Chérubine et galuchat

Published on December 24 2012

© Nuit de Noël (1922), de Caron. Musée international de la parfumerie, Grasse

© Nuit de Noël (1922), de Caron. Musée international de la parfumerie, Grasse

Si j'avais des félins à demeure (genre les siamois de La Belle et le Clochard, ce qui n'est pas près d'arriver... ), ou deux lévriers afghans dans le jardin, nul doute qu'ils se nommeraient Chérubine et Galuchat. Galuchat. J'aime autant le mot que la chose. Une technique de peausserie déjà réputée dans l'Orient du XVIIe siècle, qui tiendrait son nom de celui du gainier de Louis XV (Jean-Claude Galluchat, oui avec deux "l").

Dans la tradition japonaise, on gainait de galuchat les poignées de sabre des samouraïs (la peau de raie est antidérapante et dure comme de l'émail). Plus tard, ces peaux aux grains ronds ont servi de parure aux meubles Arts déco et aux petits objets des années 1920, comme les flacons, les étuis ou les poudriers de Caron. Par hasard, on a découvert récemment de sublimes portefeuilles et porte-monnaie en galuchat chez Calame et Parchemin (avis à ceux qui n'ont pas encore cassé leur tirelire pour me souhaiter Noël ;-). Et il reste, à Paris, un ébéniste d'art réputé qui le travaille encore sous le viaduc des Arts.

Quant à Chérubine, le mot rime bien avec Noël et sa profusion d'angelots. C'est aussi le nom d'un soin à offrir aux Parisiennes pressées qui n'ont jamais plus de trente minutes pour se refaire une beauté. A découvrir chez Les Anges ont la peau douce, un institut qui insuffle l'esprit de Noël bien au-delà des fêtes.

Published on #Tocade

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