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Published on September 28 2015

© "A une passante", de Patrick Martin

© "A une passante", de Patrick Martin

Au sujet des Rives qui ont battu leur plein ces derniers jours à Paris (tandis que je battais d'autres campagnes...), voici mes trois coups de cœur.

Tout d'abord, l'exposition Anbar (ambre gris, en arabe ancien), un parcours qui mêle art pictural et représentations olfactives ; celui d'un amoureux du parfum (le blogueur Patrice Revillard, alias Musque Moi !) autour d'une matière animale mythique de la parfumerie. Dans un petit café de la rue des Blancs-Manteaux, l'artiste italienne Clelia Tondini exposait sept tableaux correspondants aux thèmes olfactifs imaginés par Patrice pour raconter l'histoire de cette "sécrétion magnifique", toute droit venue des tréfonds du... cachalot. Un projet intriguant et bien mené.

Maté, chanvre et foin coupé

Ces Rives sont aussi l'occasion d'évoquer de tout nouveaux lieux qui portent l'empreinte de deux femmes dont j'admire le chemin : Olivia Giacobetti et Isabelle Masson-Mandonnaud. Chacune dans leur genre, bien sûr, car à première vue tout les distingue : l'une est une grande parfumeuse, l'autre une femme d'affaires enthousiaste, fourmillant de projets autour de la beauté.

Quand Olivia (ré)installe sa marque, Iunx, rue de Tournon, dans une boutique minimaliste, façade noire et bois brut, Isabelle investit le Haut Marais, à deux pas de République, avec sa nouvelle maison haute en couleurs, Sabé Masson.

Olivia Giacobetti a inventé la note figuier (Philosykos, Premier Figuier), sublimé le lilas pour Frédéric Malle (En Passant), débauché les épices chez L'Artisan Parfumeur (Safran troublant). Elle revient aujourd'hui toute seule aux manettes (enfin, avec une super équipe, dont la délicieuse Francine !). Vingt bougies et des eaux énigmatiques, une dizaine, à sentir le nez dans la corolle ;) : une Eau Blanche virginale, vapeur de lin sous le vent; une Eau Baptiste céleste, enfance surgie du flacon. Et l'Eau Argentine, ma préférée, qui concentre en elle tout l'été — maté, chanvre sec, paille et foin coupé.

© Les Rives de la Beauté

© Les Rives de la Beauté

Isabelle Masson-Mandonnaud, elle, a fait le succès de l'enseigne Sephora dans les années 1990 et lancé en 2005 les parfums solides Crazylibellule & The Poppies. Des formules hybrides, entre fragrance et cosmétique, qui remportent quatre prix de l'innovation à l'époque. Et qu'elle ne cesse de perfectionner depuis dix ans.

Karité, tiaré, mangue, tamanu… Selon les vertus des cires, beurres ou huiles — anti-âge ou anti-oxydantes –, Isabelle a réfléchi aux accords parfumés les plus appropriés. "Le karité, on peut mettre ce qu'on veut dedans, des fleurs, des agrumes... Le tiaré, c'est une pâte chaude, qui rend le parfum poudré, ça marche bien avec la vanille."

Pas sur la bouche

Sans alcool, sans paraben, ces Soft Perfume s'appliquent comme un baume, partout sauf sur les lèvres. Dans le cou ou sur les mains, deux zones sur lesquelles le temps marque vite. Mais aussi "entre les yeux ou sur les ailes du nez, de façon plus classique". Vous avez dit classique ?

© Sabé Masson

© Sabé Masson

On aime l'objet, nomade, ludique, mais aussi le geste : effleurer le poignet, lisser un sourcil, rehausser les pommettes… Caresse de rouge sans le rouge, sent-bon qui soigne, packaging joyeux, noms poétiques (Belle Furieuse, De Guerre Lasse, Eu Vent de Vous, Zazou, La Reine Soleil...). Ces sticks tout fragrants sont "bons pour l'âme et bons pour la peau: le rôle du parfum, non ?", conclut Isabelle.

Alors, le parfum caresse ? Sabé Masson en fait une philosophie, Iunx se contente d'un clin d'œil: sa divine Crème de lait à la guimauve promet de transformer n'importe quel corps en Chamallow géant pour l'hiver !

Published on July 13 2015

Pose estivale

Parfois, j'oublie que ce blog existe et que j'aime bien venir vous y raconter de temps en temps des histoires. Cet été, le parfum colle au corps comme une seconde peau, en splash citron-poivre-gingembre bleu le matin (Tudo Bem !, de Martine Denisot/Pour Toujours) ou en monoï à l'heure de la sieste (Songes d'Annick Goutal). En cire nomade pour l'avion, les galets parfumés en bois précieux de Serra & Fonseca ravissent tous les sens. Réalisés par Pierluigi Ghianda, ces talismans de voyage en ébène, érable ou bois de rose remettent à l'honneur la discrète gestuelle du parfum à faire fondre sur la peau. "On a travaillé plusieurs mois avec un ami architecte pour obtenir la forme parfaite du galet", raconte Giovanna Zucconi, à la tête de Serra & Fonseca.

© Serra & Fonseca

© Serra & Fonseca

Cette ex-journaliste culture ("J'étais une petite Bernard Pivot en Italie, s'amuse-t-elle – Wouah ! Une star ?Non, une starlette...") est aussi une passionnée de parfum. Avant d'imaginer ces galets de luxe (vendus une petite fortune chez L'Eclaireur !), Giovanna a déjà édité des coffrets en forme de gros carnet Moleskine : dedans, une concrète accompagnée d'une nouvelle (un livre, si si, en français et en italien). C'est joli, malin et parfait pour l'avion, où l'on n'a plus droit de se pshitter mais tout le temps de lire...

Aujourd'hui libérée des écrans et des ondes, Giovanna Zucconi écrit des livres et s'occupe de ses champs de lavande, dans la campagne milanaise. "Mon mari, Michele Serra, et moi avons commencé Serra & Fonseca avec la terre." Tandis que la lavande grandit, ils lancent une collection d'eaux de parfum, concrètes, bougies, fragrances pour céramiques…. intitulée Eau de Moi, un nom tiré d'une nouvelle de Michele. Mention spéciale au packaging: Giovanna est allée piocher les motifs dans les archives du musée du couturier espagnol Mariano Fortuny, à Venise.

Littérature et voyage sont des thèmes qui l'inspirent. Elle dit qu'elle est de Rome, où elle a vécu dès l'âge de 11 ans, mais elle habite à Milan depuis près de vingt-cinq. Alors ? L'enfance, avec un père juge, c'est entre l'Afrique, Venise et l'Angleterre, puis dans le nord de l'Italie. Des souvenirs de neige, d'océan, de sable et de soleil, la liberté, les animaux... Flexibilité mais aussi nostalgie. "Plusieurs nostalgies. On est des exilés de partout."

© Serra & Fonseca

© Serra & Fonseca

Galets parfumés, Serra & Fonseca, 390 € (à ce prix-là, je vais vite vérifier s'ils sont rechargeables ;) A Paris, chez L'Eclaireur. A Milan, chez Grialaltro et Zeitgeist (Via San Maurilio 18, 20123 Milano). Ou sur le site de Wallpaper.

Published on September 16 2014

© Eléonore de Bonneval

© Eléonore de Bonneval

Il n'y a pas de hasard. Le 11 septembre, ma grand-mère, 88 ans, qui a perdu l'odorat il y a des années, quittait le monde des valides pour entrer dans celui des patients. Le matin même, je rencontrai la photographe Eléonore de Bonneval, 33 ans, qui a conçu une installation interactive hautement pédagogique sur le thème de l'anosmie, un trouble qui toucherait 5% des Français. A découvrir dès mercredi 17 au Showroom Kenzo, à Paris.

Pas facile, me disais-je, de mettre en image un sens comme l'odorat, a fortiori lorsqu'il est perdu. Comment évoquer ce trouble invisible à l'œil nu ? Et puis, qu'est-ce que le nez pourrait bien avoir à raconter au photographe ? "Beaucoup de choses !" répond la jeune femme enthousiaste. La première partie de l'expo d'Eléonore de Bonneval invite le public à découvrir des odeurs d'herbe coupée, de café ou de barbe à papa, des effluves signés Evelyne Boulanger, chez Symrise, et diffusés selon une technologie Scentys. Pour accompagner cette stimulation olfactive, une série de photos en couleur réveillent les souvenirs des promeneurs à la manière d'une madeleine : copeaux de bois du crayon à papier fraîchement taillé (ci-dessus), forêt sous le soleil filtré par les arbres, nouveau-né bien au chaud dans les bras de ses parents, sachet de lavande tout droit venu de Provence…

Plus loin, changement d'univers : sous une verrière censée symboliser la mise au ban de la société des anosmiques qu'Eléonore a rencontrés, neuf grands portraits tirés en noir et blanc, imprimés sur un plexi transparent. Tous lui ont confié combien ce handicap les coupait du monde. "Chacun à sa manière a évoqué un sentiment d'exclusion sociale. Pour certains, c'est comme s'ils se tenaient derrière une vitre, ou même comme s'ils étaient sous vide ; d'autres ont l'impression qu'une couche de néoprène leur recouvre la peau, ou qu'un rideau leur est tombé petit à petit devant les yeux."

A cause d'un polype, June a passé trente-sept ans de sa vie sans sentir. "La première odeur qu'elle a perçue après son opération, c'est celle d'un citron. Elle en a pleuré !", raconte Eléonore. Mark, qui souffre d'anosmie congénitale, ne parvient pas à comprendre le phénomène de réminiscence, qui consiste à se remémorer un souvenir avec force de détails, et de façon fulgurante, grâce à une odeur. Pour lui, posséder le sens olfactif, c'est un peu comme être doté d'un super-pouvoir !

APPROCHE TRANSVERSALE

Une boutade que n'est pas loin de partager Eléonore de Bonneval. A 33 ans, elle a toujours été intéressée par le monde des effluves, plus que par les parfums eux-mêmes (même si elle avoue vouer un culte à certains Serge Lutens, comme A la nuit, Ambre Sultan ou Sa Majesté la Rose). Bon, son père est ORL quand même, peut-être a-t-elle développé une acuité particulière pour l'odorat.

Ado, chaque week-end, elle se jette sur les pages Beauté de Madame Figaro pour dévorer la description des pyramides olfactives. Un jour, sa mère lui lance : "Tu ne voudrais pas travailler dans le parfum ?" C'est le déclic. Elle est en seconde. "Je veux bien apprendre, mais avec une approche transversale", lui répond-elle. Après le bac, parallèlement à ses études de commerce et de management, Eléonore lit tout sur la physiologie de l'odorat — "André Holley, Benoist Schaal, des gens comme ça, qui ont contribué à réhabiliter le sens olfactif dans la recherche scientifique".

La jeune business girl intègre ensuite un master à l'Isipca, la plus grande école de parfumerie en France. A sa sortie, elle multiplie les stages: part chez Symrise à Barcelone pratiquer l'évaluation marketing, s'installe à Londres, où elle vit depuis huit ans, et participe au lancement des premiers parfums Paul Smith. Lorsqu'elle devient chef de produit opérationnel chez Narciso Rodriguez et Issey Miyake, une copine lui lance: "Tu en es là où tu veux !" , elle fait la moue et répond: "Oui, mais what next ?"

PENSER HORS DES CADRES

C'est John Easterby, un de ses profs au London College of Communication où Eléonore étudie le photojournalisme, qui l'encourage à trouver sa propre voie et à penser hors des cadres. "J'avais perdu le lien avec l'aspect du parfum qui me touche, avec le monde des odeurs qui m'a toujours irrésistiblement attirée". C'est lui aussi qui la conseille quand elle commence son projet sur l'anosmie. "Pense l'installation physique et l'interaction avec le public", suggère-t-il.

Présentée d'abord au CHU de Bordeaux ce printemps, l'exposition "Anosmie. Vivre sans odorat" gagne donc Paris en cette fin d'été. A arpenter du 17 au 21 septembre, de 11h à 21h, au Showroom Kenzo, 3 place des Victoires, Paris 1er, à l'occasion des Rives de la beauté dont le programme est à découvrir ici. A noter aussi, des ateliers olfactifs pour les enfants les mercredi 17 et samedi 20 septembre, à 14h30 et à 16 heures, en partenariat avec l'institut Cinquième Sens. Réservation au 01 47 53 79 16 ou sur Internet : sens@cinquiemesens.com

Published on June 5 2014

© Geo

© Geo

Neela Vermeire est une copine, ce qui ne doit pas l'empêcher de m'inspirer un post, bien au contraire ! Car en plus d'être la fille la plus cool de la terre (chez Isse, mercredi, elle a mis deux heures à finir son menu Tempura tandis que nous parlions ce mélange de français et d'anglais qui n'appartient qu'à nous), elle édite depuis deux ans une très belle ligne de parfums inspirée de l'histoire de l'Inde, son pays natal. Trayee, mon préféré, est un plongeon aux racines védiques de la culture indienne sur fond de safran, jasmin, santal et cardamome. Mohur joue la rose, très cuir, très five o'clock. Ses notes inspirent le musicien Prem Joshua quand il joue de la flûte ou de la cithare, nous apprend Neela. Troisième volet de l'épopée olfactive, Bombay Bling est un concentré des paillettes de Bollywood.

Dernier venu, Ashoka rend hommage à cet empereur hindou très cruel qui s'est métamorphosé après s'être converti au bouddhisme. Récompensé en avril par l'Institute of Art and Olfaction, à Los Angeles, Ashoka possède une note figuier, solaire et lactée, pile poil dans l'air du temps. A peine lancé, le parfum ensoleillé décolle un peu partout dans le monde comme aucun des trois autres avant lui. Et autant chez les hommes que chez les femmes.

Rien de minimaliste dans les créations de Neela Vermeire, mais des fragrances baroques, des senteurs riches et facettées qui doivent permettre à chacun de trouver sa place dans le monde. Les parfums jouent pour elle un rôle de talisman. "Mohur, Trayee, ils me protègent quand je les porte." A propos du quartet de sillages qu'elle a orchestré avec le parfumeur Bertrand Duchaufour, elle explique avoir fait du mieux qu'elle pouvait. " Mon idée, c'était de créer des parfums qui signifient vraiment quelque chose pour moi". Preuve de l'intérêt que l'univers de Neela suscite, certaines marques n'hésitent pas à demander à Duchaufour de s'en inspirer pour leurs propres créations !

"Enfant, j'étais fascinée par les odeurs", se souvient Neela. A Calcutta, où elle est née, la jeune fille commence à apprécier les effluves, sans se soucier de distinguer les "bons" des "mauvais". A Philadelphie, USA, où elle part étudier l'urbanisme, elle porte Coco de Chanel, comme un signe extérieur d'élégance. C'est à Londres où elle s'installe en 1993 pour faire son droit, puis à Paris qu'elle se met à collectionner les essences. A acheter, beaucoup : Jicky, Bois et Violette, Iris 39… Et à imaginer des Perfume Paths, des parcours olfactifs sur mesure pour découvrir "son" parfum à travers le dédale de boutiques parisiennes qu'elle connaît comme sa poche.

Aujourd'hui, dans cette aventure tout ce qu'il y a de plus confidentiel (Neela Vermeire Créations a été lancé sur fonds propres), mieux vaut prendre son temps, juge-t-elle. Ne pas sortir un parfum à tout prix pour occuper l'espace, même si "dans la niche, il y a beaucoup de concurrence. Et nous sommes tout petits". Ne pas être partout non plus. En France, la marque n'est vendue qu'à Paris, chez Jovoy. Sur le site Internet, les gens commandent souvent le coffret découverte. Après, ils recherchent un point de vente pour s'approvisionner en Trayee ou en Bombay Bling. Vendue aux Etats-Unis, en Russie, et dans une vingtaine de villes en Italie, Neela Vermeire vise Ryad, Dubaï, et "pourquoi pas Singapour". Et en Inde, ça marche ? "Je n'y suis pas distribuée. C'est difficile là-bas, le marché de la niche en parfumerie. Ils préfèrent Prada, Gucci, Chanel… Des marques avec un logo !"

Neela Vermeire Créations, 60 ml, 190 €.

Published on December 3 2013

© Lubin

© Lubin

Il y a des "nez" que l'on tarde à rencontrer, des marques que l'on débusque longtemps après leurs débuts, et soudain on se demande pourquoi. Comme fin octobre, ce rendez-vous pris avec Gilles Thévenin, au cœur des Halles, pour découvrir Lubin. Le monsieur, entré en 1987 chez Guerlain — "à l'époque où travailler à l'export, c'était un peu James Bond" – ", a repris la marque bicentenaire Lubin pour en faire un label de choix parmi ce qu'on appelle la "niche". "Guerlain, c'est mon creuset, c'est là qu'on m'a forgé. J'y ai reçu une véritable éducation olfactive, avec des perspectives artistiques et une ouverture au monde."

Ce diplômé de l'Essec, 55 ans, ne s'est pas contenté de choisir parmi les meilleurs parfumeurs indépendants pour faire revivre la vénérable maison, née en 1798. Capable d'asperger sa grosse paluche d'un vétiver et de la plaquer en riant contre son visage comme pour la dévorer, demandant à ce qu'on éloigne le pot à sucre du café pour "ne pas être tenté", c'est un bon vivant et érudit, passionné de parfum. Il vous apprendra, entre autres, l'origine du mot "toilette" — ces carrés de toile parfumés qu'on plaçait dans les piles de vêtements — ou que les aldéhydes peuvent, avec le temps, faire tourner un parfum au vinaigre !

"Pour installer les bureaux de Lubin en 2006, je cherchais un 80 m2 près du Palais Royal, et on se retrouve dans 130 m2 aux Halles !" Lorsqu'il est entré dans les lieux, il a eu un "drôle de feeling". L'historienne Elisabeth de Feydeau lui a vite expliqué pourquoi : c'est ici, précisément, au 1 rue du Roule, que se trouvait le prestigieux atelier du parfumeur de la Cour royale, Jean-Louis Fargeon, dont le jeune Pierre François Lubin était l'élève il y a plus de deux cents ans ! Très vite, Lubin devint le parfumeur de l'Empire, parfumant aussi bien Joséphine que Pauline Borghèse, la sœur de Bonaparte. Aujourd'hui, l'Eau de Lubin, créée en 1798, est toujours vendue par la maison. Revue et corrigée évidemment. "La formule originale, c'est la prison tout de suite !" s'amuse Gilles Thévenin. Même si le débat autour des allergènes à Bruxelles l'agace un peu : "Les gens qui ne supportent pas l'alcool ne boivent pas de whisky !"

Autour du plus ancien sillage de la maison, on trouve une quinzaine d'autres parfums, pures créations ou variations autour des formules originales. Idole a été entièrement revisité par Olivia Giacobetti ("la formule de 1962 n'était pas passionnante", dit Gilles Thévenin). Nuit de Longchamp (1934), Gin Fizz, créé en 1955 en hommage à Grace Kelly, ou L, un Lubin des seventies qui rappelle Dioressence, ont été restaurés comme des joyaux par Thomas Fontaine et Lucien Ferrero. L'impeccable Black Jade cartonne aux Etats-Unis (où Lubin possède 100 points de vente, deux fois moins qu'en Italie, mais deux fois plus qu'en France). A leurs côtés, une collection de "talismans olfactifs" formulés par la jeune Delphine Thierry. Ah, Akkad, cette ambre veloutée inspirée de Sargon, le premier empereur de Mésopotamie !

Mais si on aime les formules de Lubin, aïe question flacons ! Presque tous différents, ils font que l'on s'y perd ; certains font même peur avec leur bec de toucan en guise de bouchon. Ceux en verre gravé sont bien plus élégants. Quoi qu'il en soit, cette découverte tardive (Lubin aura dix ans au printemps 2014) me donne très envie de rencontrer Olivia Giacobetti, qui a imaginé la nouvelle version d'Idole, et dont l'imaginaire me touche tant : c'est à elle qu'on doit l'entrée en parfumerie de la note figuier dans les années 1970 (Philosykos, Premier Figuier), le merveilleux Safran troublant de L'Artisan Parfumeur et les jus bio d'Honoré des Prés. A suivre ?

Lubin, 21, rue des Canettes, Paris 6e.

Pour découvrir l'Eau Baptiste, l'Ether ou l'Eau Juste, parmi les 12 parfums lancés en 2003 par Olivia Giacobetti sous le nom de Iunx (dans une vaste et belle boutique rue de Grenelle, hélas disparue depuis), rendez-vous à la boutique de l'Hôtel Costes, 239-241, rue Saint-Honoré, Paris 1er.

Published on November 4 2013

Chou-fleur, persillade de fleur d'ail et poudre de riz grillée  © Essenzia

Chou-fleur, persillade de fleur d'ail et poudre de riz grillée © Essenzia

Dao Nguyen a fait découvrir au chef William Ledeuil un nouveau fruit, le langsat. C'est elle qui a recréé l'odeur mythique de la Crème à la tomate d'Ella Baché. La demoiselle sait aussi sensibiliser les parfumeurs aux agrumes autrement qu'à travers les traditionnelles eaux de Cologne. A partir des archétypes gustatifs de l'Asie, elle envisage des correspondances olfactives pour nourrir les accords imaginaires des "nez". Car la cuisine de la région présente autant de diversité que les peuples qui la font. " En Chine, l'écorce de mandarine séchée dans un ragoût lui apporte des accents chyprés, presque cuir, raconte-t-elle. Cela marche très bien avec la prune. Avec de la badiane, le citron vert résonne autrement. Au Vietnam, on est en plein règne du végétal, très sève, citron vert, menthe. Au Japon, c'est le yuzu qui fait référence quand on pense hespéridés. En Thaïlande, les accords sont tout aussi frais mais plus onctueux, citronnelle, combava, lait de coco..."

Ce pont entre l'ailleurs et les sens, les parfums et les arômes, Dao Nguyen le franchit depuis des années. Il y a un an, elle a fondé Essenzia, une agence de conseil spécialisée dans le marketing sensoriel en Asie. Et lancé un blog, Carnets de saveurs et senteurs, qui flatte autant le nez que le palais, et donnerait presque envie de se mettre à cuisiner. Mais Dao ne se contente pas d'initier ses partenaires ou ses clients à des essences exotiques et des notes inédites. Elle prend aujourd'hui les fourneaux, un soir par semaine, de L'Entrée des artistes. Chez ce "liquoriste-cave à manger" qui s'est installé en 2011 derrière le Cirque d'hiver, on se régalera chaque lundi des recettes qu'elle invente. Ce soir, vrai-faux Pho, capuccino de légumes racine, badiane, basilic thaï, lime ; carpaccio de bœuf à rugir, patates douces rôties aux 5 épices et sésame ; coleslaw aux trois menthes, bouquet d'arômes — citronnelle, combava, curcuma, poivre frais...

Née en France de parents vietnamiens, Dao s'est toujours sentie française jusqu'au jour où elle est partie au Vietnam. "Là-bas, j'ai constaté que ma façon de capter les choses venait vraiment d'ici, raconte-t-elle. Faire le pont entre deux mondes est une qualité que j'utilise autant pour observer que pour négocier ou cuisiner." Diplômée de l'Essec, elle a d'abord travaillé pour le fonds d'investissement d'Edouard Stern, puis chez L'Oréal, Clarins, Bulgari, Nespresso. "Je suis douée pour la prospective, peut-être parce que ma famille a toujours dû détecter très vite les signaux de ce qui allait bientôt bouger. Je n'oublie jamais que si elle n'était pas venue en France, à la fin des années 1950, elle aurait été renvoyée dans les champs." Sa famille, c'est aussi sa grand-mère, qui dirigeait une école au Vietnam et enseignait la pâtisserie aux jeunes filles. Sans doute est-ce d'elle que Dao tire ce goût des saveurs et des autres. A découvrir ce soir, dans son interprétation de la cuisine tonkinoise...

L'Entrée des artistes, 8, rue de Crussol, Paris 11e. Tél. : 09-50-99-67-11 (le soir uniquement à partir de 19 heures, fermé le dimanche). Dao N'Guyen y cuisine tous les lundi soirs. Assiettes 6-12 €. Cocktails 12 €.

Published on October 5 2013

© Cartes à gratter distribuées lors des projections de "Polyester", de John Waters.

© Cartes à gratter distribuées lors des projections de "Polyester", de John Waters.

Violète, 20 ans, a séduit son jury en trois minutes et... six odeurs. Pour la soutenance de son mémoire de licence dans son école d'audiovisuel, elle a choisi d'illustrer olfactivement une scène du film Le Parfum par une série de six senteurs, herbe, bois, pierre chaude ou mouillée, qu'elle diffusait sur des languettes numérotées." Je voulais travailler sur les nouvelles technologies de post-production, dit-elle, ça ne me disait rien de faire un film. J'ai découvert l'odorama par hasard, c'est un collègue qui m'en a parlé. Ca m'a tout de suite intéressé. L'odorat est un sens qui a rarement été exploré au cinéma." A quelques jours de sa soutenance, Violète s'est rendue à la boutique Senteurs de Fée, rue de Sévigné, et chez un distributeur de lampes Berger dans le Marais, qui lui ont généreusement offert des échantillons de parfums de vétiver ou de bois de cèdre pour conduire la séquence choisie.

La réalisation des odoramas a toujours été laborieuse, les techniques de diffusion jamais véritablement abouties. La première projection parfumée a eu lieu en 1906 aux Etats-Unis, il s'agissait d'un documentaire. Les premières fictions odorantes, tournées au tout début des années 1960, sont également américaines. Dans l'une, l'odeur y jouait un rôle central: le meurtrier fumait la pipe ! En France, les odoramas arrivent dans les années 1980. Mais la plupart de ces tentatives dépassent rarement le cadre de la projection unique. La diffusion de Polyester (1981), de John Waters, reposait sur des cartes odorantes à gratter pour libérer le parfum de pizza, de colle ou de marijuana. Plus ludique que multisensoriel !

C'est peut-être du home cinema que viendra le salut du film parfumé. Bel écran, bon son, et... un Odoravision. Un drôle de meuble, vertical comme une grosse enceinte ou plat comme une table basse, avec, dedans, 40 petites fioles qui renferment chacune des odeurs d'usines, de feuilles mortes, de crottin de cheval... Des effluves "réalistes", destinés à être synchronisés aux séquences d'un film.

Le dispositif, meuble plus essences parfumées, reste cher: de 1500 à 2000 euros aujourd'hui. Sans compter le prix des essences dans les flacons, à renouveler ! Et puis, qui déciderait des séquences à illustrer ? L'installation reste difficile à mettre en place dans une salle de cinéma existante. Cela supposerait de casser des murs, défoncer des sols, installer de la tuyauterie lourde... "Ca reste un marché de niche, comme le cerf-volant", s'amuse le journaliste Yves Eudes, spécialiste des nouvelles technologies au Monde.

Quant à notre Violète, la jeune fille déterminée part pour six mois à la New York Film Academy parfaire son anglais et sa connaissance de la réalisation et du scénario. A son retour, elle se verrait bien monter une boîte de production avec une amie sans s'interdire d'explorer la distribution, la régie, et pourquoi pas le scénario parfumé. Au fait, des souvenirs d'enfance odorants ? "La forêt chez ma grand-mère, en Picardie. J'ai aussi vécu au Gabon jusqu'à 4 ans, je n'en gardais aucun souvenir concret mais lorsque j'y suis retournée, à 11 ans, visuellement je ne reconnaissais rien et pourtant je me sentais chez moi !"

Violète n'exclut pas non plus de reprendre des études de psychologie ou d'histoire... "C'est important pour le cinéma. La psychologie, pour étoffer les personnages; l'histoire, euh... pour la culture générale !" Les têtes bien faites ont toujours le nez fin.

Published on September 30 2013

© DR

© DR

Si la pensée avait une odeur, nul doute qu'elle ressemblerait à celle du roseau. Mais la plante fantôme ne possède pas le moindre parfum. C'était sans compter le nez des filles de Flair, une société de création olfactive qui vient tout juste de souffler sa première bougie.

A l'occasion des dernières Rives de la beauté, sous la jolie plume de fabuliste de Marie-Sybille Gambert qui marche dans les traces de Pascal et La Fontaine, les trois "nez" de la petite maison ont livré leurs versions olfactives de la plante marécageuse. Amélie Bourgeois, la fondatrice, a imaginé un Roseau Sylvestre, comme un lit d'aiguilles de pin dans la rosée du matin. Anne-Sophie Behaghel a composé un Roseau Néon, comme une tige verte phosphorescente, déracinée puis replantée sur les toits d'un building. Et Martine Denisot a créé un Roseau Flambeau, plus culinaire que végétal, autour d'un buisson résineux d'Afrique du Sud.

Amélie et Anne-Sophie ont longtemps exercé comme parfumeur (toutes deux formées par Monique Schlinger, ex-"nez" de Goutal). Mais surtout elles ont été d'excellentes pédagogues, m'initiant aux matières premières et à la généalogie des parfums durant mon passage éclair à Cinquième Sens, la société de création olfactive où elles ont pris leur élan. La troisième fille de Flair, c'est chez Cinquième Sens aussi qu'elles l'ont rencontrée. Si Martine Denisot, femme de Michel, s'est mise au parfum, c'est avant tout parce qu'elle militait pour la protection... du cognassier ! "Je l'ai croisée dans l'Indre, en vacances, raconte Amélie Bourgeois. Très vite nous l'avons coachée pour composer une fragrance autour du coing. Elle possède un vrai sens de l'assemblage."

Après quelques années passées à former plus qu'à formuler, Amélie décide de quitter Cinquième Sens pour monter sa propre société, sans très bien savoir où elle va. Lorsqu'elle déjeune un jour avec Martine et Michel pour leur parler de son projet, elle n'a en poche qu'un "pauvre business plan de cinq lignes". Au cours du repas, Denisot lui lance, grand prince : "Et si le père Noël passe demain, tu la vois comment, ta boîte ?" C'est comme ça que tout a commencé.

Cette année, question formulation, Amélie Bourgeois n'a pas chômé. Elle a travaillé pour une nouvelle maison italienne, Mendittorosa, et pour Volnay, une belle endormie des années 1920 qui revient dans la danse. La parfumeuse a aussi créé Paradis Perdu, le dernier Frapin, où elle a assemblé des feuilles de tous les verts possible — basilic, estragon, épinard... pour traduire la richesse sombre des vignobles de Cognac. Elle a également collaboré avec Jovoy. "Flair a deux parrains, dit Amélie. David, et Jovoy." David, c'est David Frossard, distributeur de labels olfactifs indépendants et cofondateur de Liquides, le premier bar à parfums de la capitale. Jovoy, c'est à la fois une boutique de fragrances rares (et chères !) et une marque des années 1920, tirée de son sommeil il y a cinq ans par l'entrepreneur François Hénin. C'est lui le premier qui a mis le pied à l'étrier d'Amélie Bourgeois, en la choisissant pour créer le très réussi Rouge Assassin, un parfum poudré de suffragette des années folles. "Son nom de code, c'était Catherine, se souvient-elle. Pour moi, c'était Catherine de Médicis, celle qui avait mis à la mode la poudre d'iris. Il se trouve que c'est aussi le nom de la fille de François ! C'était un bon début..."

Published on July 24 2013

© Le Pharmacien, reproduction en couleur d’une gravure sur bois de la série des métiers. Imagerie Pellerin, milieu du XXe siècle.

© Le Pharmacien, reproduction en couleur d’une gravure sur bois de la série des métiers. Imagerie Pellerin, milieu du XXe siècle.

Mon pharmacien est un fou de parfums, je viens de l'apprendre. Il parle avec gourmandise de celui qu'il porte en ce moment, Five O'Clock au gingembre, signé Serge Lutens et Chrisopher Sheldrake. Il n'est pas du genre fidèle, mais il ne résiste pas aux créations parfumées de ce tandem artistique – l'un, Lutens, s'attelant à conter de belles histoires de 1001 Nuits, l'autre, Sheldrake (aujourd'hui chez Chanel), à les traduire olfactivement.

Notre amateur d'essences aime aussi Ambre Sultan, Gris clair ou Clair de Musc, et il a eu un coup de foudre pour Féminité du bois, senti sur une femme lors d'une visite au musée. Il s'apprêtait à tenter Borneo 1834 pour la Grèce, en septembre, mais je lui ai suggéré de réserver plutôt ce patchouli corsé à l'un de ses prochains voyages en Asie, cet hiver. Ai-je eu raison ? Peut-être pas... Certains accords donnent le meilleur d'eux-mêmes sous des soleils imprévus.

Published on October 11 2012

© Arnaud Picard

© Arnaud Picard

« Je n'ai pas une truffe de labrador, si c'est la question. » Quand on demande à Gaël Peltier si le fait d'être non-voyant a pu servir son activité de parfumeur (plus d'acuité, par exemple, meilleure capacité à mémoriser les essences), il met tout de suite les points sur les « i ». Tout en admettant :
« J'ai peut-être eu plus de facilité au départ à appréhender l'univers olfactif. Dans le sens où je ne suis pas colonisé par la montagne d'images que l'on reçoit chaque jour. Il y a des chances que les références qui me guident dans la composition soient moins communes. » L'odeur de l'osmanthus, par exemple, subtilement abricotée, « évoque la Cité interdite au parfumeur Jean-Claude Ellena », dit Gaël Peltier. « Une très belle référence, ajoute-t-il, j'y suis allé aussi. Mais moi, quand je sens la fleur d'osmanthus, j'imagine plutôt un paysage luxuriant avec un lac, des nénuphars, des fleurs qui sentent le cuir, le thé vert et le foin. Quelque chose d'indéfini, qui n'appartient sans doute qu'à moi.»

Au départ, Gaël Peltier voulait être avocat ou psychologue. Il a perdu la vue à l'âge de
9 ans suite à une détérioration de la rétine. Un jour, à la radio, il entend une critique du Livre du parfum, d'Elisabeth Barillé, et se dit, Ça c'est un univers intéressant. « La dimension assez onirique de l'ouvrage a joué un rôle d'initiation à la sensibilité olfactive. » Il lit d'autres livres, visite le musée de Grasse, explore les matières premières, découvre les gestes du parfumeur. « C'était intense, magique. J'avais 16 ans et, très vite, je n'ai plus eu envie d'entamer un parcours classique. »

Le jeune parfumeur, 33 ans aujourd'hui, dit devoir beaucoup à Mme Marin, ancienne directrice de l'Ecole de parfumerie de Givaudan (à l'époque à Grasse). Mais c'est à Paris qu'il s'est formé, chez Cinquième Sens, époque Monique Schlienger. L'ex-nez d'Annick Goutal « a toujours été très enthousiaste. Elle m'a appris la rigueur. Sur le plan olfactif, j'étais au même niveau que les autres. Et puis, elle nous enseignait qu'un bon parfum, c'était prendre le temps, utiliser des produits de qualité et cultiver le sens du dialogue ».

Le temps, Gaël Peltier l'a pris. Pendant sa formation, il rencontre un manager d'un grand groupe de création de parfums, fait un stage puis d'autres, chez Firmenich, Givaudan, Jean Patou... Plutôt sur le terrain de l'évaluation, du contrôle olfactif. Ensuite, il aurait bien voulu être salarié d'un de ces labos. « C'est là que le handicap a été un obstacle. Certains, dans leur lettre de refus, ont d'ailleurs bien pris la peine de préciser que ce n'était pas à cause de ça qu'ils ne m'embauchaient pas... » La formulation, Gaël Peltier s'y met plus tard, chez Gallimard, à Grasse. Et lance dans la foulée, à
21 ans, sa société de création de parfum à Montpellier, Fragrances Luxe.

Après, c'est un peu « la traversée du désert ». Il participe bien à des ateliers pédagogiques à l'Université européenne des saveurs et des senteurs de Forcalquier, où il initie à l'olfaction des ados français et américains. Mais tout ce qui concerne la création reste compliqué. « Je devais faire peser les formules dans un labo extérieur, j'étais toujours en retard par rapport à la demande. » Il met sa société en sommeil assez rapidement. Pendant dix ans, il essaie toutefois d'avoir « un minimum de continuité ». Acquiert un orgue à parfums. Recommence à sentir, à s'imprégner des matières premières. Il a bien tenté de faire du droit « mais on ne peut pas bâtir quelque chose sur de la frustration ».

En 2009, grâce à un financement de la Fondation l'Occitane, et sur les conseils d'un ingénieur des Arts et métiers, il fait ajouter un boîtier vocal à sa balance classique. Le nouvel instrument lui permet de peser à voix haute les matières premières. Une révolution pour le parfumeur. Depuis, il « rattrappe le temps perdu ». A trouvé un autre sous-traitant pour l'achat des essences. Finit de se former à leurs interactions. Mais la pesée des poudres et celle des résinoïdes demeurent difficiles. « J'apprends à viser juste. » En 2010, il a travaillé sur des thématiques olfactives autour de l'Espagne et du Maroc dans le cadre d'un projet pédagogique mené par une plasticienne. Odeurs de sangria, d'encens et d'oranger vs thé à la menthe, pâtisserie orientale et sac d'épices : effluves mis en scène dans des cabines multisensorielles, autour de maquettes de monuments emblématiques.

Gaël Peltier a rouvert sa société en 2011. Il a un projet d'ouvrage d'art parfumé avec un éditeur non voyant qui publie des livres en relief. « J'aimerais quand même avoir quelques marques avec lesquelles travailler. Mais je crois que je ne dois plus toujours chercher à les rassurer. C'est assez difficile, un parfumeur indépendant doit toujours démarcher. Pour l'instant, j'estime être encore un peu jeune. Mais L'Artisan Parfumeur... Ou Marithé & François Girbaud..., je leur composerais bien un parfum... En tout cas, plutôt de jeunes marques, j'aime la dimension artisanale de ce métier. »

Alors, avis aux (petites) maisons qui voudraient porter un regard neuf sur la création !

Le site de Gaël Peltier : www.fragrances-luxe.com

Le 11 octobre est la Journée mondiale de la vue. A cette occasion, L'Occitane lance un savon solidaire, dont 100% des bénéfices seront reversés à des projets de lutte contre la cécité. La Fondation de la marque développe depuis 2006 un vaste programme de projets pour la vue dans les pays en voie de développement. www.fondation.loccitane.com

« La dernière image », En 2010, à Istanbul, historiquement surnommée la « ville des aveugles », Sophie Calle a demandé à des femmes et des hommes qui avaient perdu la vue, souvent subitement, de lui décrire « leur dernier souvenir du monde visible ». 13 œuvres à découvrir avant le 27 octobre à la Galerie Perrotin, 76, rue de Turenne, Paris-3e.