouko, Shalimar… Avant, je portais Habit rouge, auquel je reste fidèle dans mon infidélité.

Published on December 8 2012

© Fanny Leloup

© Fanny Leloup

Quelques milligrammes d'ocytocine, et la question des liens entre les êtres serait peut-être réglée à jamais ! Dans le dernier roman de Florence Noiville (L'Attachement, Stock), l'un des personnages, Anna, évoque cette « molécule de l'attachement » que se met à sécréter l'hypothalamus d'un sujet amoureux à la vue d'une photo de son partenaire – tandis que certaines aires de son cerveau, celles où se nichent la tristesse et la peur par exemple, sont mises hors circuit.

L'ocytocine joue un rôle majeur dans la façon dont se nouent les liens entre les gens: amitié, amour, coopération, empathie, confiance... Elle pourrait aussi favoriser la fidélité au sein d'un couple. Une étude allemande vient de montrer que les hommes monogames à qui l'on avait administré un peu de cette hormone, par voie nasale (sous forme de spray), conservaient une distance bien plus raisonnable vis-à-vis d'une femme qui leur plaît que ceux qui avaient reçu un placebo (The Journal of Neuroscience du 14 novembre).

On ignore ce qu'attendent les industriels de la parfumerie pour intégrer cette molécule à leurs travaux et... le faire savoir. Car l'argument marketing est de taille. Imaginez un peu, la fragrance qui rend fidèle ! Nul doute qu'un sortilège aussi irrésistible à portée de flacon serait un succès. Qui ne voudrait pas renforcer les liens avec l'être aimé, chaque matin, en quelques coups de spray ? Reste à savoir à quoi pourrait bien ressembler, sur la peau, le parfum de l'attachement...

Published on December 3 2012

© Antoine Le Grand

© Antoine Le Grand

Le 1er décembre, Alain Bashung aurait eu 65 ans. Ses Volutes me rappelent, à un mois des résolutions de Nouvel An, qu'il existe des substituts olfactifs efficaces pour contrer l'addiction: les effets pain d'épice ou cuir sombre des toutes nouvelles Volutes de Diptyque ; les notes d'encens et les agrumes de La Fumée (Miller Harris) ; l'accord foin, fleur et curcuma de Jasmin et cigarette (Etat libre d'Orange).

Fumerie turque, de Serge Lutens, se porte comme un patch diffusant ses effluves de rose et de miel. Et s'affiche comme un nouveau tabac blond, rappelant que l'odeur de cigarette n'a jamais été aussi belle que dans la version qu'en donna Caron. Le Tabac blond de la vieille maison, né au lendemain de la guerre de 14-18, parfumait les garçonnes de cuir et de poudre de riz. Nulle part il n'existe un jus qui marie aussi bien l'iris et la rose à la vanille. Sauf peut-être Bois de Copaïba, de Parfumerie générale, absolu de maté et senteurs d'amaretto. Son effet tabac est ce qu'on appelle une chimère, une note qu'on n'a pas voulue mais qui apparaît quand même, explique son créateur, Pierre Guillaume.

Tabac, chimère, substitut olfactif, procrastinera-t-on encore longtemps avant d'être tenté de changer de volutes ?

Tabac blond, de Caron. Volutes, de Diptyque, en eau de toilette et en eau de parfum, 100 ml, 82 et 95 €. Jasmin et cigarette, d'Etat libre d'Orange, 100 ml, 119 €. La Fumée, de Miller Harris, 100 ml, 140 €. Bois de Copaïba, de Parfumerie générale, 100 ml, 120 €. Fumerie turque, de Serge Lutens, 75 ml, 125 €.