L'invitation au voyage

Published on January 27 2013

© Jean-François Aillet

© Jean-François Aillet

J'aime choisir un parfum pour un voyage. Décider des effluves qui accompagneront une nouvelle aventure, la découverte d'un ailleurs longuement rêvé ; éprouver un climat olfactif qui, parfois bien longtemps après mon retour, me rappelera immanquablement mon périple – quelques jours ou plusieurs semaines – et les routes que j'aurai croisées.

Ainsi, je ne peux plus porter Habit Rouge sans me sentir projetée dans New York, l'été, dans la brise d'un quai de métro à Brooklyn ou sous le soleil d'une avenue de Manhattan. Ni sentir la cardamome et l'encens du Numéro 14 de L'Artisan Parfumeur sans revoir les temples d'Angkor perdus au milieu de la jungle. Ou oublier le bleu du ciel de Santorin lorsque je mets quelques gouttes d'Eau Lente. Quant à Ibiza, l'un des trois Replica de Margiela – celui qui ressemble à une balade sur la mer salée – m'évoque encore à la perfection les trente-six heures que j'y ai passées, au printemps dernier, entre la lumière de la plage et l'ombre du jardin...

Le jeu des correspondances est toujours délicat à trouver. Il y a parfois des ratés: si Timbuktu était idéal pour crapahuter quelques jours sur les pistes de latérite du Burkina, l'Eau duelle n'est jamais parvenue à m'évoquer quoi que ce soit d'Istanbul durant tout mon séjour près du Bosphore... Santal Majuscule m'avait bien tenté à Tanger, mais sans doute ses effluves de crayon gris annonçaient déjà trop la rentrée. Sur place, je n'ai pas quitté le mimosa signé Madini, LA parfumerie de la ville – toute la promesse d'un Maroc fantasmé était là, contenue dans cette petite fiole à bille.

Alors voilà, ma question du soir : quel parfum porter en Thaïlande, où je pars dans quelques jours ? Quelle fragrance conviendrait à la langueur des îles comme aux temples du Nord, jusqu'aux confins du Laos ? Toutes vos idées sont les bienvenues...

Habit Rouge, de Guerlain; Eau lente et Eau duelle, de Diptyque. Timbuktu et le N°14 de L'Artisan Parfumeur. Beach Walk, Replica, de Maison Martin Margiela. Santal Majuscule, de Serge Lutens. Diptyque et L'Artisan Parfumeur n'ont pas leurs pareilles pour inviter au voyage: nombre d'effluves de ces maisons font explicitement référence à des destinations lointaines, d'Afrique, d'Asie ou d'Amérique. Chez l'une, on retiendra Do Son, une tubéreuse narcotique, et Tam Dao, un santal débridé. Chez l'autre, Bois Farine, une volée de bois blancs, et Dzongkha, un vétiver bouddhique.

Published on #En Avion

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Susan 12/03/2013 06:44

Informations merveilleux!