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Published on April 1 2016

Sœur sourire

Avec Claire, on a inventé la Fête des Sœurs, le 1er avril. Pour conjurer le sort (chez nous, les Poissons n'ont pas toujours été joyeux ce jour-là...), nous avons choisi de célébrer comme une bonne farce le lien qui nous unit.

Je me souviens de Claire à 15 ans, découvrant Classique de Jean Paul Gaultier. Depuis, je lui ai offert Boudoir, de Vivienne Westwood, et Cornubia, de Penhaligon's, mais c'est à Poème, de Lancôme, qu'elle est restée le plus fidèle. Je sais aussi qu'elle aime Songes, d'Annick Goutal.

Son dernier coup de cœur olfactif, c'est Tabac Toscan, de Santa Maria Novella, qu'elle a porté lors d'un de ses Nouvel An à Florence. "Quand j'en mets, j'ai l'impression que je pourrais sortir sans maquillage", dit celle qui ne claque jamais la porte de chez elle sans s'être fait l'œil charbonneux et/ou le sourire fusant. "Ca pourrait suffire, ou tout faire passer...", ajoute-t-elle, énigmatique.

Bonne fête, Clairette !

Published on November 30 2015

© Peter Beard

© Peter Beard

La saison vient de passer à l'heure du cuir (Bel Ami, Tabac Blond, Le Sac de ma mère…), et Mémo imagine sa quatrième fragrance sur ce thème. Alienor Massenet, la parfumeuse qui signe tous les jus de la maison, aime jouer avec les accords réputés masculins. Cardamome, safran, cumin, son nouvel African Leather invite à faire ses bagages pour un safari — moins vert qu'Irish Leather, qui avait cartonné il y a trois ans, moins baumé ou velouté que les cuirs italien et français de la marque.

La note cuir possède ce pouvoir de sonner tantôt fauve (Cuir de Russie, chez Chanel) tantôt daim (Cuir Beluga, de Guerlain), de claquer comme un fouet ou de se fondre dans la savane. La nouvelle bougie Peau de Bête, des Liquides imaginaires, n'échappe pas à ce paradoxe: elle fleure bon l'animal sauvage sur le parquet ciré. Et habille de luxe nos intérieurs hivernaux.

Car les effluves de cuir évoquent toujours une certaine opulence : savez-vous que les constructeurs automobiles en parfument les sièges de leurs voitures pour les rendre plus désirables ?...

Published on November 5 2014

© Adolphe Weiz

© Adolphe Weiz

"C'est le moment d'inventer un nouvel Opium !" lançait Li Edelkoort lors de sa présentation annuelle des tendances fin septembre. Aux maisons de parfum d'en tirer les leçons. (Et nous de rêver pour l'hiver prochain d'un oriental à la hauteur du parfum d'impératrice signé Saint Laurent en 1977.)

En attendant, le thermomètre chute, et les femmes prennent des airs d'odalisques, le corps enrubanné dans toutes sortes d'étoffes. Pour lutter contre la déprime de saison, les plus courageuses (et les plus fortunées) travailleront leur port de tête au Klay grâce au pilate fusion, une discipline redoutable pour soigner sa posture. Les plus indolentes choisiront la balade en forêt ou le yoga au coin du feu (et pourquoi pas face à la mer? clin d'œil aux complices de San Feliu qui me liront ;)

Quant aux paresseuses, elles se contenteront d'un sillage pour cultiver leur goût de l'automne. Cuir Cuba Intense de Patricia de Nicolaï débute par des airs de réglisse avant de laisser pointer une note de fruits rouges presque espiègle. Intérieur jour, les volutes vanillées de The Architects Club, d'Arquiste, donnent envie de passer au salon. Extérieur nuit, Nevermore est une fleur sombre qui fait bientôt patte de velours sous l'effet des bois, des résines, des vernis. Créée par Anne-Sophie Behaghel pour Frapin, cette "rose pour homme" rend hommage à Edgar Allan Poe et à son plus grand fan : chaque année (depuis sa mort ?! en... 1849 !), le 19 janvier, un inconnu déposerait trois roses et une flasque de cognac sur sa tombe à Baltimore, Maryland.

Pour ma part, l'automne est toujours rythmé par le Sac de ma mère, d'Annick Goutal. En bougie, le soir, sa petite musique olfactive m'évoque une nuisette en coton délicatement brodée portée sous un blouson en cuir. Chaque matin, sur les poignets, ses notes d'iris et de violette me rappellent combien ce sillage romantico-rock'n'roll m'est devenu indispensable pour entrer dans l'hiver.

Published on August 31 2014

Vierge sage, vierge folle

En septembre, question parfum, il y en aura autant pour les humbles que pour les flamboyant(e)s. Vu son nom, pas facile d'offrir L'Orpheline, la dernière création de Serge Lutens. Elle possède pourtant des notes d'encens mélancoliques tout à fait convenables à une Cendrillon en terra incognita olfactive. Parmi les rééditions aux lignes épurées, Courrèges in Blue s'enfile comme un petit jersey de lavande verte, parfaitement ajusté pour la rentrée. Né en 1983, il ressort des tiroirs dans une formule toute proche.

Les froufrous d'Adieu Sagesse, de Deux Amours et de Que Sais-je ? raviront les amateurs de vintage audacieux. Lancés par Jean Patou en 1925, ces parfums s'adressaient chacun à un type de femme selon sa chevelure. Blonde vibrante, brune mystérieuse, rousse croquante, les trois sillages censés sublimer les tempéraments féminins parlent de rencontre, de doute, d'abandon… Thomas Fontaine, amateur d'archéologie olfactive, a su faire revivre les années folles d'Henri Alméras, le parfumeur des jus originels. J'ai un faible pour la prune liquoreuse du nouveau Que Sais-je?, le parfum réservé aux brunes, digne héritier d'un Femme de Rochas ou d'un Féminité du bois.

Adieu sagesse, donc… Les jeunes femmes modernes dont je ne suis pas se laisseront, elles, emporter par le pois de senteur new-yorkais de Vent de folie. Sur la pub (une première chez Annick Goutal ?), la fille fait de la balançoire au-dessus de Central Park. Dans le flacon, la fleur des villes déploie ses pétales doucereuses au contact de nos narines. Dans la vraie vie, Julie, 44 ans, vêtue tout l'été de Vent de folie, s'est prise pour la Divine, entre Mata Hari et la Reine Christine…

Chez Annick Goutal, je porte plutôt l'Eau du Sud, plus frais, plus ensoleillé, plus franc. Quand je mets Vent de folie, j'ai l'impression d'être Greta Garbo ! De vivre en Allemagne dans les années 1920, lorsque les femmes fumaient dans les cabarets avec un porte-cigarette.
Je n'arrive pas à l'attraper, ce parfum... Du coup, je n'arrête pas de m'en mettre ! C'est à cause de son côté poudré, mystérieux, il ne tient pas. Ensemble, on joue au chat et à la souris. Il me plaît mais je ne sais pas si je l'assume complètement…

L'Orpheline, de Serge Lutens, 50 ml, 99 €. Courrèges in Blue, 50 ml, 67 €. Adieu Sagesse, Deux Amours et Que sais-je ?, de Jean Patou. 100 ml, 180 €. Vent de folie, d'Annick Goutal, 50 ml, 74 €.

Published on October 9 2013

© Ravage

© Ravage

Les hommes tranquilles devraient essayer l'Eau de Monsieur. Rien de tape-à-l'œil ni de troublant dans ce nouvel opus signé Goutal, juste la promesse d'une virilité paisible, sur fond de santal et de patchouli de Java. Les vigoureux agrumes et aromates qui donnent le top départ — mandarine, menthe, baies de genièvre... — perdurent derrière l'armoise et le géranium.

Une Eau qui semble toute droit sortie de la collection des "Parfums de Monsieur" édités par le duo de créateurs Ravage. A l'occasion d'une expo sur le fétichisme, lors de la Biennale de mode d'Arnhem, ces deux vieux complices de la chasseuse de tendances Li Edelkoort, qui organisait l'expo, ont imaginé six fragrances autour des gestes et des objets intimes d'un gentleman. "On voulait créer quelque chose qui donne l'impression d'exister depuis longtemps", explique le duo : les senteurs d'un sac vintage en cuir (Le Nez de Monsieur), celles d'une cravate (Le Rêve de Monsieur) ou d'une chemise immaculée (Le Blanc de Monsieur).

Rien de bien révolutionnaire olfactivement parlant, mais des parfums que ne désavouerait pas un James Bond un peu old school. Un gentleman anglais que ces deux enfants terribles de la déco pourraient très bien incarner à eux deux, bien qu'ils soient... néerlandais : Arnold et Clemens s'habillent à ce point pareil qu'on pense parfois qu'ils sont jumeaux ! Depuis leur rencontre sur les bancs de l'école des beaux-arts il y a quarante-cinq ans, les "deux garçons", comme les appellent encore leurs amis, s'amusent comme des petits fous dans leurs nombreuses collaborations. "On a besoin d'un point de départ pour travailler en cascade", déclarent-ils. Ils réalisent aussi bien des bijoux, des foulards ou du linge de maison que des luminaires, des meubles, des tapis... Ils aiment autant le cristal et la porcelaine que le bronze et la céramique. Et ils peignent, bien sûr ! Leurs clients ? Swatch, Alessi, Toyota. Ravage a même collaboré à des recettes de cuisine pour Elle Déco !

Pour rester les plus doux des hommes, ces espions à l'anglaise pourrraient aussi s'inspirer du très Français Arsène Lupin. Son côté Voyou a inspiré une fragrance à Guerlain, qui parfume le dernier onguent masculin de la maison: Pâte de Velours, un baume apaisant pour leur épiderme mis à mal sous le feu du rasoir. Quant aux garçons les plus indécis, ils pourront toujours se replier sur Pour Monsieur (1955), de Chanel, une valeur sûre.

Et aussi, dans la collection des Parfums de Monsieur : L'Amant de Monsieur, pour un bel Italien sous le soleil de Capri ; les Larmes de Monsieur, pour accompagner le spleen automnal ; La Vie secrète de Monsieur, pour un homme "un peu kinky", dixit Ravage. Toutes les fragrances ont été créées par des parfumeurs de Firmenich. Et aucune n'est commercialisée.

Eau de Monsieur, d'Annick Goutal, 100 ml, 93 €.

Pâte de Velours, de Guerlain, 100 ml, 75 €.

Published on December 3 2012

© Antoine Le Grand

© Antoine Le Grand

Le 1er décembre, Alain Bashung aurait eu 65 ans. Ses Volutes me rappelent, à un mois des résolutions de Nouvel An, qu'il existe des substituts olfactifs efficaces pour contrer l'addiction: les effets pain d'épice ou cuir sombre des toutes nouvelles Volutes de Diptyque ; les notes d'encens et les agrumes de La Fumée (Miller Harris) ; l'accord foin, fleur et curcuma de Jasmin et cigarette (Etat libre d'Orange).

Fumerie turque, de Serge Lutens, se porte comme un patch diffusant ses effluves de rose et de miel. Et s'affiche comme un nouveau tabac blond, rappelant que l'odeur de cigarette n'a jamais été aussi belle que dans la version qu'en donna Caron. Le Tabac blond de la vieille maison, né au lendemain de la guerre de 14-18, parfumait les garçonnes de cuir et de poudre de riz. Nulle part il n'existe un jus qui marie aussi bien l'iris et la rose à la vanille. Sauf peut-être Bois de Copaïba, de Parfumerie générale, absolu de maté et senteurs d'amaretto. Son effet tabac est ce qu'on appelle une chimère, une note qu'on n'a pas voulue mais qui apparaît quand même, explique son créateur, Pierre Guillaume.

Tabac, chimère, substitut olfactif, procrastinera-t-on encore longtemps avant d'être tenté de changer de volutes ?

Tabac blond, de Caron. Volutes, de Diptyque, en eau de toilette et en eau de parfum, 100 ml, 82 et 95 €. Jasmin et cigarette, d'Etat libre d'Orange, 100 ml, 119 €. La Fumée, de Miller Harris, 100 ml, 140 €. Bois de Copaïba, de Parfumerie générale, 100 ml, 120 €. Fumerie turque, de Serge Lutens, 75 ml, 125 €.

Published on November 19 2012

© Cris Acqua

© Cris Acqua

« L'amour, c'est quand l'envie vous prend qu'on ait envie de vous », écrivait Toulouse-Lautrec. C'est la parole du peintre qui nous vient à l'esprit en rédigeant ce post sur l'œillet. Nous, à première vue, on voyait en lui l'emblème de novembre, pas loin du chrysanthème. La fleur mal-aimée des théâtres, aussi : longtemps, à la fin d'une saison à la Comédie-Française, on offrait des roses à une pensionnaire si son contrat était reconduit, des œillets dans le cas contraire. « Nul besoin de mots, le langage des fleurs suffisait », rappelle la comédienne et écrivain Dominique Paquet.

Mais son aspect sulfureux nous échappait. C'est Mathilde Laurent qui nous a mis la puce à l'oreille. Pour la parfumeur de Cartier, qui a travaillé l'œillet dans la série «Les Heures », celui-ci n'a rien d'un fantôme hantant les cimetières. Ses pétales lui évoquent plutôt les frou-frous d'une robe en taffetas, et son Heure convoitée (2011) s'inspire des nouvelles effeuilleuses du burlesque. « C'est un parfum de cabaret, qui se porte comme Gréco chante “Déshabillez-moi”, jeux de jambes et moue boudeuse », raconte la parfumeur. Le départ chair de fraise de la fragrance lui donne un côté coquin, « très "croque moi si tu peux" ». Et bientôt la note aux accents de girofle prend des airs de châtaigne chaude.

C'est le souvenir sublimé de Bellodgia (1927) que Mathilde Laurent avait en tête quand elle a composé L'Heure convoitée. A 16 ans, elle avait reçu en cadeau un flacon Baccarat presque vide de ce soliflore de Caron qui reproduit fidèlement l'odeur de l'œillet – florale, poudrée et très épicée. Une fragrance bien loin de la fleur abstraite de L'Air du temps (1947) de Nina Ricci, laquelle ne restitue que « l'esprit sans les couleurs, la forme sans la chair », dit Mathilde Laurent. Très éloignée aussi de l'œillet presque confit d'Opium (1977), d'Yves Saint Laurent, entouré de myrrhe et de vanille.

Matière première aujourd'hui un peu oubliée, l'œillet est pourtant résolument moderne dans ses versions solaire (Carnation, de Comme des Garçons) ou hitchcockienne (Vitriol d'œillet, de Serge Lutens). Et n'a rien perdu de sa réputation sulfureuse: « Quand je porte L'Heure convoitée, j'ai l'impression d'avoir mis un rouge à lèvres très rouge », confiait une fidèle à Mathilde Laurent. Une note somme toute parfaite pour les Dames en noir...

Published on October 8 2012

Un mètre carré de rouge à lèvres (1981), de Fabrice Hyber

Un mètre carré de rouge à lèvres (1981), de Fabrice Hyber

En russe, rouge et beau, c'est du pareil au même. Un mot pour désigner "la couleur par excellence", celle dont Michel Pastoureau dit que la palette s'est mise en place plus précocement que les autres et qu'elle est la plus diversifiée.

Côté fards, le rouge inspire les artistes et les parfumeurs. Dans les mains de Fabrice Hyber, le lipstick change d'échelle : d'abord monochrome incandescent – Un mètre carré de rouge à lèvres (1981, ci-dessus), pour lequel l'artiste avait demandé vingt tubes de raisins à une société de cosmétiques. Puis, trente ans plus tard, sculpture parfumée, rouge à lèvres géant en 3D aux effluves de rose, de violette et d'iris : son Mètre cube de beauté, à voir au Palais de Tokyo en ce moment (ci-dessous), a été confectionné à partir de la matière brute d'un bâton de rouge Saint Laurent. En passant à grande échelle, le geste intime de se farder les lèvres se perd, mais pas la force du rouge, dit l'artiste. Ni son odeur poudrée.

Un mètre cube de beauté, de Fabrice Hyber © André Morin

Un mètre cube de beauté, de Fabrice Hyber © André Morin

Les parfums à l'odeur de rouge à lèvres, eux s'amusent à ne retenir de ces traces feutrées de femme fatale que les notes cosmétiques, à porter comme un maquillage olfactif invisible à l'œil nu. Débarrassées des cires, pâtes et corps gras, les fragrances ne gardent que les édulcorants qui leur donnent une touche gourmande : cœur d'iris et rose de Damas dans Moulin Rouge 1889, plus quelques touches de prune, de cannelle et d'absinthe. Rose girly et bonbon à la violette dans Lipstick Rose, aux Editions de parfums Frédéric Malle. Absolu de rose, violette toujours, cuir, muguet, framboise et poudre de riz dans Putain des Palaces, d'Etat libre d'Orange. Et si Jovoy sort un Rouge Assassin en hommage aux garçonnes (une rose fraîche très boisée), la maison a déjà exploré la note de rouge à lèvres sous forme de bougie, dans Lipstick 0140200619 – le numéro de téléphone de la boutique parisienne.

« Matières Premières », exposition au Palais de Tokyo, à Paris-16e (Un mètre cube de beauté, de Fabrice Hyber). Jusqu'au 7 janvier 2013.

Lipstick Rose, de Ralf Schwieger aux Editions de parfums Frédéric Malle. 50 ml, 115 €. Putain des Palaces, d'Etat libre d'Orange. 50 ml, 64 €. Moulin Rouge 1889, d'Histoires de parfums. 60 ml,
87 €. Rouge Assassin, de Jovoy. 50 ml, 80 €. Lipstick 0140200619, de Jovoy, 60 €.

A lire : Lèvres de luxe, de Jean-Marie Martin-Hattemberg (Ed. Gourcuff Gradenigo, 2009).

Published on August 13 2012

© Jacques Giaume

© Jacques Giaume

Il faudrait lire Le Figaro plus souvent. Ce lundi 13, sous la plume de Laurence Férat, le quotidien revenait sur la génèse de Musc ravageur, aux Editions de parfums Frédéric Malle.

Très épicé, très troublant, on connaît la bête. Nom provocant, sillage aguicheur, Musc ravageur est un parfum sans fleurs. Signée Maurice Roucel, à qui l'on doit aussi 24 Faubourg d'Hermès et Iris Silver Mist de Serge Lutens, la fragrance est une variation sur le musc. Rien à voir avec ces molécules à l'odeur de lessive qui hantent déjà bon nombre de lancements à l'époque, en 2000. Mais une note animale très sensuelle, qu'a composée le maître de l'épure autour de la vanille, de la cannelle et des baumes.

Pied de nez aux compositions transparentes de la décennie précédente, le sulfureux parfum de peau est vite devenu un classique. Et je le trouve parfait pour arpenter les rues de la ville en été, au grand dam de Frédéric Malle pour qui ce "Shalimar du XXIe siècle" est l'archétype d'un grand parfum d'hiver...

Si, comme moi, les "épices en rafales" de Musc ravageur ne vous font pas peur sous le soleil, tentez aussi Eau lente, Habit rouge, Sables ou Ambre Sultan. Quatre orientaux torrides dont on saura ne porter que quelques gouttes pour éviter la surenchère.

Musc ravageur (2001), de Maurice Roucel aux Editions de parfums Frédéric Malle. 50 ml, 115 €. 100 ml, 165 €. www.fredericmalle.com Et aussi : Ambre Sultan, de Serge Lutens. Eau lente, de Diptyque. Habit rouge, de Guerlain. Sables, d'Annick Goutal.

Published on August 10 2012

© Horacio Cassinelli

© Horacio Cassinelli

Saviez-vous qu'il existait des figuiers mâles et des figuiers femelles ? Le 9 août, en lisant le dernier post de Passeur de sciences, j'ai appris non seulement que les arbres avaient un sexe, mais que monsieur Ficus Carica, le figuier méditerranéen, imitait le parfum de madame pour mieux tromper son monde et assurer la survie de l'espèce. Une histoire de pollinisation. Pas mal !

Je me suis rappelée l'exposition, au printemps, chez Dupont de Brazzaville, des travaux d'Horacio Cassinelli et Virginie Alventosa. Au mur du petit restaurant de Belleville, des abeilles tracées à l'encre de chine, au feutre jaune et au cure-dent rencontraient des fleurs peintes à l'aquarelle, mine de plomb et pastel sec.

Je me suis dit : Décidement, la pollinisation, c'est de l'art...

Je me suis dit aussi, le figuier, ça c'est une senteur d'été. Plus verte ou plus fruitée selon les versions, souvent subtilement boisée, cette note savoureuse est une des plus agréables à porter en vacances. En Méditerranée, on ne quitte pas Philosykos, feuilles fraîches, fruit lacté et bois chaud. A la campagne, Premier Figuier est impeccable pour lire sous les arbres. Derniers-nés, Fig Leaf & Sage fleure bon la Provence authentique tandis que Figuier Eden, plus sophistiqué, surprend par un départ désuet, un peu bonbon Vichy. Les plus curieux testeront Figue amère, un joli contraste entre sel et fruit charnu.

Figuier Eden, d'Armani privé, 100 ml, 120 €. Premier Figuier, de L'Artisan parfumeur, 100 ml, 95 €. Philosykos, de Diptyque, 100 ml, 82 €. Fig Leaf & Sage, de Kiehls, 100 ml, 62 €. Figue amère, de Miller Harris, 100 ml, 115 €.

© Virginie Alventosa et Horacio Cassinelli

© Virginie Alventosa et Horacio Cassinelli