Published on February 20 2014

© DR

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Christine, 58 ans.


En travaillant le texte de ma pièce de théâtre sur Joséphine de Beauharnais, j' ai appris que les partisans de Bonaparte avaient choisi la violette comme signe de ralliement. Dans ma famille, on a toujours beaucoup aimé la fleur. Ma grand-mère, qui m'a élevée, portait une eau de cologne à la violette. Quand elle replaçait le flacon dans l'armoire, c'était comme un bijou qu'elle déposait dans son écrin, et cela embaumait tout le meuble. Elle me disait souvent que sa propre mère déjà se parfumait à la violette. Y aurait-il eu des bonapartistes dans la famille... ?

Published on February 14 2014

© Natures Vives

© Natures Vives

Le saviez-vous ? A La Dame de Pic, la mise en bouche se fait… avec le nez ! Rue du Louvre, à deux pas de Duluc Détective, le restaurant parisien d'Anne-Sophie Pic permet de choisir son menu sans même avoir à regarder la carte. Trois petits diffuseurs viennent ventiler des effluves qui, en un clin d'œil, révèlent à votre odorat la quintessence des mets. Ce jour-là, la fragrance créée par Philippe Bousseton (Takasago) pour La Dame de Pic — un bouquet d'arômes autour d'un accord marin et épicé — dévoilait habilement les trois plats et le dessert figurant au menu intitulé Terroir Epicé.

Diffusion sèche, sans rémanence bien sûr (pas question de laisser le moindre sillage à l'heure du déjeuner), le procédé repose sur un ingénieux système de capsules renfermant de petites billes gorgées de parfums. Une méthode mise au point par Scentys, une "équipe de geeks" venue de l'expertise olfactive et des technologies pointues (ingénieurs en électronique ou en mécanique, chimistes…) qui s'efforce de prouver depuis dix ans qu'il existe un avenir au parfum hors du flacon.

Car, en parfumerie comme en gastronomie, tout commence avec la technique. "En cuisine, c'est elle qui permet la création et la précision", nous explique Anne-Sophie Pic. Seule femme 3-étoiles au Michelin (pour son établissement de Valence), la jeune chef possède aussi cette sensibilité que soulignait JP Gené dans M : "Anne-Sophie cuisine avec les gestes et l'attention d'une femme qui se maquille ou se parfume. Pour se faire belle. Pour nous faire bon." Et c'est réussi ! Mention très bien à l'entrée et au dessert : l'Huître spéciale Gillardeau et sa fondue revisitée au beaufort et au comté révèle une alliance sulfureuse et singulière entre textures et arômes. Le Citron de Menton aux baies de genièvres, le dessert donc, indescriptiblement bon, se déguste avec le nez autant qu'avec le palais.

Chez Pic, Scentys n'en est pas à son coup d'essai. Depuis dix ans, le leader en France dans la diffusion de parfum a collaboré autant avec Citroën pour sa DS qu'avec l'horloger Vacheron-Constantin ou le joaillier Van Cleef & Arpels. Scentys a également mis en scène les parfums au Musée de la Truffe, près de Cahors, et dans celui de l'Energie, à Barcelone. C'est à lui aussi qu'on doit un Air de Diptyque, ce diffuseur sophistiqué de parfum de figue ou de baie rouge, aussi simple à utiliser que bel objet de déco. Une nouvelle approche des fragrances qui marche bien. On ne saura rien du chiffre d'affaires de la boîte, seulement qu'il double chaque année !


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Published on February 6 2014

© Exil intérieur

© Exil intérieur

On se souvient peut-être comment Luca Turin, dans son Guide réputé, qualifie certains parfums: comme des "anges", ces personnages invisibles bienveillants qui "parlent souvent à notre place". Les sillages, un langage ? Ce n'est pas Paroles d'Odeurs qui dira le contraire ! "Une marque, c'est une histoire bien racontée", confie comme en écho à Sabine Chabbert et Laurence Férat l'un des fondateurs du Labo, Fabrice Penot. Ce jeune label fait officiellement partie des "Parfums rares" auxquels les deux journalistes consacrent un ouvrage.

On y découvre un panorama très complet de ces conteurs d'aujourd'hui, soit une cinquantaine de maisons, de collections et de lieux dédiés à la "haute" parfumerie: celle qui, s'affranchissant de la pub, dit se concentrer sur les formules (hélas, ce n'est pas toujours vrai, mais telle n'est pas la question ici…). Pêle-mêle donc, des historiques qui lancent leurs collections d'exception comme Cartier ou Hermès, valorisant un riche patrimoine (Chanel, Guerlain, Patou). Comme en réponse à une parfumerie alternative née dans les années 1970, avec des Diptyque ou L'Artisan parfumeur, et consolidée par une Nouvelle Vague dès 2000 (les Frédéric Malle et Etat Libre d'Orange, premiers éditeurs de parfums). Jusqu'aux tout-nouveaux venus qui tentent de s'imposer sur le marché de la "niche", de plus en plus saturé (il y a trop de marques pour n'en citer que trois…). Bref, un beau livre à consulter sans tarder, ces plumes d'anges sachant nous mener par le bout du nez pour faire le tour de la question !

Au rayon lecture, puisqu'on y est, notons également la parution des 101 mots du parfum à l'usage de tous, d'Elisabeth de Feydeau, que je n'ai pas encore eu l'occasion de parcourir, et d'Esprit de Synthèse, de Lionel Pailles, sur lequel je reviendrai prochainement. Je m'apprête par ailleurs à me plonger dans Une éducation libertine, de Jean-Baptiste Del Amo (Gallimard, 2008), qui m'a été présenté comme le roman d'un Grenouille français ! De quoi aiguiser ma curiosité...

Parfums rares, de Sabine Chabbert et Laurence Férat. Editions Terre Bleue, 39 €. Préface de Patricia de Nicolaï, présidente de l'Osmothèque et parfumeur.

Dédicace le 8 février de 11 heures à 16 heures à l'Osmothèque, 36, rue du Parc-de-Clagny, à Versailles, à l'occasion de la journée portes ouvertes de l'Isipca, la prestigieuse école où sont formés les parfumeurs.