Les temps modernes

Published on September 16 2012

© Bob August

© Bob August

Il aura fallu être persévérant pour dénicher, vendredi 14, la brève du "Monde des livres" intitulée "Les e-books sentent bon", Le Monde n'ayant pas été imprimé ce jour-là. On y apprend que les possesseurs de liseuses "nostalgiques de l'odeur du papier" pourront bientôt parfumer leurs livres virtuels. En les embaumant de New Book Smell (effluves d'encre, de colle, de papier), de Classic Musty Scent (classique aux pages jaunies) ou de Scent of Sensibility (chevaux et fleurs fânées), les lecteurs modernes devraient retrouver le plaisir olfactif propre à la lecture d'antan.

La société britannique qui commercialise ces effluves en aérosols se serait-elle inspirée de l'étude parue en 2009 dans Analytical Chemistry ? Y était raconté comment une chimiste slovène et ses collègues de l'University College de Londres avaient réussi à évaluer l'état de vieux ouvrages d'après leur odeur, sans avoir à les manipuler. Des marqueurs spécifiques de la dégradation du papier avaient été identifiés à partir des gaz qu'il diffusait. En se décomposant, le papier émet des composés organiques volatils qui deviennent la signature olfactive des livres – une note d'herbe grasse, légèrement acide, mélange de vanilline et de moisi.

En tout cas, cette initiative anglaise de rematérialiser le virtuel en y ajoutant un parfum ne manque pas de nez: en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis depuis cet été, les ventes d'e-books dépassent celles des livres physiques.

Published on #L'Air du Temps

Comment on this post