Published on May 21 2013

© Le temps qui passe

© Le temps qui passe

A l'époque où Aznavour chantait J'aime Paris au mois de mai, sans doute le mot "printemps" avait-il encore un sens... "J'aime sentir sur les places, dans les rues où je passe, ce parfum de muguet que chasse, le vent qui passe". Le parfum du muguet, parlons-en, même si cette fin mai a un sale parfum de traîtrise...

Saviez-vous que ses clochettes ne livraient pas leurs effluves printaniers au premier distillateur venu ? aux solvants volatils habituels ?... Le muguet est une fleur rebelle. De celles qui, comme le lys ou la violette, résistent à se laisser mettre en bouteille. Heureusement, le parfumeur a plus d'un tour dans sa palette pour dompter les plantes capricieuses : meilleur ami du chimiste depuis la fin du XIXe siècle, il peut, en quelques éléments bien choisis, créer l'illusion d'un petit brin vert et fleuri plus vrai que nature : grâce à l'hydroxycitronellal, une molécule de synthèse à l'odeur de muguet mise au point en 1908 dans les laboratoires, + quelques composants issus de la rose, du jasmin ou de l'oranger, les clochettes deviennent soudainement bavardes sous les narines de cet apprenti sorcier.

Il n'y a donc jamais eu de muguet "naturel". Et, aujourd'hui, les parfums qui rendent hommage à cette fleur muette sont en danger (Diorissimo de Dior, hélas désormais défiguré, Muguet des Bois de Caron, Lily chez Comme des Garçons, les versions éphémères de Guerlain ou d'Annick Goutal). A Bruxelles, l'hydroxycitronellal n'est plus en odeur de sainteté. La molécule fait partie d'une série de 26 substances suspectées d'être allergisantes. Une directive européenne oblige le parfumeur à revisiter ses formules pour en réduire les proportions et à indiquer leur présence sur l'emballage comme potentiellement allergènes. De quoi déséquilibrer tous les muguets du marché !

A l'heure où tout sent, jusqu'à L'Indomptable (le premier slip parfumé made in France, si, si...), et où personne ne s'inquiète des effets éventuels de ces gadgets olfactifs sur les mécanismes d'allergies, on se dit que l'Europe pourrait bien exagérer... un brin !

Published on May 3 2013

© "Lumière et nuages" / AHAE Press

© "Lumière et nuages" / AHAE Press

Emmanuel, 42 ans

L'Eau de cologne Bouquet Impérial, de Roger & Gallet. J'ai passé treize ans avec la mère de mes enfants avec ce parfum à l'esprit, sans jamais parvenir à l'oublier. C'est celui que portait la première fille dont je suis tombé réellement amoureux, à 19-20 ans. Une odeur très boisée, un peu pimentée, très chaude.
Je le reconnais rarement dans la rue mais alors, ça réveille des choses. Il m'est arrivé de le sentir dans une parfumerie, mais les souvenirs ne remontent pas de la même façon. L'émotion naît de l'accident. Comme souvent... Ca me rend mélancolique en tout cas, à la fois triste et joyeux...
J'ai déjà offert du parfum à une femme, Euphoria, de Calvin Klein, par exemple. Un jour dans le métro, je l'ai senti et, instinctivement, je me suis retourné, alors que je savais qu'elle ne pouvait pas être là... Plus tard, je me suis acheté la version pour homme. Mais c'est sans lien ! J'ai du mal à trouver un parfum qui me retourne les sens. D'une manière générale, je les considère trop communs, pas assez fins...
Ma nouvelle comptable porte le même parfum que mon ex, Coco Mademoiselle, de Chanel. Vu qu'elle se verse un flacon dessus tous les matins, au début c'était dur ! Dommage que je l'ai pas senti lors de son entretien d'embauche...