Quand fond la neige, où va le blanc ?

Published on August 7 2012

© Jeanne Grimoire

© Jeanne Grimoire

se demandait Shakespeare. Sans doute dans les parfums, lui répondrait-on.

En septembre, il n'y en aura que pour les fragrances aux noms immaculés. Les Esquimaux ont mille et un mots pour dire le blanc de la neige, pas étonnant que les parfumeurs possèdent autant de notes pour traduire en effluves la couleur virginale.

Certaines créations jouent la surdose de notes cosmétiques - muscs cotonneux, iris et héliotrope chez Courrèges et Lolita Lempicka -, d'autres rappellent le linge propre par des aromates et des bois blonds (Lacoste). Parfois, ce sont les fleurs qui donnent l'air du blanc, comme le muguet, le frangipanier et le gardénia dans l'Absolu de Blaise Mautin. Parfois, c'est la texture même du jus: Lumière blanche ressemble à un sirop d'orgeat (Olfactive Studio).

"On veut du pur, du rassurant, pour conjurer le noir, la crise, la dette", souligne Nathalie Pichard, de TopNotes. Sans doute. Mais on voudrait aussi, encore, pouvoir porter un jour la Cologne blanche (2006) de Dior, ce bijou olfactif hélas aujourd'hui disparu. Et dont tous les épigones de la rentrée sont les héritiers...

Blanc absolu, de Blaise Mautin, 30 ml, 120 €. Blanc de Courrèges, 50 ml, 62 €. L.12.12 Blanc, de Lacoste, 100 ml, 62 €. L'Eau en blanc, de Lolita Lempicka, 50 ml, 69 €. Lumière blanche, d'Olfactive Studio, 50 ml, 80 €.

Published on #Numéros Cinq

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