L'été grec
Published on July 14 2013
Premier Figuier, deuxième figuier, troisième figuier... Quand je reçois un parfum qui livre une version inédite (ou pas) de cette note estivale, c'est toujours à Judith que je l'offre. Feuille, fruit, bois, elle apprécie désormais toutes les subtilités olfactives de l'accord ensoleillé. "Philosykos, de Diptyque, je le trouve un peu trop sucré. J'aime bien L'Arbre de la connaissance, de Jovoy, il sent la feuille de figuier quand on la broie, laiteuse, très verte. Premier Figuier, tu m'as toujours connue avec, non ?"
C'est vrai. Le best-seller de L'Artisan Parfumeur (voilà un parfum qui n'est pas près de disparaître !) signe cette naïade des temps modernes depuis que je l'ai rencontrée (douze ans bientôt...). Sa créatrice, Olivia Giacobetti, a cherché à rendre l'effet d'une figue charnue enchâssée dans son feuillage et dans le bois de l'arbre qui la porte. "J'aime le côté nonchalant de ce parfum, confie Judith. En été, tu te fonds dans le paysage. En hiver, tu te fais un shoot de soleil."
Premier Figuier lui rappelle immanquablement la Grèce, les bouffées d'air chaud parfumé qui envahissaient soudainement, la nuit, les ruelles des villages d'Eubée, en mer Egée, où elle séjournait l'été, enfant, puis ado. "Les figues, là-bas, j'en ai mangé des quintaux !" Ce parfum lui évoque aussi le long périple qui se répétait chaque année, depuis la fin de la dictature, pour se rendre sur l'île. "On descendait en bagnole par l'Italie, se souvient-elle. On prenait le bateau, on faisait un grand tour des sites du Péloponèse et au retour on s'arrêtait toujours à Athènes, chez le parrain de ma mère."
Aujourd'hui, Judith a grandi, mais ses étés sont toujours grecs, cette année Nauplie et Naxos. "Je rêve d'un tatouage en forme de feuille de figuier", ajoute-t-elle comme pour mieux inscrire encore dans sa chair cette note olfactive qu'elle affectionne.
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