Published on June 29 2014

© Lacoste

© Lacoste

Aujourd'hui, Tom, 13 ans et demi pile poil, a bien voulu tester L.12.12. A un âge où rien n'est plus important que le respect des codes et l'affichage des logos, il a tout de suite été charmé par le packaging minimaliste du dernier-né de Lacoste. Blanc, fluo, croco, le flacon et l'emballage ont tout bon.

Question fragrance, il n'est gère disert malgré son nez aiguisé ("ça sent le taboulé !" s'est-il écrié un jour, enfant, devant une mouillette parfumée à la menthe). Il nous commente donc sobrement ce parfum qui devrait faire fureur cet été chez les 12-18 ans de toute obédience.

Une couleur, ce serait bleu électrique. Une musique, chais pas… Un paysage, euh… non… Ca m'évoque pas grand-chose d'autre que le savon en fait, une odeur de propre. Un gel douche de sport, au parfum fort. Du melon peut-être, non ? Ce matin, j'en ai pas mis mais hier ouais… Je me douche le soir, alors le matin, après la toilette, ça te donne l'impression de sortir d'une douche !

L.12.12, de Lacoste. Edition limitée, 100 ml, 60 €.

Published on June 20 2014

Oh les beaux jours

Quand Terracotta est sortie, en 1984, Nathalie Baye tournait avec Delon et sortait avec Johnny, les femmes mixaient des fards turquoise et des bouches orange, et nous on regardait "Dallas" en pianotant sur le Minitel devant un Malibu.

Aujourd'hui, le Minitel a disparu, le maquillage s'est assagi et nous aussi. Terracotta est toujours là, signe de son succès. C'est devenu une gamme complète de produits autour de la bonne mine, soit une quinzaine de poudres pour parfaire son "nude", des fluides colorés qui assurent teint estival et jambes de gazelles. Le tout promettant "3 semaines de soleil en 3 secondes ", selon Olivier Echaudemaison, M. Maquillage chez Guerlain. Pas faux... Il y a même un parfum, inspiré de Sous le Vent, un vintage de Guerlain (1933). La terre de soleil en bouteille rayonne sous l'effet de la vanille et de la fleur de tiaré. Alleluia, Terracotta !

Terracotta Le parfum, de Guerlain, 62 €. En édition limitée.

Published on #Tocade

Published on June 11 2014

© Madame Pop

© Madame Pop

"Enfant, dans son atelier, mon père me faisait revivre de grands personnages historiques, se souvient Christine Bussière. Au milieu de l'odeur de ses toiles et du parfum de l’huile d’œillet, je revois les grognards qui suivaient Napoléon et les feux des bivouacs." Passionnée d’histoire aujourd'hui, la comédienne a imaginé les dernières heures de Joséphine de Beauharnais dans un "seule-en-scène olfactif" réussi. Pour accompagner les ultimes paroles de l'impératrice douairière, la metteur en scène a choisi l'Eau Suave, un bouquet de roses opulent créé par Parfum d'Empire en hommage à la passionnée de botanique qu'était Joséphine. Et pour diffuser la fragrance, elle aura recours au dispositif innovant mis au point par un spécialiste de la gouttelette parfumée, Aeryum.

Dans la lignée des dramaturgies olfactives innovantes de Violaine de Carné, Joséphine mon amour sera joué vendredi 13 juin, parmi d'autres spectacles de la Semaine napoléonienne d'Ajaccio. L'occasion de se prendre pour une sirène sur l'île de beauté le temps de l'aventure. Et d'arborer comme un tatoo Corsica Furiosa, le dernier-né de… Parfum d'Empire, justement. Marc-Antoine Corticchiato nous invite à prendre le maquis avec le lentisque, un petit arbuste qui affectionne les flancs ensoleillés des collines méditerranéennes. "La Corse olfactive ne se résume pas à l'immortelle !", plaide le parfumeur. Attendez-vous à recevoir une lumineuse volée de bois vert entre ciel et mer, et à vous sentir comme un petit pois fougueux perdu dans une botte de foin…

Joséphine mon amour, 1814-2014. Une pièce olfactive signée Christine Bussière, avec la complicité de Marc-Antoine Cortichiatto et Nicolas Chabot (Aeryum). Vendredi 13 juin à 21h30, à l'Espace Diamant d'Ajaccio.

Corsica Furiosa, de Parfum d'Empire (site en cours de reconstruction...). 100 ml, 120 €. En vente chez Marie Antoinette notamment, l'une des plus adorables boutiques de parfums à Paris, place du Marché-Sainte-Catherine.

Published on June 5 2014

© Geo

© Geo

Neela Vermeire est une copine, ce qui ne doit pas l'empêcher de m'inspirer un post, bien au contraire ! Car en plus d'être la fille la plus cool de la terre (chez Isse, mercredi, elle a mis deux heures à finir son menu Tempura tandis que nous parlions ce mélange de français et d'anglais qui n'appartient qu'à nous), elle édite depuis deux ans une très belle ligne de parfums inspirée de l'histoire de l'Inde, son pays natal. Trayee, mon préféré, est un plongeon aux racines védiques de la culture indienne sur fond de safran, jasmin, santal et cardamome. Mohur joue la rose, très cuir, très five o'clock. Ses notes inspirent le musicien Prem Joshua quand il joue de la flûte ou de la cithare, nous apprend Neela. Troisième volet de l'épopée olfactive, Bombay Bling est un concentré des paillettes de Bollywood.

Dernier venu, Ashoka rend hommage à cet empereur hindou très cruel qui s'est métamorphosé après s'être converti au bouddhisme. Récompensé en avril par l'Institute of Art and Olfaction, à Los Angeles, Ashoka possède une note figuier, solaire et lactée, pile poil dans l'air du temps. A peine lancé, le parfum ensoleillé décolle un peu partout dans le monde comme aucun des trois autres avant lui. Et autant chez les hommes que chez les femmes.

Rien de minimaliste dans les créations de Neela Vermeire, mais des fragrances baroques, des senteurs riches et facettées qui doivent permettre à chacun de trouver sa place dans le monde. Les parfums jouent pour elle un rôle de talisman. "Mohur, Trayee, ils me protègent quand je les porte." A propos du quartet de sillages qu'elle a orchestré avec le parfumeur Bertrand Duchaufour, elle explique avoir fait du mieux qu'elle pouvait. " Mon idée, c'était de créer des parfums qui signifient vraiment quelque chose pour moi". Preuve de l'intérêt que l'univers de Neela suscite, certaines marques n'hésitent pas à demander à Duchaufour de s'en inspirer pour leurs propres créations !

"Enfant, j'étais fascinée par les odeurs", se souvient Neela. A Calcutta, où elle est née, la jeune fille commence à apprécier les effluves, sans se soucier de distinguer les "bons" des "mauvais". A Philadelphie, USA, où elle part étudier l'urbanisme, elle porte Coco de Chanel, comme un signe extérieur d'élégance. C'est à Londres où elle s'installe en 1993 pour faire son droit, puis à Paris qu'elle se met à collectionner les essences. A acheter, beaucoup : Jicky, Bois et Violette, Iris 39… Et à imaginer des Perfume Paths, des parcours olfactifs sur mesure pour découvrir "son" parfum à travers le dédale de boutiques parisiennes qu'elle connaît comme sa poche.

Aujourd'hui, dans cette aventure tout ce qu'il y a de plus confidentiel (Neela Vermeire Créations a été lancé sur fonds propres), mieux vaut prendre son temps, juge-t-elle. Ne pas sortir un parfum à tout prix pour occuper l'espace, même si "dans la niche, il y a beaucoup de concurrence. Et nous sommes tout petits". Ne pas être partout non plus. En France, la marque n'est vendue qu'à Paris, chez Jovoy. Sur le site Internet, les gens commandent souvent le coffret découverte. Après, ils recherchent un point de vente pour s'approvisionner en Trayee ou en Bombay Bling. Vendue aux Etats-Unis, en Russie, et dans une vingtaine de villes en Italie, Neela Vermeire vise Ryad, Dubaï, et "pourquoi pas Singapour". Et en Inde, ça marche ? "Je n'y suis pas distribuée. C'est difficile là-bas, le marché de la niche en parfumerie. Ils préfèrent Prada, Gucci, Chanel… Des marques avec un logo !"

Neela Vermeire Créations, 60 ml, 190 €.