Le sexe des figues

Published on August 10 2012

© Horacio Cassinelli

© Horacio Cassinelli

Saviez-vous qu'il existait des figuiers mâles et des figuiers femelles ? Le 9 août, en lisant le dernier post de Passeur de sciences, j'ai appris non seulement que les arbres avaient un sexe, mais que monsieur Ficus Carica, le figuier méditerranéen, imitait le parfum de madame pour mieux tromper son monde et assurer la survie de l'espèce. Une histoire de pollinisation. Pas mal !

Je me suis rappelée l'exposition, au printemps, chez Dupont de Brazzaville, des travaux d'Horacio Cassinelli et Virginie Alventosa. Au mur du petit restaurant de Belleville, des abeilles tracées à l'encre de chine, au feutre jaune et au cure-dent rencontraient des fleurs peintes à l'aquarelle, mine de plomb et pastel sec.

Je me suis dit : Décidement, la pollinisation, c'est de l'art...

Je me suis dit aussi, le figuier, ça c'est une senteur d'été. Plus verte ou plus fruitée selon les versions, souvent subtilement boisée, cette note savoureuse est une des plus agréables à porter en vacances. En Méditerranée, on ne quitte pas Philosykos, feuilles fraîches, fruit lacté et bois chaud. A la campagne, Premier Figuier est impeccable pour lire sous les arbres. Derniers-nés, Fig Leaf & Sage fleure bon la Provence authentique tandis que Figuier Eden, plus sophistiqué, surprend par un départ désuet, un peu bonbon Vichy. Les plus curieux testeront Figue amère, un joli contraste entre sel et fruit charnu.

Figuier Eden, d'Armani privé, 100 ml, 120 €. Premier Figuier, de L'Artisan parfumeur, 100 ml, 95 €. Philosykos, de Diptyque, 100 ml, 82 €. Fig Leaf & Sage, de Kiehls, 100 ml, 62 €. Figue amère, de Miller Harris, 100 ml, 115 €.

© Virginie Alventosa et Horacio Cassinelli

© Virginie Alventosa et Horacio Cassinelli

Published on #Numéros Cinq

Comment on this post

Dorothée 08/15/2012 10:48

« Je ne sais pas du tout ce que c’est que la poésie, mais assez bien ce qu’est une figue. C’est un des rares fruits dont on puisse manger tout : l’enveloppe, la pulpe, la graine, tout l’ensemble dans chaque bouchée participant à notre délectation.
Cela est encore plus sensible dans la figue sèche.
Une pâte (pulpe) sablée de pépins.
Vraiment le contraire du chewing-gum, du caoutchouc. On peut y mordre vraiment, franchir son élasticité, l’assimiler ; cela finit par fondre dans la bouche. Il y a une brusque résolution (solution) fusion et assimilation : nourrissante et savoureuse. Il y a du sucre, du bon sucre.
Pourtant l’arbre lui-même (ficus) est (semble) une perfection. Le tronc (animal et minéral à la fois) lisse et mat. Grenu et doux (comme le silex) (l’éléphant).
Il s’agit de donner à jouir à l’esprit et de nourrir les générations.
La poésie est-elle un fruit ? etc. »
Francis Ponge, Comment une figue de parole et pourquoi.