Published on January 27 2015

© Vincent Wawrzyniak

© Vincent Wawrzyniak

The Different Company, vous connaissez ? 15 ans seulement et déjà 24 premiers-nés, une teenager riche de multiples écritures olfactives : épure stylisée de Jean-Claude Ellena (qui a signé quatre parfums de la Collection Classique), fleurs sublimées sur de simples accords cologne par Emilie Coppermann, formules baroques de Bertrand Duchaufour pour la Collection Excessive, et un "one shot" de Christine Nagel, Une nuit magnétique.

Mon préféré ici a été créé par Céline Ellena, auteur de neuf fragrances pour la maison. Son Jasmin de nuit (2004) vous fera oublier tout ce que vous croyez savoir sur la fleur. Je ne parviens pas à comprendre à quoi tient son charme singulier. Peut-être aux 700 000 fleurs de jasmin d'Egypte nécessaires à l'élaboration de sa formule… A son fond suave et ambré, enveloppant sans jamais en faire trop... Est-ce une histoire de badiane qui s'acoquine à la mandarine ? de cannelle, qui course la cardamome ? Quoi qu'il en soit, ce jasmin rebelle, comme échappé du bouquet, est l'assurance d'une vie nocturne pleine de mystères, au cœur de la fête comme au fond du lit.

Published on #Tocade

Published on January 20 2015

Nom de nom !

En 1993, Champagne d'Yves Saint Laurent avait dû être débaptisé en France sous l'action du Comité interprofessionnel des vins de Champagne, furieux qu'on s'approprie le nom de son breuvage de luxe pour vendre du parfum.

Vingt ans plus tard, les bulles provoquent un tout autre émoi: le parfum Strawberries and Champagne, signé Victoria's Secret (une marque de lingerie), vient d'être jugé "offensant" au Qatar. Son patronyme accusé de heurter les "traditions et les valeurs religieuses" du richissime émirat, la fragrance a dû quitter fissa les rayons d'un centre commercial de Doha la semaine dernière (AFP, 12 janvier). En 2013 déjà, le ministère qatari de l'environnement annonçait des régulations plus fermes concernant la vente et l'import de parfums "dans l'intérêt de la santé publique", nous apprend Dohanews.fr.

Moi qui me demandais comment reparler du parfum après cette triste semaine, quelle aubaine ! En 1977, Opium (déjà signé Saint Laurent) avait été mis en quarantaine aux Etats-Unis avant que la Food and Drugs Administration ne déclare, au terme d'une enquête minutieuse, que le sillage ne provoquait aucune addiction.

La sentence qatarie est plus lapidaire, si j'ose dire. Et laisse songeur… Car nommer une fragrance n'est jamais une mince affaire, rappelait Le Figaro le14 janvier sous le titre "La parfumerie cherche ses mots". Allez donc trouver le bon nom, celui qui sonne à l'oreille comme une évidence, colle au sillage et n'est pas encore déposé par la concurrence ! Pas simple, surtout depuis que les jus sont lancés, en même temps ou presque, partout sur la planète. Et qu'avant même de plaire à tout le monde, ils doivent ne pas déplaire. Patronyme compris.

Published on January 9 2015

© Charb / Olivier-dartigolles.com

© Charb / Olivier-dartigolles.com

Dimanche, faisons tous souffler un parfum de liberté sur la République. Inventons ensemble la voie qui refuse les barbus abjects autant que l'infecte Marine. Marchons pour défendre la presse libre, le mauvais goût, l'insolence. Résistons à l'amalgame sans rien céder. Et n'oublions pas de rire, jamais.