Parfum de galère

Published on November 15 2012

© Michelangelo Pistoletto

© Michelangelo Pistoletto

Il y a quatre ans, en lisant un article de Béatrice Gurrey dans Le Monde (« Moi, Julie, mère SDF et blogueuse », 15 novembre 2008), j'avais été touchée par une des remarques de la jeune femme dont elle faisait le portrait. En rougissant, Julie avouait, à propos de son parfum: « Ca, je ne veux pas y renoncer, c'est mon petit plaisir.»

Sans doute la journaliste avait-elle été particulièrement sensible à cet aveu car c'était bien la seule note de luxe dans l'univers tourmenté de la jeune femme à l'époque (qui a depuis trouvé un appartement).

Quatre ans après, j'ai (re)pris contact avec Julie, lui demandant si elle voulait bien m'en dire plus sur le rôle qu'avait joué son parfum dans ses mois de galère. Mais cette vie-là lui semble bien loin...

Julie, 35 ans

Le parfum, c'était Allure, de Chanel. Je ne le porte plus du tout. Peut-être parce que j'en ai moins besoin. Une amie me l'avait offert. C'était le petit «plus» que je pouvais facilement transporter avec moi. Mais, à l'époque, je ne me disais pas qu'il m'était vraiment indispensable. C'est juste que dans ma situation, mon seul luxe, c'était ce parfum.

Published on #Paroles d'Odeurs

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