In vino veritas

Published on November 11 2013

© Real Wanderlust

© Real Wanderlust

J'avais senti Bello Rabelo il y a un an, et depuis je l'avais dans la peau. Rien qu'à prononcer ou à entendre son nom, je voyageais. J'étais à Bellagio, à Ravello, ces petites villes italiennes où je n'ai jamais foutu les pieds mais dont l'une, sur le lac de Côme, a donné son nom à peine transformé au délicieux soliflore œillet de Caron, Bellodgia.

Bello Rabelo sort enfin, dans la série des Eaux Sanguines, la nouvelle trilogie des Liquides Imaginaires conçue autour de l'allégorie du sang et du vin. Du nom de ces bateaux portugais à fond plat (les rabelos) qui transportaient le vin de Porto sur les eaux de l'Atlantique, tirant leur force du vent, Bello Rabelo est un parfum intrépide qui parle d'été, d'ivresse et d'aventure. Sa note d'immortelle sublime la peau d'un sillage mi-réglisse mi-vieille prune. En aromacologie, on utilise l'essence de cette fleur pour soigner les "bleus de l'âme", rappelle Patty Canac, olfactothérapeute.

Quant aux deux autres Eaux sanguines, le très aldéhydé Dom Rosa rend hommage au champagne et à la rose. Autour de la poire et du pamplemousse, la fleur affiche ici un parfum de sacrifice : quand la vigne est attaquée, c'est la rose, placée au pied de la plante, qui meurt d'abord. Bloody Wood, lui, élaboré comme un grand cru, convoque un duel entre notes de tête métalliques et fond chaud pour évoquer la passion amoureuse.

Après la série des trois Eaux fortes, rebaptisées Eaux-delà (Sancti, Fortis, Tumultu), voici venu un trio gustatif mais pas gourmand pour deux sous. Les nouveaux flacons des Liquides Imaginaires sont dessinés par Philippe di Meo comme de beaux objets, au bouchon en zamac (un alliage de zinc et d'aluminium) pouvant s'utiliser comme un bénitier. Ils se rangent dans un plumier qui, une fois fourré dans son pochon noir, invite au voyage. Ou seulement à l'ivresse, mais c'est un peu pareil…

Published on #Tocade

Comment on this post